Nous sommes féministes et nous votons Martine Aubry

La maire de Lille possède des «atouts d'expérience et de compétence» qui feront d'elle une «présidente de la République à la hauteur»: une vingtaine de personnalités, dont Laure Adler, Christian Baudelot, Françoise Héritier... s'engagent en faveur de sa candidature et rappellent ses actions pour les femmes.

La maire de Lille possède des «atouts d'expérience et de compétence» qui feront d'elle une «présidente de la République à la hauteur»: une vingtaine de personnalités, dont Laure Adler, Christian Baudelot, Françoise Héritier... s'engagent en faveur de sa candidature et rappellent ses actions pour les femmes.

 

 

----------------

pave.jpgNous sommes des femmes et des hommes, féministes. Nous soutenons la candidature de Martine Aubry pour la primaire citoyenne des 9 et 16 octobre prochain. Bien sûr, nous pouvons avoir des réserves sur tel ou tel point, ne pas être complètement d’accord avec elle sur telle ou telle question. Martine Aubry a soutenu DSK qui, sous l’angle du respect des femmes, pour le dire a minima, n’est pas une figure de proue. Elle est liée à des caciques du PS dont les propos sexistes restent dans les mémoires. Ces réserves, ces interrogations, existent. Martine Aubry y répondra lors de son meeting du 21 septembre consacré à l’égalité femmes – hommes en situant la question des droits des femmes, de la lutte contre les violences comme de celle contre le sexisme comme une vraie question sociale et politique.
Si nous nous engageons pour Martine Aubry, c’est au regard d’indéniables qualités et atouts qui feront d’elle une efficace candidate pour l’élection présidentielle et surtout une présidente de la République à la hauteur de la fonction et de sa mission.
Des atouts de personnalité : de Martine Aubry se dégage en effet un mélange d’énergie, de courage, de sérieux (qui n’exclut pas l’humour), qualités d’une grande utilité en ces temps difficiles. Oui, nous avons besoin, pour présider la République, de quelqu’un qui travaille, qui connaît ses dossiers, qui ne croit pas pertinent d’afficher de la désinvolture ou de changer de look pour poser sa candidature. Pas de bling bling, pas d’exhibition et d’instrumentalisation de la vie privée, ouf !
Des atouts d’expérience et de compétence : plusieurs fois ministre et députée, actuellement maire d’une très grande ville, Martine Aubry a exercé aussi des responsabilités et dans une administration d’Etat et dans une grande entreprise. Cette connaissance du monde du travail, avec ce qu’il contient de contraintes, d’inquiétudes, mais aussi d’élans et de dynamisme est décisive dans un moment historique où la question du travail, dans un pays comme la France, doit être au cœur d’une réflexion et d’une pratique de gauche.
Des atouts d’engagements. Par les actes qu’elle a posés, les décisions qu’elle a prises, les combats qu’elle a menés, Martine Aubry a fait avancer la cause des femmes.
En 2001, par la réforme de la loi sur l’IVG, elle a fait passer le délai de dix à douze semaines et autorisé les mineures à obtenir une IVG sans autorisation parentale (mais accompagnées d’un adulte de leur choix). Ce sont des avancées majeures pour les droits des femmes, qui répondaient à des revendications importantes du mouvement féministe. Son engagement pour l’égalité sociale a été déterminant pour faire avancer l’égalité. La CMU (couverture maladie universelle) et l'APA, (allocation personnelle d’autonomie), instaurées sous son impulsion, ont été de grandes réformes pour les femmes, puisqu’on sait que la précarité, la dépendance et sa prise en charge, concernent d'abord les femmes. Elles ont contribué du même coup à la réduction des inégalités sociales et de sexe. En 2000, elle a participé à l’instauration de cette réforme majeure qu’est la parité qui permet de faire avancer l’accès des femmes aux mandats et fonctions électives. En ce qui concerne les engagements énoncés dans cette campagne des primaires : Martine Aubry s’est engagée à faire de l’égalité professionnelle l’une des premières lois de sa mandature et à faire avancer l’égalité dans tous les domaines notamment par la refonte du service public de la petite enfance et la lutte contre les violences.
Engagements importants pour les droits des femmes, engagements d’actions. Chacun le sait : si l’inscription de droits dans des lois, des conventions, des textes est nécessaire, elle n’est hélas pas suffisante ; encore faut-il que s’opère le passage du droit au fait, du légal au réel.
Pour y parvenir, il faut de la volonté, et même de la ténacité. Et nous pensons que Martine Aubry les possède. Nous estimons aussi que Martine Aubry a compris une chose essentielle à nos yeux : l’enjeu de l’égalité des sexes n’est pas un enjeu subsidiaire, à placer au bas du catalogue revendicatif, mais un enjeu principal, un enjeu d’organisation de la société, un enjeu de civilisation, donc un enjeu politique au meilleur sens du terme.
Et puis, autant le dire, le fait que Martine Aubry soit une femme compte aussi. Qu’elle le soit ne suffit évidemment pas. Marine le Pen est une femme, ce n’est pas une raison de voter pour elle ! Mais avec Martine Aubry se dessine une perspective inédite sur la scène française : non seulement l’hypothèse assez crédible que la gauche revienne à la tête de l’Etat mais qu’une femme exerce la présidence de la République. Une femme de gauche, déterminée et courageuse, une femme qui ne la joue pas différencialiste. Une telle élection, c’est pour nous une certitude, représenterait un formidable progrès pour l’égalité des sexes. Il ne faut pas laisser passer cette chance.
Premières et premiers signataires
Laure Adler, écrivaine; Armelle Andro, chercheuse; Françoise Basch, chercheuse; Christian Baudelot, chercheur; Chantal Birman, Collectif des Associations et des syndicats de sages-femmes; Marie-Laure Brival, cheffe de service à la maternité des Lilas; Emmanuelle Boussard-Verrechia, avocate; Fabienne Brugere, philosophe; Marie Cervetti, directrice d'une association féministe; Isabelle Collet, chercheuse; Natacha Chetcuti, chercheuse; Caroline De Haas, militante féministe; Michelle Ferrand, chercheuse; Françoise Héritier, anthropologue; Annik Houel, chercheuse; Dominique Meurs, professeur des universités; Delphine Naudier, chercheuse; Françoise Picq, chercheuse; Rachel Silvera, chercheuse; Martine Storti, écrivaine; Claire Sutter, chercheuse.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.