Belo Monte : Les Munduruku expulsent les chercheurs de la terre indigène à Jacareacanga

Environ 25 chercheurs ont été expulsés de la terre indigène Munduruku par les propres indigènes ce samedi 22 juin, à Jacareacanga, extrême ouest du Pará. Les techniciens recueillaient des échantillons de la faune et de la flore de la région pour les études environnementales et de viabilité des usines hydroélectriques du rio Tapajós, qui affecteront le territoire Munduruku.

Selon les indigènes, les chercheurs utilisaient des uniformes de l'entreprise Concremat, qui travaille pour le Consortium Grupo de Estudos Tapajós (groupe d'études), dirigé par les entreprises Camargo Correia, GDF Suez (1), Eletrobras et Eletronorte, entre autres.

"Nous avons fait une action politique de résistance. Nous savions qu'il y avait des chercheurs dans la région, depuis au moins deux mois... Nous sommes allés les chercher et nous les avons ramenés en ville. Voilà ce qu'il s'est passé" explique Valdenir Munduruku, qui participait à l'opération.

"Ils étaient divisés en deux équipes, une de pêche et l'autre de forêt. Nous avons rencontré l'équipe de pêche près du village Amanhanã. Nous avons ramené le chef des équipes à Jacareacanga, avec deux autres, afin qu'ils ramènent tous les chercheurs en ville", relate-t-il.

“Tout s'est bien passé. Ils (les chercheurs) n'imaginaient pas... Nous avons discuté avec eux, tout est resté tranquille. Maintenant nous attendons qu'ils arrivent tous, ainsi que le coordinateur qui vient d'Itaituba. Nous n'allons pas les laisser continuer ce travail", dit Valdenir.

Selon la déclaration du porte-parole du grand chef du peuple Munduruku, Jairo Saw, "les chercheurs en sont déjà à la quatrième étape de l'étude, déjà dans la phase finale prévue en novembre afin qu'ils présentent le rapport final de l'EIA – RIMA (étude d'impact environnemental)."

Dans une note publique datée du 22 juin, les Munduruku affirment que le gouvernement savait déjà que les indigènes ne permettraient pas l'entrée des chercheurs sur leur territoire. "Nous allons libérer ce groupe pacifiquement, mais nous vous prévenons que nous ne tolérerons plus cette attitude du gouvernement et des entrepreneurs qui veulent construire des barrages", ponctue le document, qui exige la suspension "toutes les études et recherches liées avec les barrages et rios Tapajós et Teles Pires' de la part du gouvernement.

Les indigènes craignent une action violente de la Force Nationale, qui est arrivée aujourd'hui (22/06) à Jacareacanga, avec un avion de la FAB (armée de l'air brésilienne). "Nous espérons que ces militaires ne sont pas venus pour nous attaquer, mais au contraire pour défendre le droit à notre terre, à la loi et à la constitution", argumente la carte.

Publié le 22 juin 201 - par Ruy Sposati - Traduction Haut Fay

Source : Xingu vivo - http://www.xinguvivo.org.br/2013/06/22/munduruku-expulsam-pesquisadores-de-terra-indigena/

Note : Il est intéressant de voir que l'entreprise française GDF Suez participe à ces pseudos recherches environnementales, premièrement parce que l'entreprise est en train de construire un barrage hydroélectrique au Brésil à Jirau, et deuxièmement, parce que cela signifie que GDF Suez a certainement l'intention d'en construire d'autres... Occupy GDF Suez ?

Voir l'article précédent sur GDF Suez et son projet de barrage mortifère, hélas, déjà bien avancé : http://blogs.mediapart.fr/blog/bob-92-zinn/280513/gdf-suez-et-odebrecht-prevoient-d-inonder-1700-hectares-de-foret-pour-le-barrage-hydroelectrique-de

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