Billet de blog 16 févr. 2017

Nous choisissons l'avenir en commun avec J-L Mélenchon plutôt qu’une gauche plurielle qui a déjà failli

Plusieurs membres du mouvement Ensemble! souhaitent ici « clarifi(er) les choses pour des élections présidentielle et législatives». «Comment croire que Hamon pourra mener la politique qu’il propose alors que sur les 394 candidat·e·s investi·e·s par le PS, 64% ont une position sociale libérale, 21% indéterminée et seulement 10% en accord avec lui !», relèvent-ils.

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans un chant qui fit, il y a déjà quelques décennies, le tour du monde, Bob Dylan, récent Prix Nobel de littérature, l’annonçait de façon prémonitoire : « Les temps changent ». Rappelons quelques paroles : « Si vous n’avancez pas, vous serez dépassés, car les fenêtres craquent et les murs vont tomber, c’est la grande bataille qui va se livrer car le monde et les temps changent ». N’y sommes-nous pas ?

Modestement, il y a presque un an déjà, des camarades d’Ensemble ! Mouvement pour une alternative sociale et écologique ont pris la décision de faire campagne commune avec Jean-Luc Mélenchon et de rejoindre les collectifs citoyens de France Insoumise.

Mesurons le chemin parcouru. Du côté des militant-·e-·s d’Ensemble tout d’abord. Il aura fallu surmonter hésitations et attentisme, mais cet automne plus de 70 % des militant-·e-·s se sont prononcé-·e-·s en faveur de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Mais à nos yeux, le plus important du chemin se situe du côté des très nombreux collectifs qui se développent sur tous les territoires. Outre la cohérence politique d’un programme - L'Avenir en commun - et d’une stratégie - la révolution citoyenne - situés à hauteur des enjeux, c’est bien la dynamique citoyenne de ces collectifs qui constitue la véritable richesse, le véritable potentiel, la véritable nouveauté de la France insoumise.

En accueillant ainsi, dans des groupes de base et de façon indépendante des partis, celles et ceux qui veulent échanger, débattre et agir, la porte s’ouvre à des formes de représentation différentes, ainsi qu’à un important brassage social et générationnel. Car l’enjeu est bien, sous peine d’écœurement, d’abstention ou pire encore, de répondre au besoin de renouvellement des pratiques politiques, dans un contexte de rejet des appareils et de leur prétention à garder le monopole de la représentation.

Résolument unitaires et de culture autogestionnaire, les « Ensemble et Insoumis·e-·s » ont défendu une vision ouverte, démocratique et unitaire de la France Insoumise. Nous avons contribué à l’élaboration de L’Avenir en commun, à son prolongement dans les livrets thématiques et à la dynamique des comités de soutien. Pour se débarrasser de la dictature du capital, nous devons continuer à ouvrir grand les portes, laisser libre cours à l’initiative et à horizontalité, permettre aux collectifs de s’autodéterminer, de se rencontrer sans contrainte et, de bas en haut, de se fédérer. Nous avons tout à y gagner. La France insoumise n’est pas un parti mais un mouvement qui doit continuer à se structurer pour faire vivre à tous les niveaux le débat et la démocratie.

Aujourd’hui, les campagnes des élections présidentielle et législatives génèrent beaucoup d’interrogations et sont vraisemblablement à un tournant. Qui peut dire si Fillon, avec le concert de casseroles qui l’accompagne, poursuivra sa route ? Mais à gauche, clarifions les choses pour des élections présidentielle et législatives qui participent d’une même séquence politique, ordonnée en fonction des mêmes logiques politiques et institutionnelles.

La défaite de Valls à la primaire de la « Belle alliance populaire » a été une bonne nouvelle. Mais aujourd’hui, les médias et des forces diverses cherchent à repeindre le PS aux couleurs du changement. Or, Benoît Hamon est maintenant le candidat du PS et il a hélas choisi d’embarquer dans son sillage celles et ceux (ministres et député-·e-·s) qui ont développé une politique de droite au gouvernement, asservie à la logique des traités européens. Peut-on croire que Mme El Khomri ou M. Valls, et tant d’autres figures du PS, portent demain d’autres choix que ceux qu’elles et ils ont imposés à coup de 49.3 ? Comment croire que Hamon pourra mener la politique qu’il propose alors que sur les 394 candidat·e·s investi·e·s par le PS, 64% ont une position sociale libérale, 21% indéterminée et seulement 10% en accord avec lui ! Peut-on encore faire confiance à une « Union de la gauche » qui ne serait que ravalement de façade façon 2017, pour répondre sérieusement aux exigences populaires ? 

Dans ces conditions, les belles promesses de Hamon commencent à ressembler à celles prononcées au discours du Bourget par M. Hollande, avant qu’il ne soit élu. Nous regrettons donc que des militant·e·s de la gauche alternative, y compris d’Ensemble !, donnent corps à ces illusions. 

Par contraste, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est claire concernant le rejet des politiques d’accompagnement de l’austérité et des atteintes aux acquis portées par le quinquennat du PS. Elle répond avec détermination aux urgences sociales du monde du travail.

Elle est nette dans le besoin de rupture avec des institutions qui portent les puissants contre l’immense majorité du peuple. Elle prévoit l’écriture par une assemblée constituante d’une nouvelle constitution pour une 6ème République. Elle s’engage à rompre avec les traités européens qui étranglent les peuples. Ecologiste, elle allie le rouge du drapeau du mouvement ouvrier au vert de la condamnation du productivisme. Elle répond à l’urgence de respecter les humains, les animaux et la planète, pour un développement harmonieux soustrait aux lois de l’argent. Pacifiste, loin des idéologies belliqueuses et des pratiques guerrières du gouvernement, elle développe une culture de la Paix et du respect des peuples. 

C’est pourquoi nous réaffirmons ici notre soutien au programme de la France insoumise et à la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Le nombre de soutiens sur le site jlm2017, la venue chaque jour plus nombreux d’insoumis-·e-·s dans les groupes locaux, l’accueil réservé par les citoyen-ne-s à nos propositions, le nombre de programmes L’Avenir en commun vendus, l’écoute nombreuse et attentive dans les meetings… : tout révèle une forte dynamique autour de cette candidature.

Membres du mouvement Ensemble!, et Insoumis-·e-·s, nous sommes persuadé-·e-·s d’être en phase avec les aspirations populaires à rejeter les pages de l’histoire de notre pays au cours des dernières décennies, entachées de régressions et de trahison des promesses. Nous voulons dans ces échéances électorales, présidentielle et législatives, qui sont intimement liées, donner force et sens à une alternative émancipatrice, portée par l’irruption citoyenne dans le champ politique. Sans garantie de rupture, il n’y a pas de raccourci, aussi unitaire soit-il. C’est le seul chemin pour barrer durablement la route au FN et à la droite, et redonner espoir et moyen d’agir à des millions de citoyen·ne·s.

 Signataires : 

Francis Vergne (Ensemble ! 63), Nanie Bellan (Ensemble ! Martigues), Jean Philippe Izquierdo (Ensemble ! Aubagne), Danièle Obono (Ensemble ! Paris), Hendrik Davi (Ensemble ! Marseille), Raphaël Qnouch (Ensemble ! Paris), Claire Caron (Ensemble !  07), Isabelle Guyton (Ensemble ! 22), Nadine Stoll (Ensemble ! 31)           

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Clinea, la psychiatrie très lucrative façon Orpea
Les cliniques psychiatriques Clinea sont la filiale la plus rentable d’Orpea. Elles profitent des largesses de l’assurance-maladie, tout en facturant un « confort hôtelier » hors de prix à leurs patients. Pour les soins et le management, le modèle est un copié-collé du groupe.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — Gouvernement
Le malentendu Pap Ndiaye
Insulté par l’extrême droite et critiqué par certains partisans de Macron, le ministre de l’éducation nationale est en réalité un modéré, loin des caricatures indigénistes et des procès en wokisme. Mais, entouré de proches de Jean-Michel Blanquer et du président, Pap Ndiaye aura du mal à s’imposer.
par Joseph Confavreux et Ellen Salvi
Journal
Législatives : comment le RN cible le rassemblement des gauches
Mediapart a pu consulter les documents fournis aux candidats du parti d’extrême droite pour les législatives. Ils montrent que le parti fait manifestement peu confiance à ses troupes sur le terrain. Ils s'en prennent à la coalition de gauche Nupes, rebaptisée « extrême gauche pro-islamiste ».
par Lucie Delaporte
Journal
Le travail sexuel, angle mort de la Nupes pour les législatives
Le sujet n'a jamais fait consensus à gauche. Le programme de la Nupes est marqué par les positions abolitionnistes, majoritaires dans les partis. Plusieurs acteurs de terrain s'insurgent. 
par James Gregoire

La sélection du Club

Billet de blog
Faire de l’hospitalité un droit fondamental
Dans un livre qui fera date, la juriste Marie Laure Morin propose de faire de l’hospitalité un droit fondamental afin de construire un droit des migrations qui rompe, enfin, avec des législations répressives qui violent les droits humains et menacent l’État de droit. J’ai volontiers accepté d’en écrire la préface.
par Edwy Plenel
Billet de blog
A quoi sommes-nous sensibles ?
La mort des non Occidentaux semble invisible. Qu’ils soient Syriens, Afghans, Nord Africains, du Moyen Orient, d’Asie... Ils sont comme fantomatiques, presque coupables d’effleurer notre champ de vision.
par Bruno Lonchampt
Billet de blog
Accès au droit des étrangers : régularisons l’administration !
Des élus de la République, des responsables associatifs, des professionnels du droit et autorités administratives intervenant dans le 20e arrondissement, et à Paris, sonnent la sonnette d'alarme. La prise de rendez-vous dématérialisée auprès des préfectures en vue de déposer des demandes de titres de séjour est devenue quasi impossible. « La déshumanisation et le dévoiement des services publics sont à leur comble ! » 
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
Couple binational : le parcours du combattant
Si on m’avait dit auparavant, qu’en 2021 je serais mariée, j’aurais éclaté de rire ! Pourtant, par amour, on est capable de tout.
par Amoureux Au ban public