Billet de blog 20 avr. 2012

Appel pour une lecture mondiale contre le régime Assad

Le Festival international de littérature de Berlin appelle les intellectuels, les écrivains, les artistes, les institutions culturelles, les écoles, les universités, les chaînes de radio et de télévision à participer, le 23 avril, à une lecture mondiale, à l’occasion de la Journée mondiale du livre.

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Le Festival international de littérature de Berlin appelle les intellectuels, les écrivains, les artistes, les institutions culturelles, les écoles, les universités, les chaînes de radio et de télévision à participer, le 23 avril, à une lecture mondiale, à l’occasion de la Journée mondiale du livre.

Des extraits du Journal de l’écrivaine syrienne Samar Yazbek seront lus à cette occasion. Elle a consigné dans son journal les événements qui se déroulent en Syrie depuis le début de la rébellion, l’an dernier. Elle est aussi l’auteure de l’appel ci-dessous. Ses textes seront disponibles auprès du Festival pour être lus en arabe, français, anglais et allemand. La lecture et la minute de silence commémorative sont
dédiées aux victimes de la révolution; elles manifestent notre solidarité avec les opposants au régime Assad et expriment notre
espoir de voir renaître un État libre, démocratique et séculier.

Face aux démonstrations pacifistes du début de la révolution, le gouvernement syrien a répondu en attaquant militairement les villes, en
répandant la terreur et le meurtre. Ceci a eu pour résultat de déclencher la rébellion au sein des communautés et de provoquer la division dans la société et dans l’armée. Les soldats qui ont refusé d’obtempérer et de tuer des civils ont dû déserter et fonder l’Armée Libre de Syrie dont l’objectif était de protéger et de défendre les citoyens du pays.

Depuis des mois, les forces de sécurité ont recours à l’artillerie lourde pour tuer et détruire. Les villes sont assiégées et pillées, les femmes sont violées. Les jeunes gens sont incarcérés, torturés et assassinés. Selon les militants des Droits de l’Homme, 10 000 personnes ont perdu la vie depuis le déclenchement du mouvement de protestation. Alors que la civilisation syrienne et son exceptionnelle histoire sont en train d’agoniser, le monde limite son engagement à observer les opérations militaires des forces d’Assad. Les actions entreprises à l’occasion de la Journée mondiale du livre ont pour objectif de dénoncer le silence en appelant à la chute d’Assad et à l’instauration d’un état de droit civil, libre et démocratique.

Prière de nous informer si vous désirez nous rejoindre pour cette lecture du 23 avril 2012 à l’adresse suivante : worldwidereading@literaturfestival.com


Appel aux intellectuels, écrivains et artistes du monde entier


 
Aujourd’hui, alors que nous écrivons ces mots, les enfants syriens sont égorgés, des Syriennes sont violées et leurs cadavres livrés à la nuit, les villes sont assiégées et pilonnées, les jeunes sont emprisonnés, torturés, assassinés. Par le biais des services de sécurité et de la lourde artillerie de l’armée, le régime syrien mène délibérément une vaste opération d’extermination des hommes, des arbres et des pierres.

La révolte de nos magnifiques concitoyens s’est déclenchée il y a un an, d’abord pacifiquement, et les manifestants ont brandi les branches d’olivier et les slogans civils. Le régime y a répondu par le meurtre, par la terreur et par le siège des villes, il a fomenté des émeutes communautaires parmi les citoyens du pays, il a sciemment scindé la société et l’armée, acculant les soldats qui refusaient à obtempérer aux ordres pour assassiner les civils à déserter et à constituer l’Armée libre de la Syrie dont l’objectif est de défendre les civils pacifiques.  

En Syrie, il n’y a ni membres d’al-Qaïda, ni salafistes, ni bandes armées. La seule bande armée qui commet les meurtres, qui sème la terreur et le sectarisme, c’est celle de Bachar al-Assad, de sa famille et de sa clique.

Le premier flambeau de la civilisation universelle s’est propagé depuis la Syrie, considérée comme « la seconde patrie de tout homme cultivé dans le monde ». Aujourd’hui, la Syrie, terre de culture et d’histoire, creuset de l’urbanisme et de la philosophie, se meurt sous les regards du monde qui se contente d’observer le dictateur en train d’exterminer un peuple et sa culture.

Le peuple syrien est livré à lui-même et son sang coule comme un fleuve, mais il refuse de revenir sur ses revendications de liberté, de dignité et de justice et aspire toujours à créer un état de droit civil.

Amis, jusqu’à quand allez-vous demeurer silencieux devant cette barbarie, devant ces criminels ? Jusqu’à quand allez-vous observer en spectateurs la tragédie de notre peuple ?

Nous vous conjurons de secouer l’opinion publique du monde entier, sans vous le régime de l’apartheid de l’Afrique du Sud n’aurait pas été aboli. Nous vous demandons d’agir et de faire pression sur vos gouvernements respectifs pour entreprendre rapidement une action afin de sauver notre peuple et notre beau pays, là où agonisent aujourd’hui l’art, la création et la vie.

Amis écrivains, artistes et intellectuels du monde entier ! Levez-vous, sauvez le peuple syrien de la mort, rejoignez la révolution la plus courageuse, la plus noble, la plus difficile, la plus impossible de l’histoire moderne.  

Rallier notre révolution c’est rallier les valeurs de liberté, de vérité, de justice et de civilisation.
Youssef Abdelke, Syrie; Gabriela Adamesteanu, Roumanie; José Eduardo Agualusa, Angola; Alaa Al-Asswani, Egypte; Gamal Al-Ghitany, Egypte; Amal Al-Jubouri, Irak; Homero Aridjis, Mexique; Paul Auster, Etats-Unis; Carmen-Francesca Banciu, Allemagne; Russel Banks, Etats-Unis; Hoda Barakat, Liban; Salim Barakat, Suède; Priya Basil, Royaume-Uni, Allemagne; Jeanne Benameur, France; Christian Boltanski, France; Hans Christoph Buch, Allemagne; Javier Cercas, Espagne; Amir Hassan Cheheltan, Iran; Noam Chomsky, Etats-Unis; Bora Cosic, Serbie; Lidija Dimkovska, Macédoine; Irene Dische, Allemagne, Etats-Unis; Ariel Dorfman, Chili; György Dragomán, Hongrie; Yasmine El Rashidi, Egypte; Shamsur Rahman Faruqi, Inde; Carlos Franz, Chili; Nadine Gordimer, Afrique du Sud; Juan Goytisolo, Espagne; Carla Guelfenbein, Chili; Nedim Gürsel, Turquie, France; Lars Gustafsson, Schweden;
Kevin Hart, Etats-Unis, Australie; Ala Hlehel, Palestine; Sonallah Ibrahim, Egypte; Vörös István, Hongrie; Elfriede Jelinek, Autriche;
Viktor Jerofejew, Russie; Elias Koury, Liban; Haris Lavianos, Grèce; Alisa Lebow, Royaume-Uni; Thomas Lehr, Allemagne;
Literaturzentrum, Hambourg, Allemagne; Jonathan Littell, Etats-Unis; Jamal Mahjoub, Soudan, Royaume-Uni; Issa Makhlouf, Liban; Norman Manea, Roumanie, Etats-Unis; Alberto Manguel, France, Canada; Monika Maron, Allemagne; Tienchi Martin-Liao, Chine, Allemagne; Ángeles Mastretta, Mexique; Carmelo Militano, Canada; Quim Monzó, Espagne; Michael Moore, Etats-Unis; P.E.N.-Zentrum, Allemagne; Gunilla Palmstierna-Weiss, Suède; Barbara Papadopoulou, Grèce, Allemagne; Andras Petöcz, Hongrie; Elisabeth Plessen, Allemagne; Poets Circle, Athènes, Grèce; Moritz Rinke, Allemagne; Tomas Salamun, Slovénie; Boualem Sansal, Algérie; Rafik Schami, Allemagne; Karl Schlögel, Allemagne; Peter Schneider, Allemagne; Hermann Schulz, Allemagne; Eduardo Sguiglia, Argentine; Adania Shibli, Allemagne, Palestine; Samuel Shimon, Royaume-Uni, Irak; Dino Siotis, Grèce; Wolfgang Sofsky, Allemagne; C.K. Stead, Nouvelle-Zélande; Zakaria Tamer, Royaume-Uni; Fairooz Tamimi, Jordanie; Janne Teller, Danemark, Etats-Unis; Annika Thor, Suède; Tinos International Literary Festival, Grèce; Mario Vargas Llosa, Pérou; István Vöros, Hongrie; Peter Wawerzinek, Allemagne; Irvine Welsh, Royaume-Uni; Samar Yazbek, Syrie; Razan Zeitouneh, Syrie; Jovan Zivlak, Serbie; Sabah Zouein, Liban.

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