Marcel Nuss
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La poésie et la vie

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Billet de blog 26 sept. 2022

Marcel Nuss
Écrivain-consultant-formateur-conférencier
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En vrac

Bouquet de poèmes existentialistes.

Marcel Nuss
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Malentendus

Tous ces malentendus qui pourrissent la vie

ces malentendus qui blessent l’amour

ces malentendus qui perturbent les jours

ces malentendus qui dénaturent les regards

ces malentendus qui dépriment l’envie

ces malentendus qui gâtent le désir

je ne suis pas toi tu n’es pas moi

je ne suis pas vous vous n’êtes pas moi

et ces malentendus qui nous éloignent parfois

parfois souvent parfois rarement

tout est une question de traduction affective

et de connexion effective dans un Babel

à l’oued asséché de malentendus

Hermana

ou

Adoption

À trois sœurs

Quand la Pachamama relie de fraternelles sororités

par-delà les océans et le temps

la Terre est une religion que l’amour embellit

d’un mystère presque lumineux surgit de l’obscurité

La vie me réjouit

lorsqu’elle a quelque chose de magique

Entendez-vous ces cœurs qui se reconnaissent ?

Ils parlent le même langage sans parler la même langue

dans un élan transcendé par les retrouvailles

J’aime leurs sourires affables

La vie est une surprise généreuse si tu oses y croire

comment ne pas l’aimer lorsqu’elle est malicieuse

Tout n’est que persévérance et opportunités

Chile

Ma douceur chilienne

mon amour universel

que la Terre enlace

ton cœur vibrant d’humanité

et que la flamme dans tes yeux lumineux

éclaire d’un jour nouveau les nuits obscurcies

par les non-dits d’un passé déchiré

ma douceur chilienne

bel amour fanal

souviens-toi que l’amour ne ment pas

il délivre les vérités cachées

Bonne nuit les petits

Je suis à bout

à bout de moi-même

je n’ai plus la force de résister

à peine la force de faire un poème

Délivrez-moi de ces hurlements criards

C’est beau un niard que c’est beau

quand ça dort dans son plumard !

Où est Bruno sa pipe et son pinard

lui au moins me parlait calmement ?

Dieu qu’il était patient le Hugo

s’il avait l’art d’être grand-père

j’ai l’art de quoi les quatre fers en l’air ?

Dire que je fais déjà papy au lit telle

une petite flaque d’envies rétrécies

Qu’ils sont beaux ces chenapans

comme des Cupidon hurlants !

Bientôt ils seront plus grands

et moi encore un peu plus rétréci

La vie est une fuite en avant

Chaos générationnel

Je suis foutu

je suis fourbu

je suis fondu

je suis mouru            de la tête au cul

j’en peux plus j’en peux plus

Papy flapi sur mon lit décati

sauvez-moi de la marmaille

de ces petits oiseaux qui piaillent

à gorge déployée sans mollir

avant que je ne déraille

dans mes couches en délire

d’incontinent de l’ouï-dire

Je n’ai plus 20 ans ni toutes mes dents

mais je les aime tant les n’enfants

dormant

Pronostic vital engagé

La Terre est ronde

le monde est fou

plus rien ne tient vraiment debout

l’avenir s’essouffle sous les coups

de boutoir des « après moi le déluge »

Quand la cupidité gouverne le monde

la Terre est plate

comme l’encéphalogramme du pognon

des ronds de cuir qui creusent notre tombe

dans leur vénal jet létal

Aparté

Je suis qui je suis

pourtant tu me suis

sur mon chemin de nuits et d’envies

le temps me fuit petit à petit

le temps s’évanouit goutte-à-goutte

entre mes doigts en clé de voûte

je suis qui je suis

la vie me sourit entre les gouttes de pluie

elle me sourit tant dans son regard désarmant

je suis qui je suis

son amour me transporte vers l’éternité d’une vie

Chili, 4 septembre

Réveille-toi Peuple du bout de la Terre

la porte de la démocratie t’est grande ouverte

ne te laisse pas berner par les perfides sirènes

des idéologies de nantis et des nostalgies de la tyrannie

Réveille-toi prends la démocratie à bras-le-corps

donne une chance à la liberté devant ta porte

J’abomine la ploutocratie qui nous détruits ici

Réveille-toi Peuple du bout de la Terre

ne cède pas aux condors technocratiques

la vie est dans les mains de la Pachamama

pas dans celles qui capitulent devant le Capital

Souffrance d’amour

Ma pauvre petite misère

qui boîte plus bas que terre

ma pauvre petite misère

qui souffre l’enfer

dans son petit corps chafouin

se démenant avec entrain

toi qui ploies sous le poids de l’amour

le dos en marmelade endolorie

j’aimerais tant te choyer

de caresses de velours réconfortant

Nature à vif

Même le ciel est électrique

c’est la nuit des coups de foudre

une ivresse d’éclairs déferle

dans une obscurité grisante

les arbres dansent sous les nues

en transe éblouissements du cœur

la vie est une extase à vif

Inquiétudes

Devant ton regard déchiré

tes yeux au bord des larmes

ma fille je suis démuni

devant ton idéal effondré

de mère éprouvée

ma fille je suis démuni

l’enfantement est un labeur

souvent ingrat et ravageur

ma fille je suis démuni

devant ton désarroi en émoi

de mère débordée qui ploie sous les désenchantements

plongée dans une réalité sans concession

jalonnée de privations de frustrations de résignations

et l’idéal qui s’émiette entre les cris les pleurs les rires et les crises

ma fille je suis un père démuni

qui aimerait tant qui voudrait tant mais être parent

c’est se sentir impuissant à chaque tourment de son enfant

je t’aime tant

le plus « beau » métier du monde n’est guère le plus gratifiant

Je plane

Je suis ailleurs

dans le vide de mes pensées

là où le temps est suspendu

à une absence d’imprévus

silence infini au petit matin

le regard perdu dans le jardin

je suis ici et ailleurs aussi

je plane je flâne dans l’impensé

d’une vie traversée par son éternité

je suis ailleurs. Vous m’avez parlé ?

Larmes de sang

J’ai le cœur qui saigne des larmes de sang

c’est le temps des errances

je ne sais où je vais ni ce que je veux

je ne sais rien

je me dissous dans le Néant

d’un vide sidéré

j’ai le cœur qui saigne des larmes de vent

c’est le temps des atermoiements

je t’aime tant je t’aime tant

dans mon regard absent

dans mon cœur ardent

la vie est au-dedans

Philosophie

La Terre est une boule

pleine de drames et de maux insanes

si tu es heureux réjouis-toi

si tu es moins heureux réjouis-toi encore plus

car il y a peut-être bien pire

près de chez toi…

Superfi-ciel

La vie me fuit ou je fuis la vie ?

L’espace s’obscurcit

tout est a priori

tout est déconfit

je me sens démuni

dépourvu d’énergie

depuis que je suis cuit à l’étouffé

Les nuits rognent les jours insensiblement

heureusement l’amour l’amour

vous savez ce sentiment éternel

qui bouillonne dans les cœurs

même bringuebalants

Rêverie nocturne

Et la nuit se referme sur lui

le laissant avec ses rêves en suspens

le temps se rétrécit

l’espace se dissout

il se fond dans le décor

se glisse en lui-même

jusqu’à devenir poème

Incantation

Corps mon corps

pourquoi tu m’abandonnes

le cœur au bord de l’océan

Cœur mon cœur

pourquoi tu me délaisses

le corps au bout du néant

Chaque jour je meurs un peu plus

jusqu’à la renaissance du temps

ainsi va la vie du vivant

ainsi va le bonheur humblement

Abracadabra

Je m’écroule à peine debout

je m’enroule autour du pouls

comme un nœud croulant autour du cou

d’un vieux coulant trop recuit et mou

je meurs je meurs avec le sourire jusqu’au bout

pour faire vivre vos yeux si doux si fou

je meurs et puis je revis

dans un petit coin épanoui de paradis

je meurs et je ris indécis

demain je choisis

c’est une aventure la vie dès le premier cri

tu sais on meurt toujours en chemin

on connaît le début rarement la fin

mais ce n’est vraiment pas grave

tu sais j’ai encore faim dans mon corps chagrin

j’ai encore un peu d’appétit

entre mes doigts rabougris jusqu’à l’infini

il y a tant d’amour dans ses yeux

que j’ai envie de les bercer dans mes bras

et courir sous un soleil d’automne épris d’elle

Dépossession

Le silence est l’absence de bruit

le jour est l’absence de nuit

le soleil est l’absence de pluie

la mort est l’absence de souffle

la vie est l’absence de peur

l’amour est l’absence de solitude

Ce sont mes principes qui m’étayent

et m’aident à tenir debout ?

Je me réveille tant de fois à genoux

balbutiant mes nuits en plein jour tout en

traînant un regard poisseux et vacillant

Ô ma douce présence mon infinie présence

qui me couvre d’amour dans le berceau

de mes misérables absences aléatoires

vivre est également un purgatoire

je suis joyeux de t’aimer mon joyau d’amour

Faut-il côtoyer la mort de près pour découvrir

la vie sans fioritures ni gravité ni regrets ?

Dire simplement dire ce qui est

pour ne pas se perdre dans le superflu

l’essentiel est dans l’amour juste l’amour

l’essentiel est dans l’instant

Soudain je reprends pied entre deux absences

l’esprit fulgure le temps d’embrasser la vie

et l’amour qui la nourrit

je suis vivant !

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