Marcel Nuss
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Édition

La poésie et la vie

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Billet de blog 18 oct. 2021

Poésies d'automne

Un bouquet de poèmes à effeuiller à son rythme

Marcel Nuss
Écrivain-consultant-formateur-conférencier
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il suffit de peu, mon amour,

il suffit de si peu

pour être heureux.

Je n’ai presque plus rien,

pourtant j’ai tant,

tant et plus

nourri par de petits riens.

Viens dans mes bras

qui sait que sera demain ?

Il suffit de peu et tout

va son chemin.

Je n’ai pas la vérité

je n’ai que ma vérité

laquelle doute souvent d’elle-même

qui serais-je pour avoir raison contre les autres

avoir raison pour soi c’est déjà beaucoup

pourquoi avez-vous ce besoin de convaincre

envers et contre tout

par peur d’avoir tort

Je suis mort

dans le décor des jours

décor immuable

du fil qui s’effile

dans la brasure du temps

suis-je plus vivant que mort

ou plus mort que vivant

dans ce monde spasmodique

je suis mort en venant à la vie

je serai vivant en allant à la mort

ainsi va tout ce qui est et qui sera

éternellement présent au temps

je t’aime si intensément

toi qui me donnes sans compter

Par amour

je me noierai dans tes yeux

par amour

je te cueillerai des bouquets d’étoiles

par amour

je t’ouvrirai des horizons de libertés

par amour par amour

rien n’est trop dur pour moi

rien

que de te voir à bout de force

pleurant d’impuissance à être invincible

par amour

je me rendrai invisible

pour ne pas altérer ton éclat sensible

par amour

Merci

pour ces sourires ensoleillés

merci

pour ce nouveau jour plein d’aménité

merci

pour ton amour qui m’a transformé

merci

pour le temps qui passe sur mes pensées

merci

pour la vie qui m’a tout donné

pour l’inconnu la vacuité

pour le bonheur d’exister

et de me perdre dans mes vérités

Elle déployée

je vole le cœur choyé

sur sa vie ailée

Sur les ailes nues

d’un cœur qui sourit d’amour

j’aperçois le jour

Tu es prisonnier au paradis

ton seul horizon est le temps qui passe

tantôt serein tantôt interminable

tu es prisonnier au paradis

contemplant l’espace avec nostalgie

dehors c’est ailleurs dehors c’est loin

c’était avant

c’est quelque part dans ta mémoire

tu es prisonnier au paradis

jusqu’à la folie

tu es prisonnier de toi-même

lève-toi et marche

Je suis épris d’une étoile

fileuse de bonheurs

de petits bonheurs et de générosités infinies

à dégoûter la lune et à époustoufler le soleil

elle vacille sur l’horizon petite étoile vaillante

Grande sorcière qui éclaire les émotions

de son firmament pudique et inspiré

je suis épris du ciel

car elle est mon azur

J’ai oublié la chaleur de sa chair

la saveur de sa peau

la mélopée de ses extases

j’ai oublié sa voracité et la volubilité des sens

mais il reste enfouis dans ma mémoire

les échos d’une charnalité joyeuse

le passé n’est jamais loin lorsque le présent fredonne

il suffit de le respirer pour vivre encore

La vie est belle sous un soleil d’été déclinant

pas un frémissement alentour

la nature sommeille

seuls deux écureuils taquins se poursuivent

sur le tronc impassible d’un vieux pin parasol

la vie est un enchantement

Je veux tout et son contraire

je veux tant et si peu

si peu avec un corps qui peut moins

et c’est encore trop apparemment

alors je veux tout autrement

car tout est permis

à un regard frais et avenant

Le monde va mal

les réseaux sociaux dégoulinent

d’intolérance de bêtise de racisme

de beauferies de discriminations

et de jérémiades à gogo

le monde va mal

les réseaux sociaux mènent le bal

on se cache derrière des pseudonymes

pour mieux jeter ses boules puantes

partager ses rancœurs ou ses malheurs

le monde va mal

je crois que je vais aller sur la lune

les extraterrestres cultivent peut-être plus

le culte de l’amour et de la bienveillance

le « voir midi à sa porte » est lassant

Z’avez vu les zombies venus de l’Est

regards explosés tenant à peine debout

c’est terrible d’être vampirisé par l’amour

lorsque l’enfant paraît le temps disparaît

Les pieds sous la table

il se laisse servir

par bobonne qui s’affaire

pour le nourrir

ainsi va le machisme ordinaire

il y a du boulot sur Terre

Je vieillis

j’ai des dents de scie

et des œils de verre

j’ai le zizi rabougri

et le pif plein de vers de terre

le corps de travers

et le cœur à l’envers

je vieillis mais

j’aime la terre entière

enfin presque

faut pas pousser pépère

dans les mauvaises affaires

Nuit profonde

obscurité intense

paisible solitude

mes pensées se diluent

je m’enfonce dans la vie en suspens

apesanteur sublime

je dors à la gloire de l’amour

J’ai des bouffées de bonheur

comme tu as des bouffées de chaleur

à chacun sa mémopause

je me souviens de tant de choses

que j’ai oubliées

sauf les petits moments de bonheur

Je suis un bouffi décati

c’est toujours mieux qu’être un bouffon mal dégrossi

mais quand même

ça fait replet repu

repu de quoi je ne sais pas

de toute façon ça ne vous regarde pas

je suis bouffi de boursouflures

comme d’autres sont bouffis d’orgueil

Deneuvre quel est ton secret

je suis replet d’être repu

« Beau mâle » a viré au jus

comment séduire

mais comment encore séduire

dans ce coucher de soleil

repu de lumières

allô Monsieur le façadier

faudrait me refaire le crépi

il n’est plus diététique

Je ne pénètre plus que ton âme

mon amour ma flamme

le temps a passé sur nos vérités

il nous reste la réalité

d’un amour libéré

de tout faux-semblant

Je ne pénètre plus que tes pensées

celles qui me font vibrer

lorsque tu te mets à gazouiller

extase verbale jusqu’à la volupté

des sens enivrés

par ton bagout caracolant

Cette envie de pleurer dans le ventre

devant l’impuissance à être moi

mon corps ne m’appartient pas

je ne m’appartiens pas

toutes ces immixtions quotidiennes

toutes ces énergies disparates

dans mon intimité mon intime mité

toutes ces mains toute cette agitation

ce va-et-vient cet envahissement

eux chez moi CHEZ MOI

ne me touchez pas ne me touchez pas

je ne me supporte plus

la liberté c’est quoi

j’ai fait le tour de ma prison

où est la raison

dans la résignation ?

Je m’épuise dans un piège à cons

une voie sans issue

je n’ai pas le choix crois-moi

Les jours s’écoulent

plus rien ne presse

désormais je paresse

j’aime paresser

en égrenant l’amour

Sans toi je serais lourd

de l’agitation autour

de mon âme oppressée

par ces énergies avariées

de ne pas oser exister

Ô soleil

ébullition du ciel

réchauffe mes os

contrits par les maux

d’une vieillesse vénielle

je ne suis qu’un lézard

amoureux du hasard

et de la liberté

Fulgurant le bougainvillier croît

élan irrésistible d’une nature

à l’assaut de la vie

sur la façade ensoleillée

de mon âme

fleurie d’amours

lumineuses

Je pleure la Terre qui meurt

je plains les cons qui la tuent

spéculation et individualisme

la roulette russe n’est pas la même pour tous

Clamser pauvres gens le capital vous le rendra

cet égoïsme cynique persuadé

que ça n’arrivera qu’aux autres ou qui

pense « après moi le déluge »

consommation et confort jusqu’à l’absurde

Que reste-t-il d’humain à tant d’humains

je pleure la Terre qui meurt

le bon sens est en friche et la solidarité en berne

touche pas à ma liberté de crever de me croire libre

juste en refusant de me priver de mon aisance

à chacun son carburant et

les autres n’ont qu’à commencer

La liberté est corrompue la liberté est frelatée

on en fait n’importe quoi pour ne pas ouvrir les yeux

pour ne pas frustrer un ego qui va à vau-l’eau

La Terre meurt et je demeure

impuissant et triste

d’être un pollueur conscient et contrit

fruit d’une culture dératée

pervertie le progrès capitalistique

Je suis ombre et lumière

j’ai ma part de mystères

qui marche de guingois

sous le toit du temps

témoin de mes errements

je suis ombre et lumière

tu crois me connaître

mais que sais-tu réellement

puisque je suis mon propre mystère

Prendre la tangente

ou regarder par la fente

le temps qui passe

le temps qui pisse

sur les jours qui baissent

et les gens qui stressent

les gens qui paissent

les gens qui poissent

dans le pré des morosités

je ne suis qu’hilarité

de mon horizontalité

quelque peu débauchée

Il touille il triture il tapote il tranche il racle il tasse

toc toc tac tic toc tic

les oreilles crissent

l’assiette glapit la nourriture couine

avant d’être engouffrée gloutonnement

dans la bouche stressée

maman ! où est le plaisir dans cette agitation

la vie devrait se savourer

se déguster à chaque instant

bouchée après bouchée

comme une nourriture de l’âme

T’as vu les zizis avachis

dans leur slip décati

qui glandent en songeant

avec nostalgie à avant

au temps où ils étaient

vaillants et pleins d’allant

en sirotant une petite verveine

devant une série sans haleine

regarde les zizis pantelants

ils ont cessé d’être arrogants

ils gouttent misérablement

tels des robinets fuyant d’ennui

Automne

horizon monotone

et cette lassitude diffuse

de celui qui a tout donné

je ne suis pas de ce monde

l’ai-je jamais été

je contemple l’absence

tout est vacuité

les jours m’acculent

je m’emmitoufle au creux du lit

comme je me blottis dans les bras

de mon aimée

apaisé

Que serais-je sans elle

mon attention incarnée

qui scintille au coucher du soleil

de toute son humilité ?

Le bougainvillier

empli de fleurs réjouies

irrésistible grimpe sur son ciel de vie

rien n’arrête l’exubérance

de la beauté en transe

Le nez goutte

et les gouttes se gâtent

gode save the pine

je suis en panne de peines

ou peut-être

en peine de pannes

le Monde va trop bien

pas assez de pauvres

trop de n’importe quoi

la Terre va crever

et l’Homme avec

restera les poissons et les éléphants

enfin libres

Dis comment est la chaleur d’un corps blotti

je l’ai oubliée

je ne suis plus

qu’un objet voûté non incarné

Soleil mon amour

qui illumine mes jours

je n’aime que toi

je ne désire que toi

tes caresses avenantes

sous la frondaison indolente

d’une nature foisonnante

Soleil mon amour

redonne-moi le jour

de ton exaltation sans détour

Nuit noir froid pluie l’ennui

l’ennui qui fuit

l’hiver

je suis joie

près de toi

je suis le jour dans tes yeux

L’enfer me ment

tout le temps

entre quatre murs

éclats de soleil dans la chambre

rayons de lumière sur la vie

l’enfermement du temps

qui suspend les jours

aux tic-tac de l’amour

Le soleil la mer l’amour

son baiser en point d’orgue

éblouissement du cœur

et de l’esprit révélé

la mer irradie d’énergie paisible

à portée de main et de sérénité

mouettes indolentes et fières sur la plage

la Terre tourne autour de moi

Le Phare pas à pas nourrit

ma contemplation enrobée

de soleil de mer d’amour

jusqu’au baiser de velours

sur la jetée ensoleillée de vie

un jour d’automne

Je compte les jours du tant qui passe

du tant passé

chaque seconde la vie se dilue

dans l’infini

d’une éternité

aussi belle que l’amour

qui nous ravit

nous sommes temps

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