Jeunesse, la priorité oubliée

Malgré les engagements de François Hollande, le Forum français de la jeunesse constate que « la reproduction des politiques antérieures l’a emporté » avec les mêmes schémas « qui ne fonctionnent pas ». Parmi les 50 propositions élaborées par ce forum qui regroupe 19 organisations, trois permettraient très vite de « recrédibiliser la parole politique, réduire la pauvreté et permettre une meilleure participation des jeunes ».

Malgré les engagements de François Hollande, le Forum français de la jeunesse constate que « la reproduction des politiques antérieures l’a emporté » avec les mêmes schémas « qui ne fonctionnent pas ». Parmi les 50 propositions élaborées par ce forum qui regroupe 19 organisations, trois permettraient très vite de « recrédibiliser la parole politique, réduire la pauvreté et permettre une meilleure participation des jeunes ».


Le constat est connu mais continue à s’accentuer à mesure que le temps passe. La précarité de la jeunesse avance, de même que sa défiance envers le politique. Près de 50 % des personnes pauvres ont moins de 30 ans et 73 % des jeunes ne sont pas allés voter aux élections européennes. Alors que près d’un jeune sur deux pense que sa vie sera pire que celle de ses parents, un sentiment de révolte se développe et 61 % des jeunes affirment qu’ils seraient prêts à participer à un mouvement de contestation « type Mai-68 ».

Dans le même temps, les jeunes Français n’ont jamais été si éduqués, intéressés par les questions politiques et engagés. Ainsi, 73 % des jeunes ont le bac en 2013, contre 30 % en 1980. 55 % des 15-30 ans déclarent que la politique est importante dans leur vie et, entre 2010 et 2013, leur engagement bénévole a augmenté de 32 %.

Face à ce constat, comment ne pas se souvenir des mots de François Hollande faisant de la jeunesse la première priorité de son quinquennat : « Je ferai que la jeunesse soit la seule priorité qui vaille pour notre pays. » Fortes de ces engagements, les organisations de jeunes rassemblées ont formulé un certain de nombre de propositions à destination du gouvernement, notamment dans le cadre des comités interministériels de la jeunesse de février 2013 et mars 2014. Ce fut là le seul début de changement, enfin des jeunes – porteurs d'une parole collective – interlocuteurs face au gouvernement. Nous avons à nouveau cru à l'ambition inscrite : « Reconnaître les jeunes comme acteurs à part entière » et « privilégier le droit commun pour l'accès des jeunes aux droits sociaux ».

Pourtant, deux ans après, force est de constater que la reproduction des politiques antérieures l’a emporté. Même reproduction des schémas qui ne fonctionnent pas, même empilement de dispositifs, même promesses qui éloignent un peu plus la jeunesse de ses représentants.

Il est alors indispensable de changer de paradigme afin de refonder un modèle qui ne considère plus les jeunes comme porteurs de problèmes mais de solutions et d’opportunités. Ce constat est partagé, les réponses et propositions montrant une volonté d’aller plus loin ne manquent pas (rapport Charvet de 2000, Livre vert de Martin Hirsch de 2009 et nombreux travaux plus actuels encore).

La question qui se pose désormais est alors de savoir ce qu’il manque. Est-ce le courage politique ou les moyens ? Que répondre aux jeunes alors que, dans le même temps, des priorités moins affichées, telles le Pacte avec les entreprises ou la baisse récente des impôts, se calculent en milliards d’euros ?

Afin de montrer rapidement aux jeunes Français leur importance au sein de la société, les principales organisations de jeunes, rassemblées au sein du Forum français de la jeunesse, ont construit 50 propositions. Parmi celles-ci, trois peuvent très vite recrédibiliser la parole politique, réduire la pauvreté et permettre une meilleure participation des jeunes :

– Ouvrir le RSA aux moins de 25 ans et instaurer une réelle garantie des loyers pour les jeunes afin de parer leur grande précarité ;

- Mettre en place un Chèque santé national ainsi qu’un Pass-contraception permettant l’accès de tous les jeunes à la santé ;

- Instaurer le non-cumul des mandats dans la durée et permettre l’inscription sur les listes électorales jusqu’à dix jours avant les scrutins.

Lors de son premier discours en tant que président de la République, François Hollande avait affirmé : « Chacun de mes choix, chacune de mes décisions se fondera sur ces seuls critères : est-ce juste et est-ce vraiment pour la jeunesse ? » En ce sens, il est impératif d’agir concrètement et rapidement pour donner une réelle portée à la priorité jeunesse et que chaque jeune se sente partie prenante de notre société.

Forum français de la jeunesse, qui rassemble les 19 principales organisations gérées et animées par des jeunes. 


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.