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Le Club de Mediapart dim. 25 sept. 2016 25/9/2016 Édition du matin

«Une vie de moins», une chanson pour Gaza

Une vie de moins, la nouvelle chanson de Zebda, que Mediapart présente en avant-première, rend hommage aux habitants de la bande de Gaza. Zebda et Jean-Pierre Filiu, professeur d'histoire à Sciences Po, spécialiste de l'islam contemporain et auteur d'une Histoire de Gaza (Fayard, 2012), qui en a écrit les paroles, rappellent ici « le scandale » de « la situation faite à des millions de Palestiniennes et de Palestiniens ».

© MrFatsom
Une vie de moins, la nouvelle chanson de Zebda, que Mediapart présente en avant-première, rend hommage aux habitants de la bande de Gaza. Zebda et Jean-Pierre Filiu, professeur d'histoire à Sciences Po, spécialiste de l'islam contemporain et auteur d'une Histoire de Gaza (Fayard, 2012), qui en a écrit les paroles, rappellent ici « le scandale » de « la situation faite à des millions de Palestiniennes et de Palestiniens ».

 


 

La Palestine a disparu de nos écrans de télévision et on voudrait nous faire croire qu’elle a disparu de nos consciences. Mais la situation faite à des millions de Palestiniennes et de Palestiniens continue d’être un scandale. Et ce scandale n’est que plus douloureux pour une génération qui n’a connu que l’occupation ou le blocus. « Une vie de moins », c’est une vie de manque, une vie d’attente. « Une vie de moins », c’est une existence gâchée, brisée. « Une vie de moins » n’est pourtant pas une vie pour rien, c’est l’espoir que tout cela peut encore changer, que tout cela doit changer.

La bande de Gaza, occupée par Israël en 1967, fut le berceau, vingt ans plus tard, de la première intifada. Ce “ soulèvement des pierres ” inspira la couverture de L’Arène des rumeurs, le premier disque de Zebda. L’Etat palestinien et la libération paraissaient alors à portée de la main. Mais, de 1993 à 1996, à l’apogée donc du processus de paix israélo-palestinien, la bande de Gaza demeura “ bouclée ”, soit coupée du reste du monde, un jour sur trois. Cette situation s’aggrava, surtout après le déclenchement en 2000 de la deuxième intifada, cette fois armée. L’évacuation par Israël, en 2005, des colonies de Gaza et de ses positions militaires s’accompagna d’une consolidation de la clôture désormais hermétique du territoire. La prise de contrôle de Gaza par le Hamas, en 2007, resserra encore plus ce blocus par terre, par mer et par air. 

La bande de Gaza accueille aujourd’hui sur 360 km2 un million six cent mille êtres humains. Plus de la moitié des habitants de Gaza ont moins de 18 ans et, dans leur écrasante majorité, ils n’ont jamais pu sortir, même une seule fois, de leur territoire de naissance. Pas une famille n’a été épargnée par la violence : dans chaque foyer de Gaza, au moins un membre a été tué, mutilé, blessé, ou emprisonné en Israël. Malgré cette succession de souffrances, les habitants de Gaza sont d’une hospitalité émouvante et d’une générosité insigne. La seule richesse de Gaza, ce sont ces femmes et ces hommes, attachants et touchants, et cette richesse se livre sans compter.  

Les jeunes de Gaza et de Palestine ne veulent au fond rien d’autre que les jeunes de partout ailleurs. Une vie normale, libérée de l’angoisse permanente. Une existence délivrée de l’ombre des milices et de la menace d’Israël. Une vie digne, en sécurité et en paix. Il est temps d’entendre cette génération Palestine et de la comprendre. « Une vie de moins » lui est dédiée.

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