Alstom: oui à une alliance entre égaux

« L’offre conjointe de Siemens et Mitsubishi est équilibrée sur le plan de la gouvernance politique et défend le meilleur projet industriel de long terme » affirment une vingtaine de députés socialistes, défenseurs d'une  « alliance qui donne à Alstom les moyens de faire face aux défis de la mondialisation tout en préservant sa spécificité nationale » et « notre indépendance énergétique ».

« L’offre conjointe de Siemens et Mitsubishi est équilibrée sur le plan de la gouvernance politique et défend le meilleur projet industriel de long terme » affirment une vingtaine de députés socialistes, défenseurs d'une  « alliance qui donne à Alstom les moyens de faire face aux défis de la mondialisation tout en préservant sa spécificité nationale » et « notre indépendance énergétique ».



L’avenir d’Alstom se jouera dans les prochains jours. Nous, parlementaires de la majorité, nous ne pouvons pas rester silencieux sur un dossier d’une telle importance, si symbolique. Nous avons, aussi, notre mot à dire sur ce qui représente un choix majeur pour le redressement économique de notre pays.

Nous saluons d’abord la démarche du gouvernement qui, par la voix du ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, a empêché la vente à 75%, prévue en catimini, d’un fleuron industriel national à un groupe étranger, de surcroît non européen. Nous saluons ensuite la signature du décret relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable qui a permis de conforter la puissance publique en tant qu’acteur légitime et capital de la négociation.

C’était nécessaire et c’est le sens de notre patriotisme économique. Cela a créé les conditions d’une alternative indispensable et d’une saine émulation économique favorable aux intérêts Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins avec deux propositions, deux offres d’envergure, à la fois engageantes et différentes. A l’heure des choix, il nous apparait primordial de réaffirmer les valeurs et les principes qui doivent guider les décisions d’Alstom.

En premier lieu, il faut s’opposer résolument au dépeçage, au démantèlement d’une entreprise de souveraineté nationale. Il s’agit de préserver à la fois notre indépendance énergétique et économique mais aussi nos atouts en matière d’innovation et de recherche. La France est belle et forte de ses talents et de sa capacité à se renouveler sans cesse. Battons-nous pour elle !

En second lieu, nous nous inscrivons résolument dans une logique de partenariat, la plus à même de garantir la pérennité d’Alstom. L’offre conjointe de Siemens et Mitsubishi est équilibrée sur le plan de la gouvernance politique et défend le meilleur projet industriel de long terme. Il permet à la France de rester engagée dans la gouvernance de son industrie, puisque l’Etat français pourrait rentrer dans le capital d’Alstom. Ce schéma doit notamment permettre à Alstom de se renforcer et se désendetter tout en conservant le contrôle de ses deux activités stratégiques, le transport et l’énergie. Il s’accompagne d’une cession de l’activité gaz et pourrait même conforter sa branche transport. Il a les atouts d’une offre gagnante-gagnante.

C’est pourquoi nous souhaitons cette alliance entre égaux, cette alliance des égaux. Une alliance industrielle, capitalistique, efficace dans son projet économique et qui s’engage fermement sur l’emploi. Une alliance qui donne à Alstom les moyens de faire face aux défis de la mondialisation tout en préservant sa spécificité nationale. Une alliance qui démontre que la France ne tourne pas le dos aux investisseurs étrangers mais, au contraire, les suscite et les encourage.

Cette alliance permet également de conserver une puissance énergétique européenne. Certes, le groupe japonais Mitsubishi entre dans le capital mais l’entreprise reste bel et bien française et européenne. En cette période instable, nous ne pouvons pas sacrifier notre indépendance énergétique, si précieuse.

Signataires
Philippe Baumel, Jean-Pierre Blazy, Christophe Bouillon, Kheira Bouziane, Jean-Michel Clément, Françoise Dumas, William Dumas, Richard Ferrand, Edith Gueugneau, Sandrine Hurel, Jean Launay, Gilbert Le Bris, Catherine Lemorton, Arnaud Leroy, Michel Lesage, Bernard Lesterlin, Kleber Mesquita, Patrice Prat, Thomas Thévenoud, Jean-Michel Villaumé, Cécile Untermaier, Jacques Valax, Fabrice Verdier.

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