Petite comparaison des contributions socialistes (partie 1)

Pour l'instant je n'ai pas lu toutes les contributions. Je me suis contenté des suivantes. Et je donne mon avis personnel sur ce que j'ai lu et découvert. Ma grille de lecture est donc limitée aux aides, exemptions, exonérations de cotisations sociales dans l'entreprise , et à la démocratie sociale.

Pour l'instant je n'ai pas lu toutes les contributions. Je me suis contenté des suivantes. Et je donne mon avis personnel sur ce que j'ai lu et découvert. Ma grille de lecture est donc limitée aux aides, exemptions, exonérations de cotisations sociales dans l'entreprise , et à la démocratie sociale. C'est à dire la gouvernance des entreprises, les contre-pouvoirs. Pour moi ce sont deux sujets important, cela modifiera le fonctionnement des grandes entreprises, celles qui mettent la pression sur les PME et gaspillent 80% des 70 milliards d'aides.

Combattre et proposer: Ségolène Royal.
J'ai fait un billet sur les les propositions en terme d'aides et de gouvernance des entreprises.
Présence de salariés dans les conseils d'administration ( 30%) et de surveillance des grandes entreprises ( 50%), "non actionnaire" nous à précisé Jean-Louis Bianco lors de son interview.
Redéployer les aides vers les PME et les cibler sur une priorité : l'accompagnement dans leurs efforts de création, de renouvellement et d'investissement. L'octroi d'une aide publique doit être notamment subordonné à la prise de risque, à la création d'emplois et à l'investissement.
(...)
Mettre des conditions à l'accompagnement. Il faut poser en principe le caractère récupérable des aides publiques lorsque, finalement, les entreprises licencient ou délocalisent. L'État ne peut plus se permettre de générer des effets d'aubaine ou de renoncer à exiger des comptes de la part des bénéficiaires des aides qu'il distribue.
(...)
Un effort complémentaire est nécessaire. Il pourrait être financé par l’instauration d’un bonus/malus qui permettrait de responsabiliser davantage les entreprises en leur faisant supporter une partie des coûts sociaux engendrés par leurs décisions.
Les aides seront accordées en fonction de critères sociaux, et soumis à contrôle. On pourra exiger des comptes de la part des bénéficiaires.
Reconquêtes: Hamon et Emmanueli.
Rien sur les Conseils d'administration et Conseil de Surveillance, pas de notion de représentation des salariés. Et rien sur l'ajustement des aides aux entreprises en fonction de critères sociaux, ou leur remboursement. Pourtant il parait que c'est l'aile gauche du PS : Là je suis assez déçu, et presque étonné.
CCC : Bertrand Delanoe et ses amis.
La on ne trouve pas de précision du % dans les CA et CS, et c'est avec une hypothèse "OU". Pourtant il s'agit de la contribution de Bertrand Delanoe. Serait-il donc plus à gauche que Benoit Hamon?
Une première mesure s’impose : conditionner les aides aux entreprises, et particulièrement les exonérations de charges, à l’engagement et à l’aboutissement de négociations salariales. Nous proposons en outre la réduction de ces avantages pour les entreprises et les branches professionnelles dont les salaires minimums conventionnels restent inférieurs au SMIC
Tous les salariés doivent pouvoir être représentés, quel que soit le statut et la taille de l’entreprise dans laquelle ils travaillent. La démocratie sociale passe aussi par un pouvoir accru des salariés dans l’entreprise, face à celui des actionnaires. Une représentation syndicale des travailleurs dans les conseils d’administration ou dans les conseils de surveillance des grands groupes leur donneraient accès aux informations décisives, leur permettant de peser à temps sur les choix stratégiques de l’entreprise (emploi, développement, conditions de rémunération des actionnaires et des salariés)
.
Tout cela semble correct, même si un peu imprécis. Mais plus loin dans le PDF je trouve cette phrase qui m'effraye :
il faut une action publique forte qui facilite la fluidité du marché du travail en direction des nouvelles PME
Le marché de l'emploi n'est donc pas assez fluide pour les auteurs de cette contribution. Il ne sert à rien de donner plus de pouvoir aux syndicats notamment dans les grandes entreprises si on précarise plus les salariés dans les "nouvelles PME" . Cela revient à créer une dualité: d'un coté des salariés informés et bien payés et de l'autre des salariés de PME soumis à fluidité. Tout cela est donc troublant.
Besoin de gauche: Mo&Mo , Moscovici et Montebourg
Pas de mention des conseils d'administration ou de surveillance, ou de réduction des aides. On reste sans précisions, dans le flou, le marais. C'est assez décevant.
Nous devons repenser notre politique d’allègements fiscaux et sociaux de sorte qu’elle ne facilite ni la stagnation des bas salaires, ni l’envolée des hautes rémunérations. Nous devons rendre effectifs les droits élémentaires des citoyens salariés : celui de ne pas souffrir, de se défendre efficacement, d’être préparés aux évolutions des métiers et de l’entreprise, d’être valorisés pour leurs apports. Une de nos toutes premières priorités sera de repenser les méthodes, le rôle, le jeu et les moyens des acteurs, de renforcer la présence et le rôle des syndicats, de valoriser les entreprises citoyennes qui respectent les salariés tout en travaillant à l’harmonisation progressive de nos politiques au niveau européen.
Urgence Sociale: Larrouturou.
Même si c'est un partisan de la RTT à 4 jours , ce qui vaut un houra, on ne trouve rien sur les Conseils d'administration et de surveillance. D'après une source interne, c'est lié à un manque de temps. Dommage la contribution fait dans la démonstration des mensonges sarkozien et les dérèglements du système .
Pour augmenter l’effet sur l’emploi et pour limiter la pression mise sur les salariés, il faut absolument que les exonérations (exonérations des cotisations Unedic pour l’essentiel) soient conditionnées à des créations d’emplois
UTOPIA
Je vous conseille de la lire en détail , cette contribution est très alter-dévellopement et orientée économie sociale. Elle apporte du sang neuf, en expliquant par exemple qu'elle est contre l'appropriation collective des moyens de production par l'état mais pour une version sociale. Voilà de quoi rajouter un peu de collectivisme 2.0 dans le logiciel socialiste. Voilà une autre boite à idées, comme Larrouturou. Je suis pour, même si je n'ai pas voté pour eux.
Nous limiterons le champ de la sphère marchande tout en l’encadrant par des normes sociales, environnementales. Si la rationalité des principaux acteurs et notamment l’espérance d’une rentabilité du capital pour l’entreprise s’exercera toujours dans cette sphère, elle sera limitée, encadrée. Chaque fois que cela est possible, nous inciterons les entreprises à produire de façon localisée leurs différentes productions.
Nous favoriserons l’appropriation collective, démocratique, relocalisée et décentralisée des moyens de production via notamment une socialisation de l’investissement. Cette appropriation permettra notamment un développement de l’économie sociale etsolidaire et une réduction progressive du rôle aujourd’hui central des marchés financiers.

AUBRY

 

identique a quelques détails près à la proposition de Ségolène Royal. le détail sur le SMIC nous a été confirmé par Jean-Louis Bianco en interview. Ceci montre qu'il existe des convergences sur le contenu des contributions et qu'on ne fait que trop de bruit au sujet des égos.


Il faut rééquilibrer la répartition des fruits de la croissance au profit des salaires en commençant par le SMIC qui devra être revalorisé régulièrement et très substantiellement. Les négociations devront être encouragées, en conditionnant le versement des exonérations de charges à la conclusion d’accords salariaux.
Il faut en premier lieu s’attaquer à la précarité des emplois, qui n’est bonne ni pour ceux qui la subissent, ni pour les entreprises. Le CDI doit redevenir la règle : nous proposons d’instaurer, comme cela existe dans le domaine du handicap, un prélèvement pour les entreprises dont la proportion d’emplois précaires dépasse un certain seuil, seuil qui pourrait être adapté par branche professionnelle, par la négociation, en fonction des nécessités. Les entreprises qui s’engageraient dans un plan de résorption de l’emploi précaire en seraient exonérées. Le prélèvement servirait à les y aider, et à mieux indemniser les salariés victimes de la précarité.
Il faut aussi s’interroger sur la gouvernance d’entreprise : nous sommes favorables à aller vers la parité dans les conseils d’administration des grandes entreprises ce qui aurait pour avantage aussi d’apporter un renouvellement. Des représentants élus des salariés doivent également pouvoir siéger dans les organes de gouvernance des entreprises (conseil d’administration ou conseil de surveillance)

Melenchon
suppression des exemptions de cotisations sociales et relevement limité pour équilibrer les retraites, cotisations sur les stocks-options.
Rien d'autre ! La vielle gauche du PS est usée, fatiguée. C'est navrant. Tout comme la présentation de cette contribution, deux colonnes de textes, peu de mise en page, pas de couleurs. Il ne manque que les barbelés dont Benoît Hamon avait parlé.
LIENMAN
Sur les aides aux entreprises , une idée pertinente que j'ai développé à plusieurs reprises devant des potes: Les aides doivent être contractualisées et soumises à condition qui impliquent un remboursement qui pourrait impliquer une valorisation sous forme de capital. C'est ce que font les banques d'affaires. Faisons pareil !
D'autres structures pourraient être créées, tantôt à capitaux publics, tantôt en lien avec le secteur mutualiste ou des acteurs privés. Les aides aux entreprises devraient, le plus souvent possible, s'opérer sous forme de prise de capital
Sur l'impôt sur les bénéfices qui serait réduit si ceux-ci sont réinvestis, mais avec du donnant-donnant : On réduit tes impôts si tu payes mieux tes salariés. Personnellement je préférais faire payer plus, ceux qui ne sont pas dans le donnant-donnant.
En échange de l’impôt très faible sur les bénéfices réinvestis (cet impôt représente actuellement près de 30 milliards d’euros pour l’État), nous devrons supprimer la plus grande partie des allégements de cotisations sociales accordés depuis 20 ans (pour un résultat incertain, voire nul, selon l’aveu même des experts) et obtenir une hausse significative des salaires. Concernant les cotisations patronales, le choix d’une autre assiette, fondée sur la valeur ajoutée, bien définie pour ne pas pénaliser l’investissement, permettrait de ne pas désavantager les entreprises qui parient sur le savoir et le savoir-faire

Par contre rien sur les conseils d'administration et de surveillance. Honte à eux ! Et quid de l'ajustement des cotisations avec un système de bonus-malus ? On oublie.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.