A comme affectivité

Terme désignant la vie affective, sous-tendant l'affect. Par commodité, on y associe la sensibilité.
Terme désignant la vie affective, sous-tendant l'affect. Par commodité, on y associe la sensibilité. En art, cette notion s'est diluée dans les représentations du sensible par l'esthétique, de Baumgarten, son inventeur, passant par Kant, son critique. Mais on peut juger que cette assimilation de l'affectivité à la sensibilité réduit considérablement sa portée en n'en retenant que les effets (à partir des œuvres et non des pratiques). A titre d'exemple, les gloses de la critique moderne en forme de session de rattrapage sur l'émotion. Là où, l'affectivité pose l'humain dans la totalité de l'éthique : inconscient, conscient, c'est-à-dire de l'individu “complet” inventé par les avant-gardes du XXe siècle. S'attachant à la tension du lien entre l'individu et la société, la primauté de cette relation y est révélée dans les deux termes d'inclusion et d'exclusion, de puissance potentiellement destructrice ou/et créatrice. On doit au poète Benjamin Fondane d'avoir introduit dans les années 1930-1940 la notion d'affectivité créatrice en poésie. Cette affectivité-là est l'avenir de l'humain. (Petite note pour les voyages futurs.)

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