Alsace d'abord en campagne

Alsace d’abord, parti proche du Bloc identitaire mais refusant l’étiquette d’extrême droite, espère dépasser largement son score de 9.4% obtenu en 2004. Pour cela, le mouvement régionaliste a lancé sa campagne l'an dernier. Au programme: tracts ciblés et collage d’affiches… à la sauvage.

Alsace d’abord, parti proche du Bloc identitaire mais refusant l’étiquette d’extrême droite, espère dépasser largement son score de 9.4% obtenu en 2004. Pour cela, le mouvement régionaliste a lancé sa campagne l'an dernier. Au programme: tracts ciblés et collage d’affiches… à la sauvage.

«Nous avons commencé le boîtage (distribution de tracts dans les boites aux lettres, ndlr) très tôt, en janvier 2009, avec 200-230 militants, explique Jacques Cordonnier, tête de liste et président d’Alsace d’abord, car il fallait que l’on compense notre absence au sein de la presse nationale.»

Différents tracts ont été imprimés, traitant de thèmes comme le travail le dimanche ou les minarets. «Nous avons imprimé des tracts avec des formulaires de réponses. Ainsi, on a constitué un fichier de gens dont on espère s’attacher la fidélité par courrier», raconte la tête de liste qui évoque le chiffre de 5000 personnes en deux ans. Avec une surprise: 3000 réponses au tract contre les minarets en Alsace, sorti après la votation suisse (en novembre dernier).

Côté distribution, ce sont les zones rurales, où le parti régionaliste a dépassé les 10% en 2004, qui sont privilégiées. Des villages où Jacques Cordonnier espère augmenter son score. Les villes, elles, seront couvertes «vers la fin».

La deuxième technique d’Alsace d’abord pour atteindre sa cible, ce sont les affiches, qui représentent, depuis vingt ans, une Alsacienne en costume traditionnel, bâillonnée. Et toujours le même slogan: «Rendons la parole à l’Alsace». Un visuel que l'homme politique juge «ancien mais pas ringard». Ce sont les jeunes du parti qui se sont chargés du collage dès juillet dernier. «Nous pouvons compter sur 200 jeunes actifs (une centaine d’après leur président, ndlr). Ils ont collé beaucoup d’affiches du Nord au Sud de l’Alsace.» Du collage «à la sauvage», souvent sur des piliers de ponts, qui a été beaucoup décrié. Mais Jacques Cordonnier défend ses troupes: «Nos affiches sont biodégradables, les tags en dessous restent jusqu’à ce que la DDE repeigne.»

Maryline Dumas

 

 

Une campagne nocturne

Au sein du parti régionaliste, ce sont les jeunes, réunis au sein de jeune Alsace, qui s'occupent du boitage et du collage, souvent de nuit. Regis Massini a suivi leur président, Nicolas de Lamberterie, lors d'une de ses tournées.

Régis Massini/Cuej

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