La longue lutte des enseignants vacataires de l’Université de Strasbourg (pétition nationale)

«Le scandale des enseignants précaires de la plus grande université de France n'a que trop duré. Pour y mettre un terme, votre signature peut nous aider», écrit Pascal Maillard, universitaire, membre du groupe de recherche POLART - Poétique et politique de l'art. Explications et pétition nationale.

«Le scandale des enseignants précaires de la plus grande université de France n'a que trop duré. Pour y mettre un terme, votre signature peut nous aider», écrit Pascal Maillard, universitaire, membre du groupe de recherche POLART - Poétique et politique de l'art. Explications et pétition nationale.

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pave.jpgLa privatisation rampante de l'école, de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui découle des multiples réformes engagées et imposées par le gouvernement, conduit à un fort développement de l'emploi précaire. Ce phénomène est encore accentué par la politique de destruction des emplois titulaires dans les diverses fonctions publiques, ce qu'on nomme techniquement et par euphémisme le principe de «non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite».
La situation des enseignants vacataires de l'Université de Strasbourg, guère plus critique que celle de dizaines de milliers de précaires, est cependant exemplaire d'une injustice sociale qui repose sur une utilisation abusive et très certainement illégale du «statut» de vacataire dans la fonction publique, et ce depuis de très nombreuses années. L'UdS emploie 4.500 vacataires et plus de 2.000 contractuels, soit autant que de personnels titulaires. Alors que la loi devrait obliger à établir des CDD ou des CDI pour des services d'enseignement supérieurs à 96h et réalisés de façon pérenne, une vingtaine d'enseignants vacataires de l'Université de Strasbourg accomplissant depuis de nombreuses années des services annuels de 150 à 500 heures se voient toujours refuser leur contractualisation.
Ils se battent en vain depuis bientôt un an, avec l'appui de nombreuses organisations syndicales. Ils ont utilisé à ce jour tous les moyens d'action à leur disposition: interruptions de congrès, vote en CA d'une disposition de contractualisation (rejetée), lettres ouvertes, communiqués, pétition locale et nationale au niveau de l'Enseignement supérieur et de la Recherche...
Bien que craignant pour leur emploi, neuf d'entre eux ont déposé ce 3 novembre 2010 des recours préalables au Président de l'UdS aux fins de requalification de leurs contrats. Le tribunal administratif devra se prononcera, quelle que soit la réponse de la présidence. Mais les recours administratifs mettront du temps à aboutir et, si la situation de ces vacataires n'est pas régularisée, beaucoup d'entre eux risquent de perdre ce qui constitue leur source de revenu principale dès la fin de cette année universitaire. C'est pourquoi ils font appel à la solidarité citoyenne en lançant une pétition nationale qui exige leur contractualisation immédiate.
La plus grande université de France, dont Valérie Pécresse vantait récemment l'exemplarité de la fusion, n'a toujours pas de bilan social depuis sa création en janvier 2009, alors qu'il est statutaire. Celui-ci, quand il existera, ne sera certainement pas très bon. Mais il sera catastrophique si des mesures administratives et financières ne sont pas prises en urgence par la Présidence pour octroyer aux personnels les plus fragiles des conditions de travail et de ressources enfin décentes, et tout simplement humaines.
Le scandale des enseignants précaires de l'Université de Strasbourg n'a que trop duré. Il faut y mettre un terme par une mesure de justice sociale. Votre signature peut nous y aider.

Pascal Maillard, membre de l'intersyndicale de l'UdS, Secrétaire académique du SNESup-FSU

Cette pétition nationale a reçu les soutiens du Snesup-FSU, de SLU (Sauvons l'Université) et de SLR (Sauvons la Recherche) , de PAPERA (Pour l'abolition de la la précarité dans l'enseignement supérieur, la recherche et ailleurs) et du SNTRS-CGT. Pour lire et signer la pétition merci de cliquer ici

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