Eradiquer la grande précarité : création d'agences d'intérim publiques pour financer cela ?

           Suite à ma première réflexion, intitulée «Idées pour lutter contre l'extrême précarité», je vois bien que le problème majeur du financement de tels grands travaux reste le nerf de la guerre : trouver l’argent pour ce faire.

Utiliser les compétences des chômeurs et permettre un revenu universel de base est une première pierre faisant deux coups.

Néanmoins, cela ne résout pas le problème du financement d’une telle politique.

Me vient alors l’idée suivante : pourquoi ne pas créer des agences de travail intérimaire dirigées par l’Etat,la région, les collectivités locales et les communes, et dont les bénéfices seraient reversés au financement de cette politique de grands travaux pour éradiquer la grande précarité ?

L’idée serait de permettre à toutes les entreprises qui ne peuvent se permettre d’employer des gens à temps plein ou à temps partiel, avec la législation existante du travail, d'embaucher des gens pour des emplois le temps dont ils auraient besoin de personnel supplétif, pour des durées n'excédant pas 3.5h par jour ou 2.5 jours par semaine, faisant appel à ces agences intérimaires publiques appartenant à l’Etat, à la région, aux collectivités locales et à la commune.

Cette main d’œuvre serait allouée un peu plus chère que le prix du marché, afin de ne pas donner aux entreprises l’envie de ne plus passer par la législation normale du travail pour les temps partiels, mais qui pourrait quand même répondre aux besoins des entreprises pour satisfaire des besoins momentanés en main d’œuvre supplétive. Je pense à toutes les entreprises qui ont un coup de bourre pour assurer une livraison, pour des services de restauration, d’événementiels, etc…

Cela permettrait en plus à ces entreprises d’être plus robustes, et de moins mettre la clef sous la porte, faute d’avoir eu la main d’œuvre suffisante au bon moment, par une législation du droit du travail ne répondant pas à ces besoins momentanés, mais qui permettraient aux entreprises d’engranger des bénéfices stratégiques à leur survie durant les périodes plus creuses, où leur carnet de commandes se fait cruellement vide.

En plus, cela permettrait à ces entreprises de faire la connaissance de nouveaux profils potentiels à embaucher pour de bon dans le futur.

Pour les chômeurs, cela serait autant d’expériences en plus à ajouter à leur CV, sous forme de sprints Scrum-Agile, qu’ils pourraient faire valoir face aux DRH pour retrouver du travail au plus vite dans les meilleures conditions possibles.

Cela permettrait ainsi de financer de manière plus aisée des RSA passant à un demi-smic par mois.

Ce différentiel entre demi-smic et RSA pourrait être également octroyé aux chômeurs bénéficiant d’allocations chômage et acceptant ces jobs de 3.5h par jour ou de 2.5 jours par semaine.

Les personnes au RSA refusant de participer à tel travail d'utilité publique auraient le droit de ne pas le faire (il ne s'agit pas d'imposer à nouveau des STO), mais alors, ils n'auraient pas  le droit de pouvoir prétendre à ce salaire minimum de base, sauf sur justificatif de la médecine de travail. "Que celui qui ne veut pas travailler ne mange pas." disaient Lénine et St Paul!

Ca leur ferait toujours 250 euros en plus sur leur allocation chômage, ce qui n’est pas négligeable, avec des expériences dans leur secteur d’activité de préférence, à pouvoir rajouter sur le CV, leur permettant un contact privilégié avec des entreprises pouvant les embaucher pour de bon par la suite, quand elles cherchent à faire de nouveaux recrutements.

Les bénéfices provenant de ces agences de travail intérimaire publiques financeraient directement la politique d’éradication de l’extrême précarité, que j’ai proposée dans mon billet précédent, ainsi que ce revenu de base d’un demi-smic.

Des sites internet mettant en valeur les différentes compétences des chômeurs,  leur lieu géographique de disponibilité, et mettant en valeurs leurs expériences diverses et variées sous formes de sprints Scrum-Agile seraient en libre accès à tous les employeurs potentiels, à tous les utilisateurs internet.

On ne serait pas obligé de mettre le nom ou la photo de la personne, afin d’empêcher toute discrimination sur le nom ou sur le faciès.

Qu’en pensez-vous ?

 

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