La lente détérioration de l'image de la France en Belgique

Des "sarkozystes", en Belgique ? Bien sûr qu'il y en a. 

Des "sarkozystes", en Belgique ? Bien sûr qu'il y en a.

 

Surtout quand M. le Président parle comme il l'a fait à Grenoble dernièrement. Les racistes de tous poils prolifèrent chez nous aussi. Mais ce groupe de soutien à Sarkozy s'amenuise inexorablement. Lors de l'élection présidentielle en France, je me souviens que notre ministre des finances, M. Didier Reynders (MR = mouvement réformateur : libéral de droite) était fier d'afficher haut et fort son amitié avec M. Sarkozy. Curieusement, cela fait des mois maintenant qu'il n'en parle plus du tout...

Il en est de même pour tous les libéraux. Je n'ai pas une vue d'ensemble de l'opinion des Belges, mais parmi les gens que je côtoie, on n'a pas beaucoup de considération pour Nicolas Sarkozy. Au début, on se contentait de rire pour ce candidat, partisan d'une certaine "monarchie" en France. Maintenant, on constate que cette "monarchie" s'avère être une petite dictature à la Mussolini. (Lire à ce propos l'excellente chronique du philosophe Daniel SALVATORE SCHIFFER, parue dans "La Libre" d'hier). On n'a plus envie de rire quand, pour essayer de se cramponner dans les sondages, un Président et tous ses sbires tombent dans l'amalgame, le préjugé, le racisme...)

On le lui pardonne d'autant moins qu'il se faisait le chantre de "l'ouverture" pendant sa rapide montée au pouvoir. L'affaire Woerth le précipite dans le caniveau. On découvre quelqu'un de mesquin, de peu ouvert, dont l'unique but semble être sa remontée dans les sondages. On rappelle souvent ici que pendant la campagne présidentielle américaine, N. Sarkozy parlait de B. Obama comme d'un petit disciple à lui, son rejeton politique en quelque sorte. Les Belges - comme les Français, je suppose - ont bien vite fait de constater l'énorme différence qu'il y a entre les deux hommes. En gros, on dit ceci : "les réformes mises en place outre-atlantique ne restent pas dans les cartons : elles existent". Qu'on songe au remboursement des soins de santé, au désengagement des Américain en Irak, à la politique de l'environnement.... Tout cela montre un Obama bien plus solide que N. Sarkozy.La Saga des Bleus en Afrique du Sud a bientôt fait de couler l'image positive qu'on pouvait encore avoir du pouvoir français. L'interventionnisme systématique dans tous les domaines pratiqué par N. Sarkozy est très mal vu ici, en Belgique. Un Président n'a pas à s'occuper du foot. Tout le monde le sait, tout le monde le pense. Sauf le Président en question. Il faudra désormais du temps pour que l'image positive de la France se refasse une santé. Le Belge passe souvent ses vacances en France. Les blagues "belges" se sont éteintes et il s'y trouvait plutôt bien accueilli. Tant qu'on y trouve ouverture et tolérance, il s'agit même d'un petit paradis. Mais ces deux dernières années, on y ressent comme une chape de plomb dans laquelle un malaise important se développe... A regarder et à écouter M. Hortefeux parler des roms, on comprend pourquoi.T.P.

 

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