Des eurodéputés pour une loi d’abolition de la prostitution en France

Sophie Auconie (UDI), Sylvie Guillaume (PS), Nicole Kiil-Nielsen (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (FdG) sont signataires, avec une cinquantaine d'eurodéputés, de l’Appel de Bruxelles, qui demande aux pays d'abolir la prostitution. « Nous attendons de la France qu’elle concrétise son engagement par une loi d’abolition forte, montrant l’exemple pour l’Europe », écrivent-ils. 

Sophie Auconie (UDI), Sylvie Guillaume (PS), Nicole Kiil-Nielsen (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (FdG) sont signataires, avec une cinquantaine d'eurodéputés, de l’Appel de Bruxelles, qui demande aux pays d'abolir la prostitution. « Nous attendons de la France qu’elle concrétise son engagement par une loi d’abolition forte, montrant l’exemple pour l’Europe », écrivent-ils. 


La question de la prostitution n’est pas seulement d’actualité en France ; elle l’est également au niveau européen. Avant la fin de la législature actuelle, le Parlement européen sera amené à voter un rapport intitulé Exploitation sexuelle et prostitution, et conséquences sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Le Parlement européen, qui regroupe aujourd’hui plus de 700 eurodéputé-e-s de tous les pays et de toutes les colorations politiques, a déjà exprimé à plusieurs reprises sa vision du phénomène prostitutionnel. En 2006, le Parlement identifiait l’existence de marchés de prostitution locaux comme l’un des facteurs principaux qui permettent la traite internationale des femmes et des enfants, et demandait aux Etats membres de l’Union européenne de combattre l’idée selon laquelle la prostitution serait assimilable à un travail. En 2009, notre institution a affirmé que la tolérance manifestée à l'égard de la prostitution en Europe ne fait qu'accroître l'arrivée en Europe de femmes exploitées à des fins sexuelles, ainsi que le tourisme sexuel. Enfin, une résolution de février de cette année, en lien avec les négociations onusiennes sur les droits des femmes, a inscrit la prostitution au titre des nombreuses formes de violences faites aux femmes en Europe.

Les prises de position du Parlement européen constituent un engagement politique pour l’abolition de la prostitution autour de valeurs communes d’égalité, de dignité et de droits humains. Nous sommes issu-e-s de quatre des principaux partis politiques européens, nous partageons ces valeurs car notre conviction est fondée sur un projet de société solidaire, humain et respectueux. Notre réflexion s’appuie sur la réalité de la prostitution dans les différents pays d’Europe : de la réussite du modèle suédois à changer les mentalités, promouvoir l’égalité femmes-hommes et réduire la traite, à l’échec actuel des modèles allemand et néerlandais, qui ont ouvert la porte à l’exploitation généralisée en normalisant la prostitution et l’achat de services sexuels.

Avec une cinquantaine d’eurodéputé-e-s de différents pays et des principaux partis politiques européens, nous sommes signataires de l’Appel de Bruxelles, qui demande aux pays d'aller vers l'abolition de la prostitution et fait référence à la Convention des Nations Unies de 1949 : « La prostitution et le mal qui l'accompagne, à savoir la traite des êtres humains, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine. » C’est ce texte fondateur qui a posé l’engagement abolitionniste de la France, et qui fait aujourd’hui s'engager notre pays dans un débat qui place les droits humains au cœur de la réflexion sur la prostitution et que nous soutenons. Nous attendons de la France qu’elle concrétise son engagement par une loi d’abolition forte, montrant l’exemple pour l’Europe. Nos collègues eurodéputé-e-s nous regardent : prouvons-leur que la France sait mettre en place des lois audacieuses motivées par l’intérêt commun, la solidarité et l’égalité. 

Sophie Auconie (UDI)

Sylvie Guillaume (PS)

Nicole Kiil-Nielsen (EELV)

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)

 

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