Internet, une histoire sans légendes 2/3

La mise en place des normes qui régiront Internet s’amorce avec la toute première RFC émise par Steve Crocket le 7 avril 1969 . Une « Request for Comments » est un document public qui permet d’établir les normes et standards des réseaux et d’Internet. Contrairement à la plupart des processus de normalisation, ce systéme est antihiérarchique et privilégie l'innovation au conservatisme. Écrite par un spécialiste (et non pas par une entité ou une société privée), elle est ensuite validée par un ensemble d’experts selon un mode qui reprend le mode de validation du savoir scientifique et de la « validation par les pairs ». Au-delà de l’acte de naissance d’un système de norme qui deviendra essentiel, ce premier document illustre l’aspect collaboratif qui préside au développement d’Internet et en constituera l’esprit. Depuis 1969, plus de 3500 documents ont été rédigés. Les Rfc sont classées, selon cinq classifications qui sont obligatoire, recommandé, facultatif, limitée, non recommandé ainsi que trois niveaux de maturité qui sont standard proposé, standard brouillon, standard internet. Lorsqu'un document est publié, un numéro de Rfc lui est attribué et en cas d'évolution, un nouveau document sera publié sous une autre référence.Une Rfc très intéressante relate les divers fonctionnement de toute cette partie administrative. La Rfc 3160 nommé Tao de l'Ietf traite des sujets tels que le processus de standardisation des Rfcs, les rôles des différentes organisations, le fonctionnement interne de l'Ietf...
La mise en place des normes qui régiront Internet s’amorce avec la toute première RFC émise par Steve Crocket le 7 avril 1969 . Une « Request for Comments » est un document public qui permet d’établir les normes et standards des réseaux et d’Internet. Contrairement à la plupart des processus de normalisation, ce systéme est antihiérarchique et privilégie l'innovation au conservatisme. Écrite par un spécialiste (et non pas par une entité ou une société privée), elle est ensuite validée par un ensemble d’experts selon un mode qui reprend le mode de validation du savoir scientifique et de la « validation par les pairs ». Au-delà de l’acte de naissance d’un système de norme qui deviendra essentiel, ce premier document illustre l’aspect collaboratif qui préside au développement d’Internet et en constituera l’esprit. Depuis 1969, plus de 3500 documents ont été rédigés. Les Rfc sont classées, selon cinq classifications qui sont obligatoire, recommandé, facultatif, limitée, non recommandé ainsi que trois niveaux de maturité qui sont standard proposé, standard brouillon, standard internet. Lorsqu'un document est publié, un numéro de Rfc lui est attribué et en cas d'évolution, un nouveau document sera publié sous une autre référence.

Une Rfc très intéressante relate les divers fonctionnement de toute cette partie administrative. La Rfc 3160 nommé Tao de l'Ietf traite des sujets tels que le processus de standardisation des Rfcs, les rôles des différentes organisations, le fonctionnement interne de l'Ietf...

Internet, Unix et la liberté

Une autre révolution allait secouer l'informatique de ces années là, la mise au point à peu prêt en même temps du systéme d'exploitation « unix » Les origines d'Unix remontent à la fin des années 1960 et à un laboratoire d'AT&T (à l'époque, la compagnie nationale de télécommunications américaine) appelé « Bell Labs ». Ce labo, en collaboration avec le MIT, développait un OS appelé « Multics ».

En 1969, Ken Thompson, l'un des collaborateurs du labo, écrit alors un jeu, « Space Travel » (« voyage spatial »), d'abord sur Multics, puis sous d'autres systèmes d'exploitation. Sur sa lancée, il écrit, en collaboration avec Dennis Ritchie, un système de gestion de fichiers, quelques utilitaires basiques comme cp ou rm et un interpréteur de commandes appelé shell. En 1970, Brian Kernighan, un autre collaborateur de Thompson, suggère le nom « UNIX », un jeu de mot sur Multics.

L'essor d'Unix est très fortement lié à un langage de programmation, le C. À l'origine, le premier Unix était écrit en assembleur, puis Ken Thompson crée un nouveau langage, le B. En 1971, Dennis Ritchie écrit à son tour un nouveau langage, fondé sur le B, le C. Dès 1973, presque tout Unix est réécrit en C. Ceci fait probablement d'Unix le premier système au monde écrit dans un langage portable, c'est-à-dire autre chose que de l'assembleur (l'assembleur est un langage très proche de la machine, compris directement par le processeur, il est donc particulier à chaque type de machine).

Bell Labs distribue son nouveau système d'exploitation sous forme de code source. Chacun étant libre de développer des nouveautés, très vite apparaissent des familles différentes d'Unix. On peut regroupes les premiers clients d'Unix en deux groupes, les universités et centres de recherches américains d'une part, les grands constructeurs informatiques d'autre part.

Pour les universités et centres de recherche, Unix était un système peu onéreux (AT&T le leur vendait à un prix symbolique) et puissant. Encore maintenant, beaucoup utilisent Unix. L'Université de Californie à Berkeley (UCB) notamment est à l'origine de l'une des plus anciennes branches d'Unix, BSD (Berkeley Software Distribution). Or cette version d'unix va inclure de façon native l'ensemble des protocoles permettant le fonctionnement et le raccordement à Internet ! Le systéme d'exploitation et le réseau mondial vont longtemps avoir partie liée, de telle sorte que les premiers livres « grand public » sur internet, paru à partir de 1995 en france contenaient également une initiation aux procédures de fonctionnement d'unix !

Des applications tueuses : courier électronique et forums usenet

 

C'est 1971 est inventé ce qu'on appellera plus tard une killer application , le courrier électronique. L'e-mail a donc un peu plus de 40 ans ! C'est l'une des utilisations les plus populaires d'Internet : chaque année, des milliards de courriers électroniques sont échangés de par le monde, et plus de 100 millions de gens possèdent une adresse électronique.

C'est Ray Tomlinson, de BBN, qui en est l'inventeur. À l'époque, Tomlinson travaille sur un système permettant à un utilisateur d'une machine de laisser un message à un autre utilisateur de la même machine (équivalent électronique d'un Post-It sur l'écran). En même temps, il teste un logiciel de transfert de fichiers via l'Arpanet. C'est en réunissant les deux concepts qu'il invente le courrier électronique. C'est également lui qui choisit l'arobase, ou arrobe (le fameux glyphe « @ » dont l'origine reste mystérieuse) comme séparateur pour les adresses électroniques.

Une autre application qui va avoir un retentissement déterminant pour l'avenir du réseau et de ce qu'il était possible d'envisager est la création des forums usenets (qui existent encore aujourd'hui)

Un nouveau protocole de communication, TCP/IP est inventé en 1973 par Vinton CERF, de Stanford et Bob Khan de la DARPA (nouveau nom de l’ARPA) . Il a l’avantage de permettre aux différents réseaux de ce connecter entre eux. Adopté par le ministère de la défense en 1976, il va vite suppléer NCP sur ARPANET et surtout faciliter la communication entre différents réseaux.

En 1975, la première mailing-list est crée. Elle permet à des personnes ayant un intérêt commun de correspondre via une adresse mail. Toute personne abonnée à la mailing-list (liste de diffusion) reçoit ce que les autres écrivent et peut elle-même écrire. Ainsi, SF-Lovers, première mailing-list non technique, regroupe les passionnés de science fiction. Les utilisateurs d’ARPANET et des mailing-list inventent rapidement leur propre vocabulaire, à tel point qu’un « Jargon File » à l’attention des nouveaux venus est diffusé par Raphaël FINKEL.

C’est en marge de recherches touchant au domaine militaire que les prémisses du réseau voient le jour, marquant profondément sa philosophie. Avec ARPANET, l’idéal d’un accès immédiat et par le plus grand nombre d’une information à la fois libre et pertinente semble être à portée de main. Il fonctionne comme contre-investissement de la culture du secret qui entoure les recherches militaires et dans lesquels baignent chercheurs et réseaux. Là ou les militaires imposent le secret ou la discrétion, ARPANET avance la libre circulation des informations ; là ou les relations sont hiérarchisées, le ARPANET propose le rêve d’une égalité entre tous ses membres ; là ou le travail et la prise en compte de la réalité sont valorisés, ARPANET instaure des lieux où les utopies peuvent être discutées ou expérimentées.

Parmi les habitués du réseau, certains ont le génie de prendre conscience que ce qui fait sa richesse, ce n’est pas les machines - le hardware - mais les personnes qui l’utilisent. Ils s’attachent à le rendre plus facilement fréquentable par un travail de standardisation des messages, de leur transmission et bâtissent peu à peu des règles de communication. C’est un travail d’homogénéisation, tendance que l’on retrouve dans tous les groupes, visant à l’indifférenciation de tous les membres. Dans ce proto-usenet, la naissance d’un jargon si spécifique qu’il nécessite sa traduction auprès des nouveaux venus en est l’indicateur le plus évident ; l’intégration de ce jargon signe alors l’intégration dans le groupe. Le « Jargon file » inaugure ce qui sera une pratique courante sur USENET : la mise à disposition, pour tous, d’un travail d’un des membres du groupe afin d’améliorer le fonctionnement du groupe tout entier. Le travail plus technique, et surtout en prise avec la réalité, autour du format des fichiers, des programmes permettant la connexion, l’envoi et la réception des messages participent également de ce mécanisme

Ce mouvement centrifuge est un mécanisme banal de la vie des groupes : ressembler à son voisin, partager les même signes que lui, adorer le même leader, ou encore poursuivre un idéal commun nourrit le sentiment d’appartenance à une même communauté. Ces identifications horizontales ont été décrites par S. FREUD (1920) de même que l’identification au leader qui est à la base de foules aussi disparates que l’Armée ou l’Eglise.

Mais dans ce proto-usenet, la question du leader est secondaire ou plus précisément, elle est soigneusement évitée. Dans les premiers temps, personne ne semble se soucier de prendre le leadership et c’est une fraternité toute universitaire qui est mise en avant. La rivalité n’est pas nécessaire puisque chacun est sensé avoir le même accès aux même ressources du réseau que son voisin. Le groupe se structure autour du dedans et du dehors -le dedans étant perçu comme contenant des objets enviables et le dehors comme potentiellement destructeur. Cette différenciation va amener une différenciation entre les membres du groupe : le travail de quelques uns se situe plus à la périphérie du groupe, dans ces relations avec l’extérieur - comme par exemple dans la mise au points de standards pour communiquer avec d’autres réseaux, tandis que d’autres se contentent de la place d’utilisateur. En quelque sorte, le groupe se donne des ambassadeurs auprès de la réalité extérieure pour travailler à son développement, tandis que d’autres, par leurs discussions, alimentent son fonctionnement imaginaire. L’utopie - un réseau pour tous, satisfaisant à la curiosité intellectuelle de tous - est l’enveloppe psychique de ce premier groupe. Elle contient un fantasme : celui d’être nourri totalement par un sein aussi bon qu’infini ce qui préserve de l’envie comme de l’agressivité vis-à-vis des du groupe comme des autres membres du groupe.

Le groupe fonctionne sur un registre anté-oedipien : tous frères, certes, mais pas de géniteur. Ou plus exactement, chacun peut être son propre géniteur sur le réseau, car on peut s’y inventer une identité, s’y construire une réputation, une existence, une image, différentes de celles que l’on a expérimenté jusque là. S’il fallait en donner une image, ce serait celle d’une société d’insectes, avec des individus si peu différenciés qu’il n’y aurait pas de reine et encore moins une mère.

USENET est un aspect important du réseau Internet, et participe grandement à son dynamisme. C’est lui qui, pour la première fois, semble rendre possible les rêves d’accès immédiat et par le plus grand nombre à une information à la fois libre et pertinente ; D’abord organisé autour du savoir et des ressources informatiques, il va étendre ses champs jusqu’à vouloir embrasser l’ensemble du savoir humain : biologie, physique, géographie, histoire, ...« Le savoir pour tous ! », c’est sur cet idéal que s’est bâtit. Le réseau est alors comparé à une vaste bibliothèque, ou chacun serait libre d’errer, de se perdre, de se former ou de former les autres. Parallèlement, cette bibliothèque s’agrémente de rayons consacrés à des « disciplines » plus proches du désir.

 

En 1979, la version 7 de Unix, donne aux programmeurs la possibilité de traiter des données textuelles, de créer des scripts et d’envoyer des commandes au système d’exploitation. Unix 7 comprend par ailleurs un protocole de communication appelé UUCP (unix to unix copy). A l’époque, les étudiants ont l’habitude de poster des annonces sur des « boards, » sortes de tableaux d’affichage électroniques. Deux d’entre eux, Tom TRUSCOTT et Jim ELLIS sont des familiers d’ARPANET de et de ses mailing-lists. Ils souhaitent offrir des possibilités similaires aux universités qui n’on pas d’accès à ARPANET. L’idée d’un programme permettant le transfert automatique de fichiers entre deux ordinateurs connectés via un modem est élaborée dans des discussions fiévreuses où les deux étudiants rêvent d’un « netnews » sorte de board élargit au niveau mondial. Ils en parlent autour d’eux, et d’autres étudiants les rejoignent, partageant la même utopie. Denis ROCKWELL, étudiant de Duke et Steve BELLOVIN, étudiant en informatique à l’University of North Carolina, Chapel Hill, mettent au point le format d’envoi des messages. ROCWELL écrit par ailleurs un premier programme en s’appuyant sur le protocole UUCP qui permet le transfert de fichiers entre deux machines connectées par un modem. Un autre étudiant, Steve DANIELS, invente la structure des groupes avec des points. Un des premiers groupes crée est net.chess.

En Janvier 1980, ELLIS et TRUSCOTT sont à la conférence Usenix à Boulder, Colorado, et y diffusent leur idée d’un netnews et le programme éponyme qui permet de se connecter. Le fait que Netnews soit un programme unix va faciliter son utilisation et sa diffusion : il est gratuit. L’origine « unixienne », la gratuité du programme vont grandement marquer ce réseau qui prend d’ailleurs le nom de USENET pour USEr NETwork (le réseau des utilisateurs). Sa structure ouverte de Usenet va garantir son succès. Tout possesseur d’ordinateur peut le mettre a la disposition du réseau pour transmettre des messages. Il peut choisir de transporter tous les messages de tous les groupes, des groupes de son choix, ou encore quelques messages seulement. Chaque administrateur est maître chez soi, et fait ce qu’il veut.

D’autres machines se joignent rapidement au réseau Parmi les nouveaux venus, une machine nommée ucbvax va jouer un particulier en donnant à Usenet un accès à ARPANET. Dont les mailing list comme Human-Net ou SF-Lovers sont très prisée. Ucbvax crée une hierarchie fa.* (from ARPANET - en provenance d’ARPANET) sur laquelle les messages des mailing-list sont postées permettant aux usenaute de participer aux discussions même s’il ne possède pas d’accès à ARPANET

Le groupe s’est donné un nom - USENET, a mis l’accent sur son fonctionnement communautaire et a systématisé au maximum l’indépendance des membres entre eux, et plus particulièrement administrateurs. Il maintien un équilibre subtil entre les forces de liaisons - le « nous, usenautes » - et les forces de déliaisons mettant en péril la cohésion du groupe. Ainsi, la toute puissance a été accordée aux administrateurs, qui de ce fait deviennent des usagers particuliers. Mais elle est limitée à leur site. Les administrateurs règnent, comme le roi du petit prince, sans partage sur un royaume qui ne comporte qu’un seul sujet : eux-mêmes. Cela maintient le groupe dans une situation où toute rivalité, tout conflit sont découragés parce que vains.

Le travail technique autour du format des fichiers, des programmes permettant la connexion, l’envoi et la réception des messages participent du mouvement d’homogénéisation : pour pouvoir être lu et diffusés par le plus grand nombre de machines, les messages doivent avoir le même format. Dans le même temps, les règles de civilité sont formalisées : sur USENET, les pseudonymes sont mal vus, et chaque contributeur se doit d’avoir une adresse e-mail valide. Chaque message peut se terminer par un court texte, de trois lignes maximum, que l’on appelle « signature ». La signature est précédée des signes qui signalent la fin du message. Enfin, lorsque l’on répond à un message, il est conseillé de laisser au moins le nom de la personne à laquelle on répond ainsi que le message-id de son message. Enfin, on prendra soin de supprimer du message initial et de faire précéder le texte auquel on répond par le signe « > »

Si le groupe se donne des règles de civilité, il se dote également d’un personnage transgressif : le troll. On nomme ainsi les personnes dont le but, dans un groupe de discussion, est de créer les plus de désordre possible. La méthode est simple : il suffit de poster un sujet polémique, et il se trouvera toujours quelqu’un pour s’en alarmer et essayer de faire entendre raison au troll. Le but du troll est de faire durer la discussion, de l’emporter au-delà de l’objet du groupe, voire de « polluer » d’autres groupes, attirant les remarques et l’agacement d’un nombre croisant de personnes. L’idéal est que tout un groupe de discussion s’en mêle, flambe, et emporté par l’agressivité, se déchire et finalement explose. Parler de la mise en jeu du masochisme de certains dans le groupe est trop rapide : le bon troll ne se fait pas repérer.

Il faut garder à l’esprit que le groupe s’est considérablement agrandit, le confrontant a de nouveaux problèmes. Il faut accueillir et former les « newbies » (les « bleus ») pour éviter qu’ils ne « polluent » les groupes avec leurs mauvaises manières (posts au mauvais format, ou dans les mauvais groupes). La fantasmatique sous jacent est assez explicite : elle est anale - il faut garder le groupe propre - et l’angoisse est persécutrice - les « newbies » risquent de tout abîmer. La pollution, attribuée aux trolls, aux newbies, et plus tard aux publicités métaphorise un problème inhérent au fonctionnement même du groupe : que faire de ses déchets ? On retrouve cette question dans l’attention portée à la bande passante. Les règles du « bien poster » ont été en partie conçues dans ce sens : il faut éviter de poster des informations non nécessaires (signature trop longue, reprise in extenso du post initial dans une réponse etc.).

Usenet fixera pour longtemps un certain usage des « média sociaux » dans le cadre universitaire qui continue a être l'univers d'internet !

Des applications oubliées

 

Un certain nombre d'applications qui eurent leur heure de gloire à l'époque où le réseau était encore réservé à un petit nombre d'initié ont eu une importance historique : telnet, qui permettait d'utiliser à distance un autre ordinateur, gopher qui comportait un annuaire électronique, Whais qui permettait de consulter des bases de donnée en ligne et FTP qui permettait de transferer ou de mettre à dispostion des fichers en téléchargement

 

Telnet est un protocole permettant d'émuler un terminal à distance, cela signifie qu'il permet d'exécuter des commandes saisies au clavier sur une machine distante. L'outil Telnet est une implémentation du protocole Telnet, cela signifie qu'il s'agit de la traduction des spécifications en langage informatique pour créer un programme permettant d'émuler un terminal.

Telnet fonctionne dans un environnement client/serveur, c'est-à-dire que la machine distante est configurée en serveur et par conséquent attend qu'une machine lui demande un service. Ainsi, étant donné que la machine distante envoie les données à afficher, l'utilisateur a l'impression de travailler directement sur la machine distante. Sous UNIX, le service est fourni par ce que l'on appelle un démon, une petite tâche qui fonctionne en arrière-plan. Le démon Telnet s'appelle Telnetd.

Gopher était à l'origine une application créée en 1991 pour le portail Internet de l'université du Minnesota par Mark McCahill, Farhad Anklesaria, Paul Lindner, Daniel Torrey, Adam Huminsky et Bob Alberti. Il tire son nom de la mascotte "Golden Gopher" de cette université. Cette application permettait de consulter l'annuaire téléphonique de l'université, lire des textes en ligne, télécharger des fichiers binaires, faire des recherches par mots clés et des connexions à des serveurs Telnet. Les clients Gopher étaient au début en mode texte puis ont évolués vers le mode graphique. L'application évolua en une seconde version, dite Gopher+, avec des fonctionnalités supplémentaires convenant aux nouveaux clients en mode graphique. Le succès de cette application dépassa le cercle de l'université et gagna la totalité du monde universitaire relié à l'Internet, puis les administrations gouvernementales. Gopher devint un protocole Internet en mars 1993 et sa version évoluée, Gopher+, en décembre 1994 par la RFC 1738. Gopher était dans la lignée des serveurs WAIS et ARCHIE qui existaient déjà et contemporain au WEB créé à la même époque. Ce dernier, employant les protocoles HTML et HTTP, fut plus long à mettre au point que le protocole Gopher mais fini par le supplanter courant 1995. Aujourd'hui, le protocole Gopher est encore pratiqué par quelques passionnés.

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