Quel monde associatif demain?

Troisième défi pour une pleine reconnaissance des associations : la coopération.

La crédibilité des associations ne peut être confortée que si l’inter-coopération au sein de l’économie sociale et solidaire est améliorée. Le déficit sur ce plan est patent, les solidarités entre les formes les plus institutionnalisées et les formes plus émergentes ne sont pas véritablement opérantes, pire sous le discours de la complémentarité s’immisce souvent la réalité de la compétition. De plus, l’irruption d’une acception dépolitisée de l’entreprise sociale conçue comme un capitalisme à but social ou d’intérêt général met en avant la moralisation d’un système inchangé. Elle débouche sur une surestimation du professionnalisme gestionnaire dans laquelle se perdent certains dirigeants adeptes du managérialisme, ce système d’interprétation du monde à partir de la catégorie de la performance.

Il existe aussi des raisons plus anciennes qui handicapent la collaboration entre entités de l’ESS parmi lesquelles la hiérarchisation entre les statuts juridiques.  L’économie sociale a opté pour le modèle coopératif ou mutualiste, marginalisant les configurations associatives, ce qui n’est guère tenable au moment où 80% des emplois dans l’ESS se trouvent dans les associations. L’ESS ne peut donc trouver un sens que si elle se délivre des conformismes et pesanteurs héritées pour se renouveler par sa visée d’émancipation. Certes, elle assure des fonctions correctives mais elle ne saurait se borner à celles-ci, sa spécificité tient à un couplage entre réparation et changement démocratique.

En librairie le 6 mai 2021 En librairie le 6 mai 2021

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