L'affaire Karachi dans Mediapart

Jacques Chirac s'inclinant devant les cercueils des victimes de l'attentat de Karachi © Elysée Jacques Chirac s'inclinant devant les cercueils des victimes de l'attentat de Karachi © Elysée
Retrouvez ci-dessous, en cliquant sur les titres, tous les articles et révélations de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme sur l'affaire de Karachi.

 

 

 

 

Ventes d'armes: la corruption au cœur de la République

(publié le 13 septembre 2008)
Les juges Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin, qui enquêtent sur un dossier de corruption dans le milieu de l'armement français, découvrent de nombreux éléments pouvant déboucher non pas sur une mais plusieurs affaires d'Etat. Déjà apparaissent les noms de plusieurs hommes politiques de haut rang: Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Edouard Balladur, Charles Millon... Nos révélations.

 

Les mystères de l'attentat de Karachi remontent à l'Elysée

(13 mai 2009)

Le collectif des familles de victimes de l'attentat de Karachi, au Pakistan, qui a fait quatorze morts dont onze Français employés de la Direction des constructions navales (DCN) en mai 2002, hausse le ton. Dans une lettre envoyée le 8 mai au président de la République, dont Mediapart a pu prendre connaissance, les familles demandent à Nicolas Sarkozy de «passer aux actes» et «d'affirmer la réelle volonté de l'Etat français à voir ce dossier avancer avec votre soutien sans faille».

 

Dès 2002, la DGSE a mené une opération de «représailles» contre des militaires pakistanais

(19 juin 2009)

Selon les informations de Mediapart, les services secrets français ont mené en 2002 une opération de représailles – «casser des genoux» – contre des militaires pakistanais suspectés d'être impliqués dans l'attentat de Karachi. Cette information a été confirmée devant un juge antiterroriste par l'ancien agent de la DST, Claude Thévenet pour qui l'attentat aurait été causé par le non-versement de commissions dues par l'Etat français, sur fond de règlement de comptes entre chiraquiens et balladuriens. C'est aujourd'hui la thèse privilégiée par les juges.

 

Les révélations d'un ancien des services secrets

(19 juin 2009)
Mediapart peut révéler l'identité de l'auteur du rapport «Nautilus», une note anonyme saisie à la Direction des constructions navales (DCN) qui affirme que l'attentat de Karachi de 2002 était lié à une affaire de commissions occultes impliquant des hommes politiques français. Il s'agit de Claude Thévenet, un ancien membre des services secrets français. L'enquête sur l'attentat est ainsi relancée. Elle prend la tournure d'une affaire d'Etat, suivie de près à l'Elysée.

 

Les révélations de l'homme qui a bloqué les commissions

(26 juin 2009)
La piste des commissions – et rétro-commissions – occultes dans l'affaire de l'attentat de Karachi ne cesse de se préciser. Le consultant en sécurité Frédéric Bauer, ancien policier réputé proche de Jacques Chirac, a déclaré à Mediapart avoir été officiellement missionné «par les plus hautes autorités de l'Etat» pour mettre un terme, en 1996, au versement d'une partie des commissions dues par la France dans le cadre du contrat d'armement avec le Pakistan. Le blocage de ces versements, sur fond de guerre Chirac/Balladur, pourrait être le mobile de l’attentat contre la DCN qui fit quatorze morts, le 8 mai 2002.

 

Edouard Balladur est directement impliqué

(2 juillet 2009)
Abdulrahman El-Assir a été l'un des principaux intermédiaires payés par la France dans le cadre de plusieurs grands contrats d'armement internationaux, dont celui de la vente de sous-marins au Pakistan. Il est suspecté de longue date par les services secrets français de s'être livré à des activités illégales (blanchiment, trafic de drogue et d'armes...), mais aussi d'entretenir des «relations financières» avec l'ancien premier ministre Edouard Balladur, selon des informations recueillies par Mediapart.

 

«Je suis pris dans une affaire d'Etat», nous déclare Claude Thévenet

(6 juillet 2009)
En exclusivité, l'un des hommes-clés de «l'affaire de Karachi» s'exprime pour la première fois. Ancien agent de la DST, Claude Thévenet est l'auteur des rapports «Nautilus» révélant que l'attentat de Karachi pourrait avoir eu pour cause le blocage de commissions, sur fond de guerre Chirac/Balladur. Il en dit plus sur ses sources, dont il assure qu'elles sont «fiables», et maintient que la thèse avancée par lui dès septembre 2002 est crédible.

 

La colère des familles de victimes contre l'Elysée

(19 septembre 2009)

Dans une lettre ouverte adressée à Mediapart et destinée au président de la République, le collectif des familles des victimes de l’attentat de Karachi dénonce « le soutien inexistant » de l’Etat et exige que Nicolas Sarkozy les reçoive, comme il s’y était engagé. Nous révélons par ailleurs que le site internet de l’Elysée a fait disparaître du compte-rendu intégral d'une conférence de presse du président, en juin 2009, à Bruxelles, un passage embarrassant: celui où M. Sarkozy évoquait «la douleur de familles et de trucs comme ça»

 

La DCN confirme la piste des rétrocommissions en France

(16 octobre 2009)

Les juges d’instruction Marc Trévidic et Yves Jannier, chargés de l’enquête sur l’attentat de Karachi, disposent désormais au dossier de deux documents explosifs issus de la Direction des constructions navales (DCN). Ils confirment, noir sur blanc, la piste du versement de rétrocommissions en 1994-1995 à des responsables politiques français en marge d’un important contrat d’armement avec le Pakistan, selon des témoignages et documents exclusifs recueillis par Mediapart.

 

Le cri de colère d'un survivant de l'attentat

(19 octobre 2009)

Il n'y a pas que les volets criminel et financier dans l'affaire de Karachi. Il y a aussi la question de savoir comment les survivants de l'attentat, qui a causé le 8 mai 2002 la mort de quinze personnes dont onze employés français de la Direction des constructions navales (DCN), ont été traités par leur employeur après l'événement. Dans un entretien à Mediapart, l'un des douze blessés graves de Karachi, Gilles Sanson, a décidé de sortir du silence. Il dénonce les carences de la DCN dans sa gestion du dossier, entre indemnisation en dessous des seuils et refus d'ouvrir des procédures (pourtant obligatoires) en interne. «On s'est fait duper par l'Etat», affirme-t-il.


Ce que révèlent les notes déclassifiées de la DGSE

(3 novembre 2009)

La DGSE a émis de sérieux doutes dès le printemps 2002 sur l’implication d’Al-Qaida, jugeant que «la responsabilité de groupes pakistanais opposés à la politique de Musharraf [était] la plus probable». Mais elle a ensuite changé d’avis. Dans un document du 3 février 2009, alors que les juges avaient délaissé depuis plusieurs mois la piste du terrorisme islamiste international pour s'orienter vers celle d'un contentieux financier franco-pakistanais sur fond de corruption, les services secrets français écrivent, non sans ambiguïté: «Si l’identité du commanditaire demeure inconnue, son appartenance à Al-Qaida ne fait aucun doute.»

 

Un ex-responsable de la DCN ouvre la piste indienne

(4 novembre 2009)

Jean-Marie Boivin, un ancien responsable financier de la Direction des constructions navales (DCN), a fait le 23 octobre des déclarations spectaculaires aux juges chargés de l’enquête sur l’attentat de Karach. Il suggère que l’attaque pourrait avoir été commanditée par des militaires pakistanais, furieux que la France ait vendu des sous-marins à la marine indienne. M. Boivin a révélé l’existence, dans le contrat Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan en 1994), d’une «contre-lettre», c’est-à-dire une clause confidentielle, par laquelle la France s’engageait à ne pas vendre ce type de matériel à New Delhi.

 

Depuis la Suisse, des rétrocommissions vers des politiques français ?

(5 novembre 2009)

Selon des informations recueillies par Mediapart, la justice genevoise a discrètement enquêté sur les arrière-plans financiers du contrat Agosta (la vente de sous-marins français au Pakistan en 1994) et détient des documents susceptibles de faire progresser l'instruction judiciaire française sur l'attentat de Karachi, commis en mai 2002. Certains des flux bancaires découverts ont eu pour destination la France, renforçant les soupçons sur l'existence de rétrocommissions. Un ancien avocat de l'Etat pakistanais installé à Genève, Jacques Python, au cœur du dossier pendant des années, a déclaré à Mediapart: «Je suis prêt à dire ce que je sais et à donner ce que j'ai à la justice française. Il faut que la vérité éclate.»

 

Un témoin pointe le rôle particulier de Nicolas Sarkozy

(16 novembre 2009)

Le 9 novembre, l'ancien directeur financier et administratif de la DCN, Gérard-Philippe Menayas, a pointé le rôle particulier joué par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la signature du contrat Agosta – la vente par la France de trois sous-marins au Pakistan en 1994. Ce contrat pourrait avoir un lien, direct ou indirect, avec l'attentat, selon plusieurs éléments de la procédure judiciaire.

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