Un nouvel air dans nos régions !

Pour améliorer la qualité de l'air en France, des écologistes, dont plusieurs têtes de liste aux élections régionales réclament de nouvelles politiques pour réduire l'exposition chronique tout au long de l'année et non pas seulement des mesures pour combattre les pics de pollution. Et proposent de mettre en place des Assises régionales de l'air associant institutions, entreprises, particuliers, associations de parents d'élèves.

Pour améliorer la qualité de l'air en France, des écologistes, dont plusieurs têtes de liste aux élections régionales réclament de nouvelles politiques pour réduire l'exposition chronique tout au long de l'année et non pas seulement des mesures pour combattre les pics de pollution. Et proposent de mettre en place des Assises régionales de l'air associant institutions, entreprises, particuliers, associations de parents d'élèves.

Alors que se tenait mardi 2 juin un nouveau Conseil National de l’air, les écologistes demandent des mesures durables pour améliorer la qualité de l’air en France. Ce sont les choix politiques d’hier, et malheureusement encore certains choix d'aujourd'hui, comme le revirement sur la pollutaxe, qui créent les pics de pollution. Des décisions doivent être prises maintenant pour améliorer la santé de nos concitoyens. La qualité de l'air est devenue un véritable enjeu pour les Françaises et les Français. Les causes de la pollution de l'air sont connues (transports, chauffage, industries, agriculture intensive...) : ne rien faire, c'est se rendre coupable de non-assistance à population en danger !

 

Tout nous pousse à agir

 

Les études montrent que, dans les grandes agglomérations, nous perdrons 5,8 mois d’espérance de vie si on ne baisse pas le taux de particules fines dans l’air à 10 microgrammes par mètre cube d’air. On compte 42 000 décès prématurés par an en France à cause de la pollution atmosphérique ; 40% d’augmentation en 40 ans des taux d’allergies, de maladies asthmatiques et cardio-vasculaires…

 

De nombreux travaux scientifiques confirment que les premières populations touchées sont celles et ceux qui habitent à proximité des grands axes routiers, et donc principalement les plus défavorisées.

 

Le coût sanitaire lié à la pollution atmosphérique est évalué en France entre 20 et 30 milliards d'euros d’après le rapport de la Commission des comptes et de l’économie de l’environnement, Santé et qualité de l’air extérieur du Commissariat Général au Développement Durable de juillet 2012. De plus, la France risque d’être condamnée par la Cour de Justice de l’Union européenne pour non respect de la législation en vigueur sur la qualité de l’air : 11 M€ d’amende et des astreintes journalières d’au moins 240 000 €.

 

Prévenir les situations d’urgence

 

Le débat se focalise souvent sur les pics de pollution. Pourtant, l'enjeu pour les écologistes n’est pas de gérer la crise au jour le jour en enchainant les mesures d'urgence, mais bien de réduire le niveau global de pollution toute l'année. Ce ne sont pas seulement les pics de pollution qu'il faut combattre mais bien l'exposition chronique tout au long de l'année qu'il faut diminuer pour préserver notre santé. Pour cela le gouvernement doit prendre sa responsabilité et commencer par cesser la politique de soutien au diesel pour les véhicules particuliers comme pour le transport de marchandises par camions. Or, enfermé dans ces solutions passéistes, l’Etat subventionne toujours le diesel, plus émetteur de particules. Les études d’Airparif le confirment, alors que le trafic a diminué à Paris suite à de nouveaux aménagements de la ville, la qualité de l’air a continué de se dégrader à cause de l’augmentation du nombre de véhicules diesel.

 

Pour des assises régionales de l'air

 

Les conseils régionaux devenus chef de file de la qualité de l’air, auront la responsabilité d’accompagner efficacement les villes, les agglomérations et les métropoles dans la mise en place de zones à faible émission. Elles doivent permettre une baisse permanente des émissions de polluants, rendant plus rares les pics liés aux phénomènes météorologiques. Ces actions sont d’autant plus efficaces quand elles sont associées à des politiques de mobilité durable (vélo, transport en commun…). 

 

Il est donc urgent d'agir de manière coordonnée à tous les niveaux, en concertation avec de nombreux acteurs. Nous sommes prêts à le faire à l'échelle de nos régions respectives, de manière coordonnée pour assurer une nécessaire solidarité interrégionale, à travers l'organisation d'Assises régionales de l'air associant institutions, entreprises, particuliers, associations de parents d'élèves... et visant à identifier ensemble les leviers possibles pour améliorer la qualité de l'air que nous respirons et diminuer les maladies chroniques.

 

Pour que nos actions soient efficaces, nous devons enfin avoir un cadre législatif nous permettant d'agir. Au-delà de la nécessaire évolution des règles permettant la mise en place de l’automaticité de la circulation alternée et la systématisation des contournements de poids lourds des grandes agglomérations françaises. Les écologistes que nous sommes, demandons à l'Etat de s'engager maintenant dans la sortie du diesel à travers une fiscalité écologique et incitative, à destination des ménages et des professionnels, dans le soutien au développement massif des transports en commun et dans le soutien accru aux associations de surveillance de la qualité de l'air afin de garantir leur indépendance.

 

Un peu d’air dans nos régions? Nous nous y engageons !

 

Signatures :

Sophie Bringuy, vice-Président du Conseil régional Pays de Loire et candidate en Pays de Loire; Sophie Camard, conseillère régionale et candidate en Provence Alpes Cotes d'Azur;  Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d'EELV et candidate en Ile-de-France; Françoise Coutant, vice-Présidente du Conseil régional de Poitou Charentes et candidate tête de liste en Aquitaine - Limousin - Poitou-Charente; Jean-Charles Kohlhaas, conseiller régional en Rhône Alpes et candidat en Rhône Alpes - Auvergne; René Louail, conseiller régional en Bretagne et candidat en Bretagne; Gérard Onesta, ancien vice-Président du Parlement européen et candidat tête de liste en Midi-Pyrénées - Languedoc Roussillon; Cécile Prudhomme, élue au Conseil fédéral EELV et candidate tête de liste en Bourgogne - Franche-Comté; Sandrine Rousseau, porte-parole EELV et candidate tête de liste en Nord Pas de Calais - Picardie; Yanic Soubien, vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie et tête de liste écologiste en Normandie

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