Billet de blog 16 oct. 2012

Le Forum laisse un goût de revenez-y

On n’a pas tiré les rideaux ni descendu les volets, ni roulé les tapis ni recouvert le mobilier au Palais de l’Europe à Strasbourg.

a.spohr
Professeur honoraire ( secondaire, supérieur, universités US; ancien journaliste de PQR.. Correspondant de presse
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Les personnes omniprésentes lors de la première édition du Forum mondial de la Démocratie de Strasbourg © 

On n’a pas tiré les rideaux ni descendu les volets, ni roulé les tapis ni recouvert le mobilier au Palais de l’Europe à Strasbourg. Certes la vie du Conseil continue dans son inlassable observation critique de la Démocratie, la dénonciation des mauvaises pratiques et des atteintes aux Droits de l’Homme, de la quête de justice et de liberté …et de la Paix chez les 800 millions d’Européens répartis dans le 47 pays qui y ont adhéré. Et bien au-delà par son rayonnement éthique et intellectuel.

Et le premier Forum Mondial de la Démocratie vient de se terminer, en apothéose. D’aucuns sont même un peu tristes.

Les grands n’étaient pas là. Tant mieux.

Même pas grave!

Le Secrétaire Général Jagland, maître de céans, avait revêtu sa toge de président du Comité Nobel et rejoint Oslo pour distribuer des lauriers. Le maître de la Ville, le sénateur-maire Roland Ries était ailleurs, aux champs peut-être. Le président de Région et celui du Département avaient accueilli les participants chez eux, ils étaient donc quittes.

L’Etat français qui avait très sobrement délégué pour l’inauguration un ministre délégué M Cazeneuve, n’était pas représenté.

Bizarre! il y a pourtant des remplaçants en cas d’empêchement . Non? Cela se fait même au théâtre.

Ainsi Monsieur Laurent Dominati, ambassadeur  enjoué doué d’ une belle intelligence diplomatique, représentant permanent de la France, comme M. Robert Hermann , 1° maire-adjoint, très attentif à l’évènement, auraient très bien fait l’affaire, l’un et l’autre étant tout aussi brillants que ceux qu’ils auraient eu à représenter devant un auditoire exceptionnel.

Dans le cas du remplacement de Monsieur Jagland, M. Jean-louis Laurens, le pilote commandant de bord du projet, ce fut, à notre avis, une aubaine. Bon modérateur, très humain sans cette froideur hautaine qui  habite parfois les plus haut gradés, il a su mener des débats pourtant animés avec élégance et respect. Et puis surtout, avec une émotion communicative, il a rendu hommage  à ses collaborateurs qui ont travaillé durement autour de l’initiateur du projet, M. François Friederich, le pilote en second. (notre photo).

Par son « édition »  qui comporte 40 articles de contributeurs avisés, Médiapart est le média national qui a le plus et le mieux couvert l’événement. Les autorités du Conseil en conviennent. Le Monde avait pourtant été grassement payé….

En tout cas, ce fut une belle expérience pour tous ces journalistes amateurs qui ont progressé  au fil de leur production.

L’absence de François Hollande: «des balles dans les pieds»

Pour l’inauguration, cela ne fait pas de doute, la présence du chef de l’Etat était indispensable, surtout que le Secrétaire Général de l’ONU était là, respectant, lui, une promesse faite, il y a deux ans.

Mais point de François Hollande.

« C’est à perte de vue

que j’avais du beau blé

Mais tu n’es point venu

J’en suis pas consolé » (Félix Leclerc).

C’est un bel Africain, en boubou qui a fredonné ce beau refrain du poète canadien. Sans plus.

Un jeune entrepreneur alsacien impliqué dans cette belle aventure, de son côté, conclut, dépité mais formel : « Le président s’est tiré une balle dans le pied, une autre dans le pied du maire socialiste et une troisième dans l’électorat alsacien. » Les sentences sont de plus en plus vives depuis que l’agenda de l’Elysée est connu : une rencontre ce jour là avec un ministre et une autre avec Jospin. Extrême urgence ?

Et Ban Ki-moon, tout seul sur un « trône » placé devant l’estrade. Presque surréaliste. Pas de premier ministre non plus ni de ministre des affaires étrangères dont l’europhilie laisse sceptique. Les participants venus du monde entier sont déçus mais se donneront à fond dans les ateliers  et avec une ardeur particulière le jour de la clôture.

Bilan? Totalement positif. Ode à la joie et on s’embrasse dans les travées.

Une idée, comme çà : pourquoi ne pas lancer un concours de composition d’un hymne mondial qui pourrait être joué lors detout événement de ce type? Pourquoi ne pas créer une décoration sérieuse ou un diplôme, remis lors des Forum à des intervenants ou participants méritants? On sait «y a pas de sous»!

Et enfin pourquoi ne pas prendre en compte cette suggestion gratuite d’un ancien grand patron, humaniste, dont voici la proposition in extenso .

Témoignage d’un ancien grand patron. Alexis Lehmann.

« Oui, les grands moments du Forum de la Démocratie à Strasbourg  ont bien été ces deux allocutions d'une intensité exceptionnelle. Avec des mots et des concepts très simples, Tawakhol Karman, Prix Nobel de la  Paix et Nawal El Saadawi, écrivaine égyptienne ont fait vibrer l' hémicycle.  Elles nous ont parlé d'amour, de pitié, d'entraide, de compassion, d'appel au secours.... L'évocation  de toutes ces souffrances d'hommes, de femmes et d’ enfants vivant dans des conditions inhumaines, massacrées et tués sans que personne ne bouge....  A leur écoute tout le Forum était présent de "coeur" .

C'est pour cela qu'il faudra le refaire. Et le refaire encore, à Strasbourg, pour que naisse  au sein de cette ville emblématique, une nouvelle " Weltanschaung", une nouvelle manière de regarder le futur du  monde face aux grands défis de notre terre à l'aube du 21 ° siècle : famines, eau mal répartie, santé scandaleusement négligée, démographie déséquilibrée, religions dévoyées, etc.

Ces questions, nous le savons,  ne pourront pas  être résolues de manière pacifique sans une prise de conscience, tant au niveau individuel que collectif, au niveau du citoyen et des dirigeants, conscience impérieuse que l'histoire de l' humanité ne peut pas se poursuivre sans partager une   conscience d'universalité. Elle n'a que deux manières aujourd'hui d'imaginer son  futur: soit la confrontation, la guerre et  l'horreur soit l'organisation, la solidarité et la coopération entre les  "hommes de bonnes volonté ".

Il est temps de trouver un sens nouveau à la marche planétaire,  il est temps de trouver le chemin d'une  survie possible pour tous. Répétons que rien ne peut désormais  empêcher l'humanité d'aller  ou vers la prise de conscience de son unicité et de son interdépendance ou vers le chaos initial.

L'homme est conçu ( par qui ou par quoi ? comme  on voudra) pour vivre, donnons lui les moyens,  le plus longtemps possible.  Respectons les paramètres de la vie et du vivre ensemble. La Démocratie en est un, les Droits de l'Homme en sont un autre. Si l'homme dans son existence ne construit pas le futur des autres, à quoi, à qui, aura t-il finalement servi ?

 Je propose donc que le prochain FORUM de Strasbourg jette les bases d' UNE CHARTE UNIVERSELLE DU DROIT DE VIVRE. Les adverbes viendront après. »

Quant à l’équipe des contributeurs de Médiapart, elle n’en restera pas là. Elle compte bien œuvrer pour le renouvellement régulier de cet événement et faire des suggestions utiles et raisonnables, aux organisateurs, y compris au président de la République.

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