Le premier invisible d’Avignon : un danseur lunaire

Chen Shaw Chi © Patrice Delmotte Chen Shaw Chi © Patrice Delmotte

 

Il fallait y penser : un danseur de l’ombre !... Impossible de le voir et cependant la lumière entière du spectacle tient dans ses mains. Une révélation : la lune elle-même, pas moins !... un mystère : et c’est bien là que se trouve la magie du théâtre. Toute son illusion. La technique au service de la poésie. Il est le principal acolyte de la comédienne, revêtu de noir et plongé dans la plus absolue pénombre.

Vous ne le verrez pas et cependant il est là : sans lui, pas de lune avec qui pourrait évoluer le personnage sur scène.

Il parle à peine le français et plutôt bien l’anglais ; sa langue, c’est le chinois ; grand et longiligne, c’est un excellent danseur taïwanais, qui vit et travaille à Taïpei, la capitale de l’île. Il s’est développé dans ce type d’environnement lettré où se mêlent musique et poésie, le nanguan, ce qui l’a conduit à perfectionner une souplesse discrète et féline que la créatrice du Shang Orientheâtre, Sun Li Tsuei, a su mettre à profit dans sa mise en scène, où il s’efface dans l’obscurité la plus complète pour que le public ne perçoive, avec la lumière dispensée tenue au bout de ses doigts, que le résultat d’une action imperceptible et douce, sensible, inaudible. Invisible serait donc le sens de la merveille ?...

 

LA LUNE SOUFFLE : salle Roquille, 3, rue Roquille, Avignon, tous les jours à 18h.

 

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