C’est dans un nouveau lieu, à Sète, que s’exposera en très grand et dès le 24 mai La France VUE D'ICI. Quelque 300 photos de ce grand récit documentaire porté durant trois ans par le festival ImageSingulières et Mediapart seront accrochées dans les entrepôts Larosa, d’autres tirées en très grand format seront tendues sur les murs et des dizaines d’autres enfin seront présentées en cinq projections. C’est donc quasiment tout le corpus documentaire de la France VUE D'ICI qui sera, pour la première fois, présenté.

Mais pour l’heure, il s’agit surtout de transformer les 1000 mètres carrés de cette friche industrielle autrefois dédiés à la fabrication de fer à béton (et qui recèle aussi la mémoire d’une grève contre un plan social en 2012) un lieu d’évènement culturel.

Installation des contenaires dans la friche industrielle Installation des contenaires dans la friche industrielle
Pour structurer l’espace, 18 contenaires sont arrivés dans l’entrepôt afin d’être habillés par l’équipe du festival et ses dizaines de bénévoles, comme autant de salles dédiées aux photographes ayant participer à La France VUE D'ICI. Des mètres de moquette attendent d’être posés, les éclairages vont être disposés…. Le résultat est impressionnant, et préserve la singularité de chaque photographe, son point de vue, son approche, pour tisser un portrait passionnant du pays.

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Et puisqu’en 2017, la France est « dans un temps politique fort et incertain », écrit Gilles Favier, directeur artistique d’ImageSingulières et précieux partenaire de Mediapart pour cette France VUE D'ICI, c’est tout le festival qui se consacre cette année à la France et à son histoire récente. Un parti pris qui « n’est en rien restrictif » mais signe simplement, au travers des six lieux d’exposition qui sillonnent Sète, « une volonté affirmée de proposer un état des lieux de notre pays ».

On y verra donc le résultat de la commande photographique d’Etat « jeunes générations » achevée au début de cette année ; un travail autour des paysans rassemblant les photos de Mario Ruspoli dans les années 60, celles de Christophe Agou et Julien Coquentin prises dans les territoires médians de la France, et les portraits noir et blanc de Denis Dailleux dans la campagne angevine. Le monde ouvrier des années 30 sera illustré par les photos de François Kollar, qui dans ces années-là, publia quinze fascicules sous le titre « La France travaille », documents exceptionnels sur le pays à la veille du Front populaire. Et un travail beaucoup plus contemporain sur Montreuil sera présenté à travers une exposition consacrée aux photos de Thibaut Cuisset.

Enfin, un débat entre Edwy Plenel, président et co-fondateur de Mediapart et Anne Nivat, journaliste et auteur de Dans quelle France on vit (ed. Fayard, mars 2017) est organisé le samedi 27 mai à 16h30 à l’Agora, juste à côté des entrepôts Larosa.

Si d’autres expositions plus modestes auront lieu en France, aller au festival ImageSingulières est sans doute la seule et l’unique occasion de voir sur tirage la quasi-totalité de l’imposant travail réalisés par les 26 photographes et 4 journalistes rassemblés pour la France VUE D'ICI. Le festival, entièrement gratuit, se tient du 24 mai au 11 juin.

Pour en savoir plus :

livre
Le livre rassemblant plus de 560 photos sur 336 pages et publié aux éditions de la Martinière (à découvrir ici)
Les portfolios de photographes de la France vue d’ici publiés sur Mediapart (à voir )
L’édition La France VUE D'ICI dans le club de Mediapart, consacré au projet et à son développement (à lire ici)

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