Nous, les 99%, comment communiquer mondialement?

Bien que le mouvement "Democratie réelle" (ou 15M, ou "Indignés") aie vocation à redonner aux citoyens la main sur leur propre destin, et avant tout LOCALEMENT, l'état actuel du monde rend un changement très difficile, voire quasi impossible si les mouvements de divers horizons géographiques ne se coordonnent pas au-delà des frontières. Pouvons-nous abandonner le principe d'horizontalité, quand il s'agit de communiquer au-delà des frontières? Pourtant c'est bien ce qui se passe à l'heure actuelle, et voici pourquoi.

Bien que le mouvement "Democratie réelle" (ou 15M, ou "Indignés") aie vocation à redonner aux citoyens la main sur leur propre destin, et avant tout LOCALEMENT, l'état actuel du monde rend un changement très difficile, voire quasi impossible si les mouvements de divers horizons géographiques ne se coordonnent pas au-delà des frontières. Pouvons-nous abandonner le principe d'horizontalité, quand il s'agit de communiquer au-delà des frontières? Pourtant c'est bien ce qui se passe à l'heure actuelle, et voici pourquoi.

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Nous sommes les 99%, "indignés", qui aspirons à la démocratie réeelle maintenant... Comment communiquer au-delà des frontières?
Ceci est un mouvement international, dont il faut espérer qu'il va se développer et porter des fruits dans la durée, car il est douteux que ses effets se manifestent efficacement sur le court terme. Mouvement "hors partis" mais non a-politique, dans lequel chacun-e peut et doit apporter sa contribution sur les sujets les plus divers: économie, éducation, santé, agriculture et alimentation... etc etc...
Mouvement international, parce que dans le monde actuel, les destins des peuples sont liés.
Et d'ailleurs: "El pueblo unido jamás será vencido"!!!
Oui mais... Comment réussir à s'unir au-delà des frontières?
Pour le moment l'information passe difficilement entre groupes ou individus d'origines géographiques diverses. Sur les blogs, sur les réseaux, dans les assemblées populaires, des traducteurs sont sollicités, avec une efficacité inégale. Bien qu'indispensables, la traduction et l'interprétation constituent une grosse dépense de temps et d'énergie. En tous cas, dans les contacts interindividuels la "barrière des langues" fait très souvent obstacle, mais ce... évidemment bien moins pour les polyglottes, et particulièrement pour ceux qui parlent anglais.
Ce qui signifie qu'au plan international, parmi les "Indignés" il y en a qui sont plus égaux que les autres": ceux qui savent parler des langues étrangères, et spécialement l'anglais.
Combien sommes-nous à avoir conscience de cela?
Enfermés dans la "logique linguistique" des puissants, et des plus favorisés socialement
Il est essentiel de le répéter: la multiplicité des langues et cultures est utile et indispensable, mais il n'est pas raisonnable d'attendre que chaque citoyen puisse parler 4, 5... 10 langues (trois est déjà un objectif très ambitieux!), pas plus qu'il n'est viable de faire 5 ou 6 traductions consécutives pendant une assemblée!!! L'utilisation de l'anglais ne résoud pas grand chose, sauf pour ceux dont c'est la langue maternelle (donc en position injustement bien plus aisée), ou pour une minorité de gens (en gros, personnes plutôt diplômées, classes moyennes, ou supérieures), car l'anglais n'est pas une langue bien adaptée à l'usage qu'on lui a attribué depuis 50 ans.
En dehors des pays germaniques ou scandinaves (plus ou moins "cousins" en matière linguistique), il est normal que beaucoup de gens éprouvent des difficultés avec cette langue anglaise: d'ailleurs l'ensemble des Latins, ou, par exemple, Chinois, Japonais, Polonais etc... n'y sont pas plus performants que nous (français).
La "Lingva Franca" actuelle, la "koïné" moderne n'est ni démocratique, ni efficace en toutes circonstances! On peut lui reconnaître bien des qualités: littéraire, culturelle et historique, et une vraie utilité pour le commerce ... mais pas celle de faciliter la communication directe entre les peuples (entendons par là: "les gens de peu", ou les militants associatifs ou syndicalistes). Certes, sa connaissance, même rudimentaire présente (pour l'individu présumé "ordinaire", qui a reçu un enseignement systématique de cette langue) une utilité pratique en voyage, dans certaines situations, principalement de contacts amicaux, de recherche de logement etc... Mais... tout le monde ne part pas en vacances (cf http://www.inegalites.fr/spip.php?article1464 près de la moitié des Français ne partent pas en vacances) , et encore moins à l'étranger (11% de ceux qui partent !!!) http://www.linternaute.com/savoir/dossier/tourisme/etranger.shtml
Le "modèle" qu'on nous fournit là est donc bien un "modèle" se référant à une certaine catégorie de population, relativement aisée, à peine 5%, au maximum 10% du peuple!
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L'anglais : une solution « démocratique »? « efficace »?
Alors, cette langue, dont l'enseignement rapporte chaque année au minimum 10 milliards d'euros à la GB, et lui en fait économiser probablement autant (au moins 8 Mrds/an) du fait du non-enseignement des langues étrangères dans ce pays, est-elle démocratique? Non!
Efficace, alors? Bien moins qu'on ne le prétend, même comme pont entre ceux qui ont réussi à l'apprendre pas trop mal. Qui ne cherche jamais ses mots? Qui n'est jamais fatigué après une conversation ininterrompue de deux ou trois heures en anglais? Qui ne connaît, dans son entourage, de nombreuses personnes incapables de parler cette langue?
L'alternative linguistique démocratique est viable, c'est l'ESPERANTO et, bien que mal connue, cette langue fonctionne depuis des décennies
Née à la fin du XIX è siècle, la langue a-nationale nommée “espéranto” a été conçue sur la base des langues existantes, mais voulue flexible, logique et régulière, dans le but d'être apprise aisément par tous. Dès le début du XXè siècle, nombreux furent les humanistes et intellectuels qui s'y intéressèrent (ex Ghandi, Tolstoï, Jules Verne...), mais ni les puissants, ni les politiciens (ou ils furent rares), car en ces temps de colonialisme, chacun cherchait à asseoir son propre pouvoir, y compris en diffusant sa langue et sa culture. Une partie du peuple et des syndicalistes s'en saisirent cependant... Mais Hitler et Staline le combattirent. Puis, après la seconde guerre mondiale, les “libérateurs” anglophones (GB, USA, Canada) surent habilement promouvoir leur langue, qui fut enseignée massivement dans les systèmes éducatifs.
Comment s'étonner alors, de l'affaiblissement relatif de l'espéranto, qui, lui, ne pouvait être appris que sur une base volontaire, et hors de l'école?
Si l'on garde ce contexte à l'esprit, il devient logique d'admettre que ses centaines de milliers de locuteurs (certains disent un à deux millions) sont en fait un réel succès.
A l'heure actuelle, l'espéranto connaît un regain de popularité, notamment auprès des “alters” de toutes sortes, qui prennent peu à peu conscience des limites de l'ordre linguistique en place.
Pour faire court, disons que, même si chacun ne désire pas forcément faire le choix de passer 300 à 500 h pour l'apprendre (contre un équivalent de + de 2000 h d'anglais, ou 3000 h d'allemand), il est urgent de revaloriser l'image de cette langue équitable et neutre géopolitiquement. Les medias en parlent peu, ou seulement pour constater son supposé “échec”. Pourtant, ces dernières années elle a reçu des soutiens de poids: B Geremeck, parlementaire européen (Pologne), le prix Nobel d'économie Reinard Selten, Albert Jacquard, et bien d'autres...
Indignés de tous bords et de tout poil, il est de votre responsabilité de vous informer objectivement sur cette alternative. Sachez qu'une pétition, parrainée par Albert Jacquard, est en cours pour demander qu'elle devienne (comme 63 autres langues), une option au bac. Vous pouvez consulter la liste des signataires (dont de nombreux députés, maires, sénateurs, artistes, linguistes etc...) sur le site http://esperanto-au-bac.fr    … et relayez largement cette pétition autour de vous (amis, relations, élu-es etc...)
Il faut considérer les choses sur le moyen ou long terme. Si vous ne l'apprenez pas vous-même, ouvrez-en les possibilités à vos enfants, offrez-leur cette chance,  car l'espéranto est le meilleur “marchepied” vers les autres langues!
Pour vous informer, découvrir, juger sur pièce, consulter les sites suivants: http://lernu.net http://ikurso.esperanto-jeunes.org/ --- http://blogs.mediapart.fr/edition/rencontres-avec-l-esperanto
spécialement le manifeste de Prague http://blogs.mediapart.fr/edition/rencontres-avec-l-esperanto/article/240910/le-manifeste-de-prague
http://esperanto-france.org/ --- http://www.esperanto-sat.info/ ou encore
http://blogs.mediapart.fr/blog/Dominique%20C (un billet “pearltrees” devrait y rester en permanence en première page)
sur l'anglais voir également la conférence de Charles Durand:
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/images/stories/articles2/7335-CharlesDurand-Conference-29-11-2011.pdf

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