Hôpital, silence ! On ferme la Maternité des Lilas

Les associations et collectifs qui se battent contre la fermeture de la maternité des Lilas s'étonnent du silence des médias sur leur mouvement.

Les associations et collectifs qui se battent contre la fermeture de la maternité des Lilas s'étonnent du silence des médias sur leur mouvement.

 

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puceinvite.jpgLe samedi 24 septembre 2011, à l'appel des collectifs Maternité des Lilas et «Notre Santé en danger», les représentants de tous les partis politiques de gauche, le MoDem, les syndicats et associations sont présents pour soutenir le projet de reconstruction de cette maternité emblématique lors d'une grande manifestation sur la commune des Lilas (93). La manifestation est précédée d'une conférence de presse avec la participation des acteurs de premier plan de la vie politique syndicale ou associative du pays: Michel Antony, président de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis et président du Conseil général, Marie-George Buffet, Harlem Désir, Daniel Guiraud, maire des Lilas, Eva Joly, Arlette Laguiller, Pierre Laurent, secrétaire général du Parti Communiste, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Maya Surduts (Cadac)...

La Maternité des Lilas, établissement à but non lucratif ouvert en 1964, connue pour son engagement dans l'innovation et la qualité des soins, assure 1.700 accouchements et 1.300 IVG chaque année; elle est exemplaire pour son accueil et sa prise en charge des femmes. Pour continuer son activité, une reconstruction s'imposait. Ce projet a été acté en 2009 par la ministre de la santé, Roselyne Bachelot-Narquin, dans le cadre du plan hôpital 2012.

A la veille de sa reconstruction, l'Agenge régionale de santé a bloqué de façon autoritaire le projet, contrevenant à tous les engagements antérieurs, mettant en péril l'avenir de l'institution.

En s'attaquant à ce type de structure à but non lucratif, l'ARS favorise la privatisation inégalitaire, déstabilise l'accès aux soins, remet en question les droits des femmes et met en situation de souffrance 150 salariés.

Face à un tel diktat, le personnel de l'établissement s'est constitué en Collectif, très largement soutenu par des personnalités, associations, syndicats, partis politiques, usagers et citoyens de tous horizons. La manifestation du 24 septembre 2011, au-delà du cas spécifique de la Maternité des Lilas, dénonce plus largement la politique de santé mise en place par le gouvernement, et défend le maintien des hôpitaux publics et maternités de proximité, l'accès aux soins de qualité pour toutes et tous et une protection sociale solidaire. La lutte du personnel de la Maternité des Lilas devenant, en ce sens, emblématique.

La manifestation a réuni plus de 2000 personnes dont une majorité du personnel soignant et administratif de la Maternité des Lilas, des usagers et leurs enfants nés aux Lilas, de nombreux habitants des Lilas, de Seine Saint-Denis et de Paris limitrophe, des travailleurs de la santé, associations, syndicats, personnalités et partis politiques, des citoyens venus parfois de loin, et a été un franc succès.

Alors pourquoi le silence des médias, hormis quelques trop rares quotidiens (L'Humanité, le Quotidien du Médecin)?

Les questions de santé n'intéresseraient-t-elles pas les médias alors que le gouvernement actuel conduit à une privatisation de l'ensemble des structures de soins, à une destruction de la protection sociale, à une remise en question de notre système de solidarité ?

Depuis des années, sur tout le territoire, des comités de défense d'hôpitaux et maternités de proximité se développent et s'organisent. Combien de maternités de proximité, de services hospitaliers doivent fermer pour devenir un sujet médiatique? Quand sera dénoncée la privatisation à peine rampante de notre système public de santé? Dans l'Essonne, combien d'hôpitaux seront fermés pour permettre la construction de l'Hôpital Sud francilien d'Evry, partenariat public-privé, gouffre financier bien avant son ouverture?

Si le Mediator fait scandale, la casse des outils de proximité de la santé, des maternités, des droits des femmes ne sont-ils pas un scandale qui porte atteinte à la démocratie ? Car lorsqu'une maternité ferme, aujourd'hui c'est aussi un centre d'interruption volontaire de grossesse qui disparaît.

Quand une maternité ferme, c'est aussi des emplois pour les femmes qui disparaissent.

Que se passait-il de si important ce 24 septembre pour accaparer l'ensemble des journalistes alors qu'ils avaient l'opportunité d'interroger, à l'occasion de cette conférence de presse, les différents courants de la gauche sur leur projet de politique de santé?

Pas de scandale, pas d'audimat? Pourtant, nous sommes toutes et tous concernés par ces questions. Les médias s'étonnent parfois du désintérêt des citoyens pour la chose publique, lors de la faible participation à certaines élections par exemple. Mais ne pas relayer l'information y contribue, et laisse la place à la seule émotion qui fait le champ au ressentiment réactionnaire.

Il y avait beaucoup de représentants politiques ce samedi 24 septembre 2011 pour défendre la Maternité des Lilas. Mais les médias n'étaient pas au rendez vous. Pourquoi ce silence?

 

Signataires : Act Up Sud Ouest, Appel des appels, Attac, Cadac, Collectif des Déchaînées, Collectif Hypertension, Collectif Maternité des Lilas, Convergence des collectifs de défense et de développement des services publics, Coordination des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Europe Ecologie, Fase, FSU, La santé n'est pas une marchandise, NPA, PCF, PCOF, PG, REP (réseau éducation populaire), Résistance sociale, Serpsy, USP, Sud santé sociaux, République et socialisme, UFAL.

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