Les liaisons dangereuses d'Orange en Israël

Taoufiq Tahani, président de l'Association France Palestine Solidarité, interpelle l'Etat français, actionnaire de l'opérateur Orange, en relayant les révélations faites sur le site Electronic Intifada. Et l'intime à faire cesser les relations entre Partner Communications et Orange Israël.

Taoufiq Tahani, président de l'Association France Palestine Solidarité, interpelle l'Etat français, actionnaire de l'opérateur Orange, en relayant les révélations faites sur le site Electronic Intifada. Et l'intime à faire cesser les relations entre Partner Communications et Orange Israël.


 

L’opérateur français Orange, ex-France Télécom Orange, a renouvelé en 2011 un accord de licence de marque avec l’opérateur israélien Partner Communications-Orange Israël (1). Ainsi on trouve cet opérateur avec le logo bien connu d’Orange.

La direction générale d’Orange a pourtant été avertie à de nombreuses reprises sur cette « relation dangereuse » pour la marque Orange et pour la compagnie française : délégation de l’AFPS en novembre 2011, délégation du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens en novembre 2012, interventions des organisations syndicales dans les instances représentatives du personnel, nombreux courriers de protestation et une campagne de cartes postales demandant à Orange de rompre son contrat avec Partner Communications.

En effet Partner Communications tire profit, comme les autres opérateurs israéliens, de la colonisation :

- Il dispose en 2011 de 176 antennes et installations de communication en Cisjordanie et dans les hauteurs du Golan occupés militairement (contre 165 en août 2009) ;

- Il a des boutiques dans plusieurs colonies de Cisjordanie et notamment à Ariel, Beithar Illit, Modi'in Illit et Mishor Adoumim ;

- Les entreprises israéliennes, Partner inclus, ne paient pas d'impôts à l'Autorité palestinienne (AP) pour leur activité commerciale sur le marché palestinien ;

- Les opérateurs palestiniens ne peuvent avoir d’antennes dans 60% de la Cisjordanie, ne peuvent importer librement des équipements  modernes.

En conséquence, un rapport de la Banque Mondiale publié en janvier 2008 indique que 20% à 45% du marché de téléphonie mobile palestinienne était, à l'époque, entre les mains des entreprises israéliennes. La liste des avantages tirés par Partner de l’occupation militaire est longue, très longue.

 

Il s’ajoute à tout cela un nouveau scandale : le soutien de Partner à l’armée israélienne et tout particulièrement comme sponsor d’une unité de combat qui a sévi à Gaza lors de l’agression militaire de l’été 2014 : 2200 morts dont 500 enfants.

Les révélations faites sur le site Electronic Intifada sont accablantes. 

Elles sont confirmées par Partner-Orange Israël. Sur son site, faisant référence à la campagne « Adopt a Warrior » (adopter un guerrier) Partner a « adopté » le bataillon de tanks EZUZ et le bataillon SHACHAR. Or le bataillon EZUZ est intervenu à Gaza où il a participé aux exactions les plus sanglantes comme à Deir Balah et à Rafah lors de la recherche du soldat Hadar Goldin.

Partner Communications-Orange Israël s’est ainsi retrouvé à fournir des aides matérielles aux soldats et à soutenir le moral des militaires menant les assauts en leur offrant ses services gracieusement. Selon le site israélien Frumline, tous les jours durant cette agression, Partner- Orange Israël envoyait trois unités équipées de générateurs, de chargeurs pour tous sortes de téléphones pour permettre aux militaires de parler à leurs familles. Il parcourait aussi les hôpitaux pour distribuer des tablettes tactiles aux soldats blessés en opération.

Faudra-t-il attendre que Orange France soit mise en cause dans ses filiales à l’étranger et notamment dans les pays arabes pour réaliser le danger que cet aveuglement fait courir à l’entreprise et à l’emploi ?

Est-ce que Orange France va enfin prendre conscience de la nécessité absolue de rompre ses liens d’avec Partner Communications ? Est-ce que l’Etat français, actionnaire avec la BPI à hauteur de 25% dans Orange, va continuer à fermer les yeux ?

Nous demandons qu’au vu notamment de ces nouvelles révélations, Orange rompe immédiatement ses liens avec Partner Communications.

(1) Partner Communications qui opère sous la marque Orange, utilisant le nom Orange Israël, n’est pas une filiale de l’opérateur français Orange

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