Duos d’invisibles

"Quand cette femme ne voit pas cet homme..." (Victor Hugo) © Inconnu "Quand cette femme ne voit pas cet homme..." (Victor Hugo) © Inconnu

Ils se côtoient, se croisent, se rencontrent parfois, mais jamais ne se fréquentent. Ceux de la ville et ceux du festival s’ignorent. L’opulence et le divertissement restent indifférents aux réalités sociales, et s’en tiennent à bonne distance.

Les chiffres du social à Avignon se situent dans un taux de précarité très largement supérieur à ceux du pays : le chômage et les difficultés de logement font mourir sous le soleil, en dehors des “maronniers” de la presse qui ne s’intéressera à la très grande pauvreté qu’au moment des fêtes autour de décembre.

L’indifférence est-elle un droit ?... Nombre de personnes interrogées pendant ce mois de festivaleries ont exprimé le besoin de vivre comme tout le monde sans être particulièrement remarquées (stigmatisées ?...) : leur envie première est de se fondre dans la masse. Ne pas être vues. Entendues, peut-être, oui. Mais pas repérées, mais pas écartées, mais pas marginalisées.

Le Inn et le Off, l’Intra-muros et le Hors-les-murs, les festivaliers et les riverains, les politiques artistiques et les politiques de la ville, le mois de juillet et le reste de l’année... ce sont, à chaque fois, ces bipartitions criantes où chacun feint d’ignorer l’autre, qui s’imposent de fait. Là est la grande colère des habitants de la ville : même si on supprime les parkings, même si on délaisse ses habitations pour sous-louer pendant juillet, même si la pollution s'ajoute au manque de travail et au manque d'argent, il y a beaucoup d’amertume. Entre les situations sociales (entre les acteurs sociaux) et les positions culturelles, il pourrait y avoir de la place pour les arts. L’impression est que l’emploi local est fourni par les patrons liés aux grands secteurs financiers, banques et assurances : il faudrait vérifier cette affirmation au regard des troupes de théâtre, des salles, et de la restauration. Si quelques spectacles du festival traitent des sujets sociaux, est-ce qu’ils pratiquent une politique sociale dans les répartitions des charges, des revenus, des responsabilités, des salaires ?...

Où serait donc l’intérêt collectif ?... La politique, c’est-à-dire les choix de société par les citoyens eux-mêmes, a intérêt de se détourner des seuls critères économiques, même s’ils sont à prendre en considération, et il est temps d’accorder une place plus efficace aux arts et à la culture des échanges entre les individus et les sociétés.

Où en est la réflexion sur ces sujets, dans les conseils municipaux, dans les conseils départementaux, dans les universités ?... Dans les quartiers, dans les associations ?...

Jean-Jacques M’µ

 

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