Le Guêpier, annexe R : Courrier de P… T… à Maurice Tripier

Annexe R de l’épopée à suspense inspirée des méandres de l’« affaire » DoublO

 

 

 

 

 

Le guêpier1

 

 

Pas de noisettes pour les pigeons

(L’antimirage des chaumières)

 

 

Épopée2 à suspense
née de l’imagination de

Jean-Pierre Lamargot

 

1 « Endroit dangereux, situation complexe et délicate dont on arrive difficilement à sortir sans dommage. Synonymes : pétrin (familier), piège, souricière, traquenard. Donner, tomber dans un guêpier. »

« Ce n'est pas la peine de nous donner tant de mal pour tirer Albert du guêpier où il s'est fourré »  (François de Curel, La nouvelle idole, 1899, I, 1, p. 163), selon Le Trésor de la Langue Française informatisé (cf. http://atilf.atilf.fr/)

2 Long poème ou récit « de style élevé » où la légende se mêle à l'histoire pour « célébrer un héros ou un grand fait ». On pourrait sans doute à bon droit aussi bien parler de prétérition (« figure par laquelle on attire l'attention sur une chose en déclarant n'en pas parler »)

Annexe R : courrier de P... T... nouveau président du CLAS1 à Maurice Tripier
22 décembre 2x12

« Bonjour Monsieur Tripier,

 

Le Conseil d’Administration du CLAS m'a nommé, le 17 décembre dernier, président du CLAS, ainsi qu'indiqué sur le site de l'association, dans la rubrique "Actualités".

 

Nous avons déjà échangé quelques messages, alors que je n'occupais pas ce poste et n'avais pas encore envisagé de l'occuper.

Je vous écris ce courrier suite aux derniers messages que vous avez envoyés à l'ensemble des personnes qui vont recevoir celui-ci et suite à la polémique (ou au conflit, comme vous voulez), qui vous oppose aux anciens membres du Bureau.

Mon but n'est autre que de voir cesser ces querelles stupides qui ne profitent qu'à notre adversaire commun, Squirrel.

 

Mais j'aimerais auparavant apporter, à propos de la polémique précitée, et pour les adhérents qui les ignorent, quelques précisions sur le fond :

Le différent qui vous préoccupe a été en partie initié par une différence d'idéal entre vous-même et les membres fondateurs du CLAS, qui, empreints d'une pensée philanthropique, mais que vous semblez considérer comme naïve, ne cherchaient qu'à aider et regrouper les personnes bernées par Squirrel, et cela de manière totalement bénévole.

 

Vous, vous avez pensé, sans les informer préalablement, que vous pouviez vous rémunérer. Bien sûr, vous leur avez dit, en 2xx9, que vous ne travailliez pas gratuitement pour Maître Fassol, mais sans leur préciser le montant de cette rémunération.

Et vous étiez alors membre du Conseil d'Administration du CLAS, donc à la fois juge et partie, ce qui n'était pas acceptable, vous le savez bien, quand bien même vous ne cherchiez qu'à défendre l’intérêt des adhérents du CLAS, ce dont je ne doute point.

J'ai donc, afin que tous les adhérents aient la même information, et d'après la « Convention de coopération » que vous aviez passée avec Maître Fassol, calculé le montant de votre « rémunération » : elle a probablement été très supérieure à 60.000 euros, car j'ai déduit bien sûr la TVA (bien que vous n'y soyez pas assujetti, d’après vous) et les différents frais de procédure, que j'ai volontairement exagérés. Si ces chiffres sont erronés, merci de les corriger en apportant les détails nécessaires.

Il semblerait, d’après un de vos messages, que cet argent serait destiné à votre femme, Pupille de la Nation, ce qui est tout à votre honneur. Néanmoins, je ne vois pas en quoi cela peut intéresser les adhérents du CLAS, qui n'ont pas du tout versé ces sommes pour pallier les carences de cette même Nation.

Personne, je dis bien personne, parmi vos détracteurs actuels, ne minimise le travail que vous avez effectué, ni vos compétences juridiques. Tous sont conscients de l'effort que vous avez déployé et du temps que vous avez consacré aux nombreux dossiers des adhérents.

Néanmoins, les membres fondateurs du CLAS, ont, eux aussi, fourni un travail considérable pour mettre en place cette association, pour écrire de nombreuses lettres (sur lesquelles vos actions se sont appuyées) afin de démontrer les mécanismes fallacieux du montage Duplex, et pour regrouper ceux qui sont devenus adhérents.

Ils ont, tout comme vous, consacré de nombreuses heures à faire en sorte que le CLAS puisse exister et nous défendre tous. Vous le savez bien, cela n'a pas été facile. Leurs vies familiales ont subi, comme la vôtre, les conséquences de cette implication. Et pourtant, ils n'ont jamais été rémunérés pour cela ; ils ne l'ont même pas envisagé.

Personnellement, je ne trouve pas cela très équitable, et je comprends que certains membres du Conseil d’Administration puissent être du même avis. Mais je laisse le soin aux adhérents du CLAS d'en juger autrement.

Je ne veux pas polémiquer plus sur des évènements passés, et je ne cherche pas non plus de coupables ; les torts peuvent toujours être partagés, mais je souhaitais que tous puissent se faire une idée de ce qui c'est passé.

En ce qui concerne les procédures et le choix de la meilleure stratégie, je ne suis pas assez compétent pour me prononcer. Je ne peux que constater que vous avez, Maître Rupin et vous, deux idées bien différentes sur la voie à suivre, et que le CLAS, pour l’instant, en a choisi une. Mais peut-être peuvent-elles se rejoindre ?

Maintenant, il nous faut penser à l'avenir. Que proposez-vous afin que cessent ces disputes et pour coordonner nos actions ? La voie de la division ne peut que nous être néfaste...

En attendant de vous lire, je vous souhaite Monsieur Tripier, ainsi qu'à vos proches, de très bonnes fêtes de fin d'année.

Cordialement

 

P… T… »

Après une réaction sommaire le 26 décembre :

« Monsieur T…,

Les fêtes de fin d'année et les réunions de famille ne me laissent guère le loisir pour répondre à votre long courriel. Si je vous remercie d'avoir noué si rapidement contact avec moi après votre désignation en qualité de président du CLAS et de laisser légèrement entr'ouverte une fenêtre sur l'avenir, je ne saurais cependant, et en aucun cas, accepter un certain nombre d'affirmations et de considérations qui relèvent tout à la fois d'informations inexactes ou fausses et d'une méconnaissance flagrante des conditions précises dans lesquelles j'ai été appelé à intervenir dans cette affaire ainsi que du mode de fonctionnement et de la déontologie de la profession d'avocat. Je vous répondrai donc, ainsi qu'à tous les CLASistes à qui vous avez adressé votre message en copie, de façon circonstanciée, et je vous fournirai des éléments complémentaires afin de clore cette discussion.

Cordialement,

 

Maurice Tripier » 

l’intéressé2 envoyait le 30 décembre un long plaidoyer pro domo, comportant nombre de propos spécieux assaisonnés d'une bonne dose de cynisme, mais qui en tous cas, n'apportait aucun élément nouveau sur le fond. En particulier, l'« état détaillé de tous [ses] travaux » annoncé n'a jamais été produit, ou en tous cas reçu ; il ne présentait au demeurant aucun intérêt puisque c'est bien à titre de conseiller juridique que Monsieur Tripier avait été invité à se joindre au Conseil d'Administration bénévole, pour y apporter sa compétence et qu'en aucun cas, il n'avait été recruté à titre de consultant ; les mots ayant un sens, « invité » n’est pas interchangeable avec « recruté », pas plus que « conseiller juridique » ne l’est avec « consultant ».

Enfin, comme il innovait en signant son courrier d’un sonore « Membre d'honneur du CLAS », on remarquera qu'a minima, il se serait lui-même déchu de ce titre en même temps qu'il annonçait sa démission du Conseil d’Administration...

 

On notera enfin une méconnaissance des statuts de l’association, dont l’article 5 précise :

 « … sont membres d'honneur, ceux qui ont rendu des services signalés à l'Association. Ils sont désignés par l’Assemblée Générale, sur proposition du Conseil d’Administration. Les membres fondateurs figurent d’office au nombre des membres d’honneur. Les membres d’honneur sont dispensés de cotisation. » 

Maurice Tripier n’était pas membre fondateur, ce qu’il ne contestait d’ailleurs pas puisqu’il déclarait lui-même que sa participation au Conseil d’Administration lui avait été « demandée ».

En revanche, il se souvenait fort bien de la décision votée par l’Assemblée Générale le 11 décembre 2x11 selon laquelle elle avait accepté, sur proposition du Conseil d’Administration lui-même reprenant une suggestion émise lors de l’AG de 2xx9, que « tous les administrateurs bénéficient de la qualification de « Membres d’honneur », les exonérant ainsi d’avoir à verser une cotisation. » 

Dont acte ! Mais le « caprice de signature » de Tripier n’aurait-il donc eu pour seule motivation que de  revendiquer la gratuité de la cotisation (25 euros), dont il n’était au demeurant pas personnellement redevable puisqu’il agissait au nom et pour compte de l’adhérente, son épouse ?…

 

 

Prochain épisode : Annexe S – Plaidoyer pro domo de Maurice Tripier 30 décembre 2x12

1 Nommé le 17 décembre 2x12 par le nouveau Conseil d’Administration élu par l’Assemblée Générale du 8, à la suite de la démission de Toussaint Chapon et du trésorier, venant elles mêmes à la suite de celle du secrétaire

2 Jamais terme ne l’avait mieux qualifié …

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