Forum Mondial de la Démocratie 2013 (FMD II): version allégée?

Allégé ce nouveau Forum bien sûr et non la Démocratie ? Oui, un peu, ou light, déjà en considérant la durée (3 jours au lieu de 7) et peut-être aussi en analysant le déroulement inimaginable d’un contenu très ambitieux. Nous verrons.

Allégé ce nouveau Forum bien sûr et non la Démocratie ? Oui, un peu, ou light, déjà en considérant la durée (3 jours au lieu de 7) et peut-être aussi en analysant le déroulement inimaginable d’un contenu très ambitieux. Nous verrons.

La  Démocratie, elle, ploie sous la force des vents contraires, partout dans le monde, y compris en Occident!

Le  Conseil de l’Europe (COE) avait produit, l’an dernier, un événement totalement innovant, le premier Forum Mondial de la Démocratie, un peu à l’image du Forum Social Mondial de Porto Alegre  ou du Forum Economique de Davos.

D’éminentes personnalités politiques mondiales y avaient participé avec en tête le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon. Curieusement, le nouveau président François Hollande, fraichement élu, s’était abstenu, sourd à l’invitation du Secrétaire général et peu soucieux de plaire au sénateur-maire de la Ville d’accueil, manquant vraisemblablement de force de conviction ou de considération. Au PS, n’est pas en odeur de sainteté qui veut, pas plus localement qu’à Paris ! Cette fois le chef de l’Etat est, en principe, attendu.

 Des experts, des hommes politiques de très haut rang, venus du monde entier, étaient relayés dans les débats par des témoins ou victimes d’expériences dramatiques ou plus rarement réjouissantes, souvent fort émouvants. Ils avaient rempli l’hémicycle du Palais de l’Europe comme les nombreuses grands salles ou amphis où on traitait d’aspects plus précis, plus locaux ou plus spécifiques.

Foule multicolore, bigarrée, vivant quelques jours dans une cohabitation magnifique, chaleureuse sans se priver toutefois de l’expression libre des divergences. Une image planétaire ! Il s’agissait souvent de  préciser l’acception même du terme de démocratie et du vécu qu’il présuppose ou encore des interprétations  adaptées au contexte souvent bien moins rigoureuses que l’idéal poursuivi qu’elle implique.

 

La Ville de Strasbourg, la région Alsace, le département du Bas-Rhin avaient de leur côté, organisé des manifestations thématiques hors des murs de l’Institution Européenne. Une partie « off » en complément du « in » du COE.

 

« Bis repetita placent » ?

 

En regard de cette première édition, la deuxième en 2013 du 27 au 29 novembre 2013 si l’on tient compte du programme « off », semble jouer «  petit bras » par rapport à la première et surtout par rapport à ce que l’on pouvait en attendre : un crescendo dans une voie ouverte vers une pérennisation. On attendait la participation de quelques stars médiatiques mais pour l’heure, on n’a guère réussi à les attirer. On avait parlé de Bill Gates.

 

Cette année, on pourrait poser le problème de la pertinence de la dénomination.

 

Forum ou Agora selon qu’on préfèrera la version romaine à la version grecque antérieure, i.e une place publique ouverte à tous ? Plutôt symposium ou colloque, séminaires et pourquoi pas, succession de banquets à la Platon, où se réunissent des aréopages de spécialistes, experts, savants et des « politiques » ?

 On choisira après avoir pris connaissance du programme de ces  3 jours « in » au Palais de l’Europe et de la semaine « off », en ville qui débute quelques jours avant ( du 23 au 29)  .

Pour éclairer le lecteur, voici le lien du COE, publié sur son site. Pour le « in :

http://www.coe.int/fr/web/world-forum-democracy/home 

et pour le « off » :

http://www.coe.int/fr/web/world-forum-democracy/off

 

Rien à redire sur le titre général du Forum, au contraire ( gardons cette appellation puisque c’est celle que les organisateurs ont choisie) :

Retisser la démocratie : connecter les institutions et les citoyens à l’ère du numérique.

 

En effet, il y a lieu de remettre une fois de plus l’ouvrage sur le métier, un métier de plus en plus sophistiqué, comme Sisyphe roulant son rocher avec l’espoir qu’il s’arrime un jour durablement au sommet. Dans cette perspective là, le  forum mondial de Strasbourg a un avenir durable tant le rocher est lourd et la pente raide et la sophistication des moyens galopante. Pourvu que les forces ne déclinent pas. C’est d’ailleurs pour les ragaillardir qu’est née cette manifestation-événement.

 

Sur la façon de faire ou le modus operandi, dans la langue du forum antique, il va falloir juger sur pièce. A commencer, pour l’exemple, par le premier des 19 labs ( laboratoires) consacré à la « démocratie liquide ». Comme pour les autres, on y trouvera des présentateurs, des intervenants, un rapporteur pour la session plénière, tous de  haute tenue, des pointures sans doute comme ici Jens Seipenbusch du Parti Pirate allemand qui présentera à partir de ce concept abstrait, les possibles applications concrètes dans la gouvernance. Compliqué ! Nous verrons.

 Mais, de prime abord, pour une participation approfondie, un don d’ubiquité sera requis ou alors il faudra faire confiance au rapporteur lors de la session plénière. Le patchwork de 19 pièces y sera alors assemblé.

Dans le public, on retrouvera quelques centaines d’élèves (étudiants, professeurs, avocats, autres juristes, journalistes…) des « écoles d’études politiques du Conseil de l’Europe », créées après la chute du rideau de fer pour former les futures générations de responsables politiques dans les pays en transition. Elles constituent aujourd’hui un vaste réseau de l’Oural au sud de la Méditerranée avec comme point central d’arrimage le Conseil de l’Europe à Strasbourg où les rencontres annuelles ont préfiguré le Forum Mondial.

La nouvelle formule, pour le moins originale, rappellera une époque  que les moins de 30 ou 40 ans ne peuvent pas connaître : celle des unités de valeurs ( UV) dans nos universités. Système encore en usage dans de nombreuses universités US ou Canadiennes où elles ont pris pour nom «  crédits ». Point de diplôme au bout cependant - ce serait à la hussarde - en ces deux journées d’études flamboyantes comme un feu d’artifice. Nos contributeurs pourront traiter les thèmes les plus intéressants.

Le programme off qui sera présenté prochainement sera plus facilement abordable.

 

Antoine Spohr.

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