Castor, Pollux et les Pould’Ô

 Sous forme de fable, le récit en sept épisodes de la saga des Pould'ô, ou la grande déception des petits épargnants. Ici, l'introduction et le sommaire complet.

 

Sous forme de fable, le récit en sept épisodes de la saga des Pould'ô, ou la grande déception des petits épargnants. Ici, l'introduction et le sommaire complet.

En novembre 2009, Laurent Mauduit a livré dans les colonnes de Mediapart une considérable enquête démontrant les errements qui ont caractérisé la stratégie et la tactique de la Caisse d'Épargne et apportant son lot de révélations stupéfiantes au sujet des pratiques d'un organisme pas tout à fait comme les autres, celui-là même auquel la loi assigne une mission historique (de nouveau réaffirmée par la loi de réforme du 25 juin 1999) : « ... le réseau des Caisses d'Épargne contribue à la protection de l'épargne populaire ... ».

Un autre domaine, tout aussi contradictoire avec cette mission, est celui des produits financiers qu'elle a construits via sa filiale Écureuil Gestion et commercialisé dans son réseau. Nombre d'entre eux ont défrayé la chronique, mais la famille de Fonds Communs de Placement Doubl'Ô y tient une place particulière en raison de son résultat, qui peut se résumer ainsi :

Six Doubl’Ô, six années, six échecs, systématiques.

La presse conventionnelle, écrite et parlée, a donné un assez large écho à cette affaire, plus spécifiquement au cours du second semestre 2008. Mais depuis, une chape de plomb semble l'avoir recouverte ; peut-être le sixième volet de l'enquête de Laurent Mauduit (« Quand l'Écureuil se rêve en patron de presse »), paru le 18 novembre 2009 donne-t-il la clé de ce silence ...

Pour pallier ce blackout, sept articles conteront la fable de Castor et Pollux dans les colonnes de l'Agora des Caisses d'épargne, des Banques populaires et de Natixis ; des liens renverront les lecteurs intéressés à en connaître le détail intime vers la source des informations.

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Castor.jpgCastor était un grand bâtisseur, jusque là bien tranquille. En des temps pas si lointains, les dents lui vinrent encore plus longues et il fut pris (la faim, l'occasion, l'herbe tendre ... et quelque diable aussi le poussant) de l'irrépressible envie de jouer, lui aussi, dans la cour des très grands.

etourneau.jpgSon idée était que, puisque les Étourneaux (ses fidèles clients) avaient de longue date pris habitude de lui confier quelques brindilles utiles à ses ouvrages (brindilles qu'il leur rendait un peu plus tard, gonflées de tendre rosée), il devait bien exister un moyen d'en faire meilleur usage, pour construire de plus grands et plus lucratifs ouvrages.

Pollux.jpgC'est alors que Pollux vint à sa rescousse et lui proposa un moyen ingénieux de parvenir à ses fins. Il s‘agissait tout simplement de leur proposer quelque poule aux œufs d'or qui pourrait les séduire, une méthode dont ses concurrents usaient déjà à leur plus grand avantage ...

« Castor », lui souffla-t-il, « pourquoi ne proposeriez-vous pas quelques paniers garnis d'œufs alléchants que vos Étourneaux seraient tentés de gober et que nous nommerions des Pould'Ô ? En échange de leurs brindilles, vous leur promettriez de les leur rendre au double quelques années plus tard. Même si vos Étourneaux ne sont pas des Alouettes, bien peu résisteraient aux éclats du miroir ».

Castor, le premier, fut séduit par l'idée ; avant de se ressaisir : « Votre idée est bien belle, Pollux ; mais va me coûter gros : rendre deux fois plus de brindilles, ce n'est pas rien ! ».

« Faites-moi confiance », répondit Pollux, « j'ai mon idée là-dessus. Il vous suffira d'attirer un maximum d'Étourneaux. Pour le reste, je m'en charge ; vous ne serez pas déçu ».

Ainsi fut fait et de chacun on déposa près du but les enjeux. Les ayant parés des plus beaux atours, Castor et les siens les vantèrent aux Étourneaux qui se montrèrent de prime abord un peu méfiants : « Deux fois plus de brindilles, c'est beaucoup, non » ? « Et pourquoi pas ? », leur fut-il répondu, « jamais les flots n'ont été si propices. Ce serait pitié que vous n'en profitiez pas » !

Las, le miracle ne se produisit pas : de ces brindilles doublées, les Étourneaux n'en virent point la couleur et Castor, qui craignait d'en dépenser 2 milliards, en gagna 647 millions qu'il engrangea soigneusement par devers lui.

Nous allons donc vous conter par le menu cette fable, en sept épisodes ; vous décrire les paniers et leurs œufs, comment les Étourneaux furent séduits, comment leur mise leur fut rendue mais allégée de quelques copeaux et par quel moyen Pollux parvint à cet exploit, les cris que poussèrent les Étourneaux à l'annonce de leur déconfiture, comment leurs piaillements furent étouffés, le rôle que joua l'Arbitre des rongeurs censé régner en maître sur Castor et ses confrères, et comment au final, les Étourneaux en appelèrent à l'Hermine.

Mais tout juste avant, laissez-moi vous rappeler que le royaume d'Ésope n'est pas sans recéler d'inattendues coïncidences. Vous trouverez ici rassemblé ce qui vous permettra de le constater.

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Sommaire

Introduction. Castor, Pollux et les Pould'Ô

1. Les Paniers aux œufs d'or

2. Séduire les Etourneaux

3. La science de Pollux

4. Les cris des Etourneaux

5. Les piaillements bâillonnés

6. Chez l'arbitre des rongeurs

7. Les Etourneaux en appellent à l'Hermine

 

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