Si la prison était une ville...

L'Assemblée nationale a accueilli

Près d'ici © bryan et max, cavroy et le quement

L'Assemblée nationale a accueilli les 5e journées parlementaires des prisons. A cette occasion, Patrick Marest, président de l'Observatoire international des prisons dénonce l'aggravation des conditions de détention en France.

 

Huit années ont passé depuis ce printemps 2000 où, à la suite du témoignage retentissant de Véronique Vasseur, se mirent en branle les commissions d’enquête parlementaires.Chacun a en mémoire le réquisitoire dressé alors par le Sénat, qui qualifiait d’« humiliation pour la République » le quotidien ordinaire des personnes détenues en France.

 

On peine à imaginer les termes qu’il emploierait désormais pour évoquer la situation actuelle s’il reprenait le cours de ses investigations. Alors même que le nombre de condamnés est aujourd’hui supérieur à celui de la population détenue dans son ensemble à cette époque.

 

Que l’effet des maigres évolutions intervenues en matière de droits a été ruiné par une surpopulation devenue endémique. Que sept détenus sur dix subissent ce que le conseil de l’Europe considère comme un « traitement inhumain et dégradant »…

 

Quelques mois avant son élection, le futur chef de l’Etat a fait une promesse aux surveillants et aux détenus en marge de sa visite à la prison de Rennes : « la prison doit changer, la prison va changer ! ». Cette profession de foi semble bien lointaine, tant la politique pénale menée par son gouvernement aggrave inexorablement les conditions de vie et de travail derrière les murs, tant le projet de loi pénitentiaire déposé sur le bureau du Sénat au plein cœur de l’été témoigne de l’abandon de toute velléité de réforme en profondeur du système carcéral.

 

Les prisons françaises sont le théâtre d’un désastre humain et social sans précédent dont chacun doit prendre la mesure. C’est l’objectif de ce documentaire réalisé par l'Observatoire international des prisons et Emmaüs.

 

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