Lussas bascule dans le voyeurisme et l’expérimental avec la rétro Dwoskin

Ce fut sans doute le moment de bravoure des Etats généraux du documentaire 2008, celui dont on se souviendra encore dans quatre ou cinq ans, lorsque l'on retournera à Lussas, les cheveux un peu plus blancs : la projection, mercredi et jeudi 20 et 21 août, d'une dizaine d'œuvres décisives d'un cinéaste américain d'origine russe, mal connu en France mais loué à l'étranger, Stephen Dwoskin.

Ce fut sans doute le moment de bravoure des Etats généraux du documentaire 2008, celui dont on se souviendra encore dans quatre ou cinq ans, lorsque l'on retournera à Lussas, les cheveux un peu plus blancs : la projection, mercredi et jeudi 20 et 21 août, d'une dizaine d'œuvres décisives d'un cinéaste américain d'origine russe, mal connu en France mais loué à l'étranger, Stephen Dwoskin.

 

Pour présenter le travail encore confidentiel de Dwoskin, partiellement édité en DVD il y a deux ans dans un luxueux coffret des Films du Renard, nous avons rencontré Cyril Neyrat, rédacteur en chef de la revue de cinéma Vertigo et critique aux Cahiers du Cinéma. Il déroule le parcours de l'artiste né en 1939, depuis l'underground new-yorkais jusqu'à sa maison-studio de Londres, et revient sur certains des beaux films radicaux montrés en Ardèche.

 

Tout commence au début des années 60, dans le milieu de l'underground new-yorkais, en compagnie des avant-gardistes Jonas Mekas et Jack Smith.

 

 

 

Dwoskin décide ensuite de s'installer à Londres, où il fonde, avec d'autres, vers la fin des années 60, une coopérative de cinéastes. Son cinéma obsédé par le corps de la femme s'éloigne des œuvres confidentielles des débuts. A partir des années 70, son handicap s'alourdit - Dwoskin est atteint de poliomyélite depuis l'âge de neuf ans. Il va progressivement «intégrer ce handicap à son travail de cinéaste», pratique débouchant sur d'étonnantes audaces plastiques.

 

 

 

Depuis peu, Dwoskin a découvert la vidéo, et «renoue avec l'intensité expérimentale de ses débuts», à travers une œuvre plus intimiste.

 

 

 

Parmi les films projetés à Lussas, Intoxicated by my illness a été réalisé en 2001 durant un passage de Dwoskin aux soins intensifs.

 

 

 

Dans le triptyque Nightshots, 1,2,3, l'une de ses toutes dernières œuvres (2007), il atteint des sommets d'érotisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour prolonger cet entretien :

  • L'indispensable coffret de 5 DVD (14 films) de Dwoskin, édité en 2006 aux éditions du Renard - 99 euros (avec frais de port).
  • Sur Mediapart.fr, en exclusivité, Phone portrait, un court-métrage de Dwoskin, tourné sur son téléphone portable, et projeté au festival Pocket Films, à Beaubourg, en juin dernier.
  • Une émission de Claire Vassé sur France Culture, consacrée à Dwoskin, que l'on peut écouter ici.
  • L'intégralité de l'entretien avec Cyril Neyrat :

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