Billet de blog 14 octobre 2011

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Martine Aubry, une ambition pour les jeunes

Militant(e)s, élu(e)s, chercheurs... Face à la «violence sociale» qui frappe leur génération, les signataires de cet appel des jeunes pour Martine Aubry sont «convaincus de la sincérité de ses engagements en faveur des jeunes et de sa capacité à rassembler toute la gauche».

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Militant(e)s, élu(e)s, chercheurs... Face à la «violence sociale» qui frappe leur génération, les signataires de cet appel des jeunes pour Martine Aubry sont «convaincus de la sincérité de ses engagements en faveur des jeunes et de sa capacité à rassembler toute la gauche».

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Depuis des années, par nos engagements et par nos luttes, nous crions à l'injustice d'une société dans laquelle seuls ceux disposant des rentes issues de la naissance peuvent s'en sortir. Depuis des années, nous sentons monter cette lame de fond d'une jeunesse qui refuse le sort qui est le sien et l'avenir qu'on lui réserve. Notre génération refuse la précarité qu'on lui impose, les discriminations qui la frappent, les inégalités qui la minent, l'absence de reconnaissance qui la condamne au silence.

Militants associatifs, politiques et syndicaux, porte-voix de notre génération, chercheurs, voilà des années que nous alertons sur la logique de rejet qui s'installe envers les jeunes, après tant de promesses républicaines reniées. Le pouvoir en place n'a fait que l'accentuer. Celui qui a un emploi est un privilégié; celui qui est chômeur est un fainéant; le jeune est un délinquant; «Nadia» et «Mamadou» sont des Français douteux. Voilà les plats qu'on nous sert depuis quelques temps... La droite cherche à faire peur à la société dans son ensemble, en montrant du doigt une jeunesse que décidemment elle ne sait ni écouter, ni comprendre.

En 2007, Nicolas Sarkozy n'a rassemblé que 42% des suffrages des moins de 25 ans. Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le nouveau chef de l'Etat n'a pas été élu avec les voix de la jeunesse. Cette «rupture» là, entre les jeunes et la droite, est profonde. Mais elle ne suffira pas à la gauche pour remettre mécaniquement les jeunes en dynamique autour d'elle en 2012 et la porter à la victoire.

Pour la première fois depuis longtemps, la jeunesse est au cœur du débat politique. La primaire citoyenne est, à gauche, le premier acte de l'élection présidentielle. C'est maintenant que se définit l'ambition politique indispensable pour battre Nicolas Sarkozy en 2012. Face à ce choix d'avenir, les jeunes ne sauraient rester spectateur. Par-delà la diversité de nos parcours et de nos engagements, nous sommes aujourd'hui rassemblés pour appeler à voter Martine Aubry lors du second tour de la primaire. Convaincus de la sincérité de ses engagements en faveur des jeunes et de sa capacité à rassembler toute la gauche, sa candidature est celle qui permettra de réaliser les changements de société que nous attendons.

Martine Aubry a compris que la gauche a besoin des jeunes pour gagner, mais surtout que les jeunes ont besoin d'une gauche ambitieuse et rassemblée pour changer leur vie. A l'heure ou beaucoup des certitudes sont ébranlées, c'est à un nouvel horizon de société que nous aspirons, pas au sauvetage désespéré du système qui s'écroule sous nos yeux. Nous attendons du prochain président de la République qu'il résiste à la nouvelle cure d'austérité que les marchés financiers souhaitent imposer, et qui frappe déjà durement les jeunes Grecs, Portugais et Espagnols. Les contraintes économiques ne sauraient justifier tous les renoncements, au risque de conforter le décrochage démocratique de notre génération. La crise ne saurait nous faire oublier l'impératif de conversion écologique de notre société, de nos modes de production et la nécessité d'investir massivement dans les énergies renouvelables pour sortir au plus vite du nucléaire.

Sur le marché du travail, l'empilement de dérogations au droit commun a enfermé les moins de 25 ans dans un ghetto social, avec des degrés et des intensités variables. En refusant l'effet d'aubaine que représentent de nouvelles exonérations de cotisations pour les entreprises qui consentent «l'effort» d'embaucher un jeune, Martine Aubry a le courage de tordre le cou au discours sur le prétendu «manque d'expérience» des jeunes, qui justifie tous les abus. En s'engageant à créer 300.000 emplois d'avenir pour les jeunes, elle apporte une réponse indispensable en période de crise à la pénurie d'emplois disponibles. A qui veut-on faire croire que l'emploi serait devenu, de manière définitive, une chose rare alors que tant de besoins humains, sociaux, environnementaux, scientifiques, culturels, médicaux sont encore insatisfaits? Nous refusons le fatalisme et la résignation.

Martine Aubry a compris la demande d'égalité qui s'exprime au sein de la jeunesse. Les jeunes ne sont plus dupes du mythe de la réussite individuelle qui fait jouer à plein la loterie sociale. Ils expriment le besoin de nouvelles protections collectives, sans lesquelles l'émancipation ne resterait réservée qu'à quelques-uns. Ils aspirent à une société des égaux quelque soit leur préférence sexuelle, la couleur de leur peau, le lieu de leur naissance, ou l'adresse d'où ils viennent. Ils attendent avec impatience que la République regagne son honneur avec des services publics de qualités sur tout le territoire, avec un même égal accès à la santé que l'on habite à Lyon, Clichy-sous-Bois ou dans un village de 500 habitants. Ils souhaitent que l'on mette plus de moyens pour l'éducation là où ils sont le plus nécessaires.

C'est dans une véritable perspective intergénérationnelle que Martine Aubry envisage les réponses à apporter aux jeunes: refusant la logique du développement des prêts bancaires pour les étudiants, elle s'engage à mettre en place une allocation d'autonomie, liée à la réalisation d'un projet de formation et d'insertion, telle que nous la réclamons depuis des années. Le parcours d'autonomie qu'elle propose vise à apporter une solution à chaque jeune, qu'il soit étudiant, en reprise d'étude après un décrochage précoce du système scolaire ou dans ce temps de latence entre la fin des études et le premier emploi stable. Nous avons la conviction que l'exceptionnelle ambition de former au plus haut niveau une partie importante de la jeunesse a été peu à peu délaissée. C'est notamment parce que la République a abandonné ce dessein que la jeunesse s'inquiète pour son avenir.

Nous n'attendons pas d'un candidat qu'il parle en notre nom, mais qu'il porte une attente sincère à nos aspirations et aux attentes que nous n'avons cessé d'exprimer ces dernières années. Après des années de mobilisations contre la droite, nous voulons que notre bulletin de vote à gauche permette de peser réellement sur le cours des choses.

A tous les jeunes, qui doutent, qui s'interrogent, qui cherchent des points d'appui pour penser et agir utilement, nous adressons ce message: allez voter! Prenons la parole qu'on n'a cessé de nous confisquer. Imposez-vous dans le débat public. Ne laissons pas les mêmes décider pour nous! Face à la violence sociale qui nous est faite, et qui ne cesse de s'amplifier, il faut s'imposer dans l'espace public, hier en manifestant, aujourd'hui en votant. Avec Martine Aubry, nous savons que nous serons entendus.

Jean Barrau, responsable associatif
Rémi Bazillier, économiste
Damien Berthillier, conseiller municipal de Villeurbanne, ancien président d'organisation étudiante
Sophie Binet
, militante CGT, porte-parole de l'Unef lors du CPE
Baptiste Chapuis, conseiller municipal d'Orléans
Anne-July Clary, conseillère régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur
Romain Cujives, conseiller municipal de Toulouse, délégué à la vie étudiante et conseiller communautaire de la CUGT
Clémence Dauphin, conseillère régionale du Centre, déléguée à la conférence régionale de la jeunesse
Caroline De Haas
, fondatrice d'Osez le Féminisme
Thibault Delahaye, conseiller municipal à Malakoff
Antoine Détourné, ancien président des jeunes socialistes et animateur campagne de Martine Aubry Pas-de-Calais
Rébecca Fagot-Oukkache
, adjointe au maire de Brest chargée de la jeunesse
Farid Faryssy, adjoint de la ville de Carpentras
Fabrice Hallais, militant syndical
Magalie Herlem
, conseillère municipale de Lille, déléguée à la jeunesse
Chaineze Kabouya-Benhayoun
, conseillère municipale de Vénissieux
Chloé Le Bail
, vice-présidente du Conseil régional des Pays-de-la-Loire
Thierry Marchal-Beck
, animateur national de la campagne jeune de Martine Aubry
Lunise Marquis, adjointe au maire du 12e arrondissement, déléguée à la petite enfance, aux familles et au conseil de la jeunesse
Paul Meyer
, conseiller communautaire de Strasbourg, conseiller municipal délégué à la vie étudiante et à la ville numérique
Mohamed Moulay,
responsable associatif en Indre-et-Loire
Alan Peletier
, militant syndical
Camille Peugny
, sociologue
Jean-Baptiste Prévost
, ancien président de l'Unef et membre du Conseil économique, social et environnemental
Anthony Queguineur, conseiller municipal à Saint-Thonan
Rama Sall
, animatrice nationale de la campagne jeune de Martine Aubry

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