À l’assaut critique d’«Un village français»

Mediapart se propose d’abriter de vifs débats, vos débats, au sujet de la série télévisée « Un village français » – chronique d’une sous-préfecture imaginaire sous l’Occupation, qui entame cet automne sa septième et ultime saison. Présentation du projet avec l’historien Denis Peschanski et le philosophe Bernard Stiegler…

Et si nous nous disputions, au sens noble du mot dispute (échange d'arguments contradictoires sur un sujet donné), à propos d'un objet longtemps jugé ignoble : la télévision ? Et si nous prenions au sérieux ce qui relève de l'air du temps tout en le fabriquant : une série télévisée – en l'occurrence Un village français ?

Depuis 2009, cette œuvre audiovisuelle (« concept » pour les uns, « produit » pour les autres), qui décrit la vie des habitants de Villeneuve – sous-préfecture fictive du Jura – pendant la Seconde Guerre mondiale, rassemble bon an mal an quatre millions de téléspectateurs sur France 3.

Le lanceur de série – comme il est des lanceurs d'alerte – est Frédéric Krivine. Neveu d'Alain, né en 1959, diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1980, il a quitté la presse pour devenir scénariste. Principal auteur et directeur d’écriture d'Un village français, il s'était fait la main avec PJ, diffusée sur France 2 entre 1997 et 2009.

Écriture collective pour un feuilleton choral : voilà comment est appréhendée la situation complexe, ambivalente et néanmoins cruelle des Français entre 1940 et 1945. Histoire de restituer l'épaisseur de ces temps confus, une quinzaine de personnages s'entrecroisent pour offrir une complexité narrative et donner à réfléchir (Robin Renucci campe le médecin devenu maire de Villeneuve, Daniel Larcher ; Audrey Fleurot incarne son étonnante épouse, Hortense Larcher ; Thierry Godard interprète le rôle d'un directeur de scierie entré dans la résistance, Raymond Schwartz, dont la comédienne Emmanuelle Bach – fille de Jean-Pierre Elkabbach – jouait la femme, Jeannine Schwartz...).

L'historien Jean-Pierre Azéma et son éternelle écharpe (plagiée plus tard par le folliculaire Christophe Barbier)... L'historien Jean-Pierre Azéma et son éternelle écharpe (plagiée plus tard par le folliculaire Christophe Barbier)...
Last but not least, Jean-Pierre Azéma est de cette aventure comme conseiller historique, assumant une fonction de coryphée, commentant et contextualisant l'action. Les questions qui se posent – voire qui devraient ou ne devraient pas se poser – ont de surcroît fusé sur un forum mis en place par France 3 (voir ici).

Et c'est là qu'interviennent les chercheurs transdisciplinaires du projet Epistemè. Ils ont pris Un village français pour objet d'études. Et ils vont, dans les colonnes électroniques de Mediapart, lancer des débats publics – comme le détaillera dans un billet de cette édition participative, mercredi 21 septembre, l'historien Sébastien Ledoux.

En attendant et en guise d'amuse-cerveaux, l'historien Denis Peschanski (CNRS) et le philosophe Bernard Stiegler (IRI) vous présentent les enjeux et l'économie générale de cette saison de controverses qui s'ouvre dans Mediapart, tel un bouquet final accompagnant le dernier cycle d'Un village français. Groupons-nous et demain, le regard critique sur la télévision sera le genre humain !...

© Mediapart

Dans la vidéo ci-dessus, il est question d'essayistes ou de journalistes ayant forgé notre sens commun (Christian Bernadac et Henri Amouroux précédés de Robert Aron) auxquels s'oppose en 1973 le maître livre de Robert Paxton, La France de Vichy (Ed. du Seuil, traduction de Claude Bertrand, préface de Stanley Hoffmann).

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