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Billet de blog 20 juin 2014

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Française des Jeux, PMU, paris en ligne : comment les Français jouent-ils ? Michaël Orand

En 2012, les Français ont misé 46,2 milliards d’euros dans les jeux d’argents : Française des Jeux, PMU, casinos et jeux en ligne. Déduction faite des gains, ce sont 9,5 milliards d’euros qui ont ainsi été consommés dans ce secteur par les ménages.

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En 2012, les Français ont misé 46,2 milliards d’euros dans les jeux d’argents : Française des Jeux, PMU, casinos et jeux en ligne. Déduction faite des gains, ce sont 9,5 milliards d’euros qui ont ainsi été consommés dans ce secteur par les ménages.

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L’autorisation en juin 2010 des jeux en ligne ne semble pas avoir créé de dépenses supplémentaires. En effet, ce montant dépensé est resté relativement stable ces dernières années, en pourcentage de la consommation totale des ménages : après un pic atteint en 2004 d’environ 0,9 % de la consommation totale consacrée aux jeux d’argents, cette part est redescendue à environ 0,8 % depuis 2008 et s’est stabilisée.

En ce qui concerne les mises totales, les quatre types d’opérateurs se partagent les mises de façon relativement équilibrée : 12,1 milliards d’euros pour la Française des Jeux, 10,5 pour le PMU, 15,4 pour les casinos et 8,1 pour les jeux en ligne. En revanche, le Produit brut des jeux, c’est-à-dire les mises nettes des gains des joueurs, est très nettement différent selon les opérateurs : plus de 4 milliards pour la Française des Jeux, autour de 2,5 milliards pour le PMU et les casinos, et seulement 0,4 milliards pour les jeux en ligne (graphique).

La raison en est un taux de retour aux joueurs, c’est-à-dire la part des mises qui sera redistribuée, qui varie de 65 % pour la Française des jeux à près de 95 % pour les jeux en ligne. Ce taux de retour aux joueurs est encadré légalement, notamment pour limiter les effets addictifs du jeu, mais aussi pour limiter la rentabilité du jeu comme moyen de blanchiment. Il doit ainsi être inférieur à 75 % pour les loteries, inférieur à 85 % pour les paris sportifs et hippiques, et supérieur à 85 % pour les machines à sous. Pour les autres types de jeu, le taux de retour au joueur n’est pas encadré, et il peut atteindre 98 % pour certains jeux de table des casinos. C’est en partie ce qui explique les différences dans le produit brut des jeux selon les opérateurs.

Autre conséquence de ces taux de retour très variables : la rentabilité des jeux d’argent pour les opérateurs est, elle aussi, très variable. Le PMU est le secteur le plus rentable, avec un résultat net de 870 millions d’euros, soit 34 % du produit brut des jeux. Suivent les casinos, avec un résultat net de 410 millions d’euros, puis la Française des Jeux, avec 110 millions d’euros de résultat net, soit 3 % du produit brut des jeux. Le secteur des jeux en ligne, par contre, n’avait toujours pas atteint en 2012 son seuil de rentabilité, et accusait des pertes nettes d’un montant d’environ 70 millions d’euros.

Finalement, avec quelques années de recul, la libéralisation du jeu en ligne mise en place par Nicolas Sarkozy semble n’avoir été qu’un effet de manches. Malgré des mises relativement conséquentes (mais pas de dépenses supplémentaires sur l’ensemble des jeux d’argents), le taux de retour aux joueurs très important de ce secteur n’en fait pas du tout la manne annoncée pour les investisseurs. Les bénéfices se font toujours attendre, au contraire des scandales, qui ont, quant à eux, été vite au cœur de l’actualité. Avec une tendance qui s’annonce à la baisse pour 2013 (-1,8 % de produit brut des jeux en ligne), rien ne garantit la pérennité du secteur sur le long terme.

La Revue du projet, n°38, juin 2014
 

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