Billet de blog 24 janv. 2011

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Pierre Joxe fait l'éloge de Pierre Mendès France

Dirigée par Françoise Seligmann, la revue Après-demain offre, dans sa dernière livraison, un éloge appuyé de Pierre Mendès France par Pierre Joxe. Ce portrait de "PMF" en "fantôme qui hante notre histoire", "le fantôme de la clairvoyance et du courage politique" résonne comme un message à des socialistes trop encombrés par le présidentialisme français.

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Dirigée par Françoise Seligmann, la revue Après-demain offre, dans sa dernière livraison, un éloge appuyé de Pierre Mendès France par Pierre Joxe. Ce portrait de "PMF" en "fantôme qui hante notre histoire", "le fantôme de la clairvoyance et du courage politique" résonne comme un message à des socialistes trop encombrés par le présidentialisme français.

De haute tenue et de ferme engagement, Après-demain est un lieu à part où s'exprime une gauche de principe et de responsabilité. Elle est une sorte de butte-témoin de ce temps où la gauche de gouvernement ne se contentait pas de rivaliser pour les places avec pour seule obsession la course à la présidence. Un temps en somme où les égos étaient relativisés par les idées, où la concurrence des personnes était souvent nourrie de débats intellectuels. Audacieuse résistante, collaboratrice de Pierre Mendès France, puis de François Mitterrand, secrétaire nationale du Parti socialiste (1983-1992), sénatrice socialiste des Hauts-de-Seine (1992-1995), Françoise Seligmann est l'âme de ce rendez-vous éditorial et des liens qui s'y entretiennent.

Aujourd'hui sauvée et portée par la Fondation Seligmann, dont le prix 2010 contre le racisme distingue Lilian Thuram pour son livre Mes étoiles noires (chez Philppe Rey), la revue Après-demain fut créée (en 1957) par la Ligue des droits de l'homme dont Françoise Seligmann est présidente d'honneur. Déclarée d'utilité publique en 2006, la Fondation Seligmann, dont elle est devenue l'organe, a notamment pour objet d'"œuvrer pour la victoire de la raison et de la tolérance,et promouvoir le rapprochement entre les citoyens et résidentsétrangers de toutes origines rassemblés sur le sol français".

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"La République en danger": le thème de la dernière livraison d'Après-demain (N°17, 1er trimestre 2011) recoupe les préoccupations de Mediapart qui ne cesse de sonner le tocsin sur les régressions démocratiques, sociales et morales accélérées sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Venues pour l'essentiel de socialistes ou anciens socialistes, les différentes contributions illustrent cette problématique de façon informée, sous des angles connus de nos lecteurs. Mais une contribution se distingue particulièrement, par son sujet comme par son signataire.

Proche compagnon de François Mitterrand (sans avoir pour autant, à la différence de maints courtisans, aliéné sa liberté critique), Pierre Joxe y fait l'éloge de Pierre Mendès France (1907-1982), longtemps vu comme une sorte d'anti-thèse du seul président de gauche de la Cinquième République. Sachant les réserves, pour ne pas dire la répulsion, de "PMF" vis-à-vis du système présidentialiste toujours en vigueur qui réduit l'espoir collectif à l'ambition d'un seul, le portrait dressé par Pierre Joxe résonne comme un message appuyé destiné à la gauche en général et aux socialistes en particulier dans la perspective de l'élection de 2012.

Message que l'on retrouvait, lors du récent week-end anniversaire de la mort de François Mitterrand, dans une interview du même Pierre Joxe au Journal du dimanche, invitant la gauche à s'ancrer dans des dynamiques collectives plutôt que dans des ambitions personnelles. Sous la plume de l'ancien ministre de l'intérieur (1983-1985, 1988-1991), puis de la défense (1991-1993), passé ensuite à la présidence de la Cour des comptes (1993-2001), puis au Conseil constitutionnel (2001-2010), on entrevoit aussi dans ce portrait de Pierre Mendès France un regard lucide sur ce qu'a manqué, dans le passé, la gauche au pouvoir et sur ce qu'elle ne peut plus, dans le futur, se permettre de louper.

Voici donc un texte à méditer et discuter, où l'on retrouve la trace d'une gauche de principe, d'une gauche que la responsabilité du pouvoir, avec ses contraintes et ses pièges, n'a pas réussi à éloigner de ses origines, de ses indignations premières et de ses engagements initiaux. En ces temps de doute, le fait mérite d'être souligné. Nous remercions Pierre Joxe et François Seligmann de nous avoir autorisé à le reprendre et ainsi l'offrir aux lecteurs de Mediapart.

Edwy Plenel

PS: la revue Après-demain n'est pas vendue en kiosque. Vous pouvez la retrouver et vous y abonner en allant sur le site de la Fondation Seligmann.

Pourquoi Mendès France? par Pierre Joxe

Il y a un demi-siècle, chargé du gouvernement de la France durant tout juste sept mois et 17 jours – on s'en souvient encore –, Pierre Mendès France (« PMF ») a représenté l'espoir des démocrates et l'honneur de la République. Il a incarné la gauche, le droit et la justice. Mais pourquoi donc ?

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Né en 1907, Pierre Mendès France avait été un enfant prometteur : bachelier à 15 ans, à 21 ans il était le plus jeune avocat de France.
Il fut un élu radical (de gauche) plein d'avenir : à 25 ans, le plus jeune député de France et, à 30 ans, le plus jeune ministre du Front Populaire. Résistant exemplaire, il fut condamné pour désertion par des juges aux ordres de Pétain, mais s'échappa de prison dès 1941 pour rejoindre de Gaulle à Londres et combattre dans les Forces Françaises Libres, comme officier dans l'Armée de l'Air.

Et pourtant cette vie, si bien commencée, semble avoir été soudain frappée de malédiction pour devenir une suite ininterrompue d'échecs, tous plus cinglants les uns que les autres. On va le voir : il a presque tout raté... Presque. Pourquoi un tel « loser » a-t-il un tel prestige ?

Mendès France et l'économie

Echec à la Conférence de Bretton Woods, en 1944, où il tente – en compagnie du grand John Maynard Keynes – de construire un système monétaire international pas trop défavorable aux pays ruinés par la guerre qui s'achève. Avec Keynes, avec le prophétique auteur des Conséquences économiques de la paix et de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, il échoue. Ces deux grands esprits ne parviennent pas à empêcher la mise en place du monopole des Etats-Unis et leur mainmise sur le système des Nations Unies en construction.

Echec à Paris au ministère de l'Economie nationale où, face au conservateur Pleven, il ne parvient pas à convaincre de Gaulle de prendre les mesures énergiques d'assainissement financier rendues indispensables par les abus engendrés par le marché noir, la spéculation et les trafics. Il démissionne donc en 1945.

Echec encore à Washington où il représente la France au tout nouveau Fonds Monétaire International... Une fois encore, il ne convainc pas. Il démissionne en 1947.

Echec toujours à New York : délégué de la France au Conseil économique et social de l'ONU qui vient de naître, où ses propositions sont une fois de plus incomprises. Il démissionne en 1951.

Echec encore, à nouveau en France, lorsque, réélu député, il tente de convaincre l'Assemblée Nationale de sortir de la Guerre d'Indochine, au prix «... de concessions, de larges concessions, sans aucun doute plus importantes que celles qui auraient été suffisantes naguère... » A nouveau prophétique, il annonce « ... le prix que nous paierons pour nos erreurs impardonnables... ». Il n'est pas entendu.

J'avais seize ans, alors.

Mendès France et les colonies

Nous étions de plus en plus nombreux à manifester au Quartier Latin, pour la « Paix au Viet Nam », indignés par ce que nous savions des villages rasés, des tortures, des massacres infligés – au nom de la France ! – aux nationalistes du « Viet Nam Doc Lap Dong Minh Hoi ». En deux mots, le Viet Minh ! Pour nous, c'étaient des patriotes. Ils étaient la Résistance, quoi !

Echec de Mendès encore, en 1953, où chacun croit pourtant qu'il va s'imposer comme recours pour sortir la France de cette sale guerre. Mais il échoue dans sa tentative de former un gouvernement... Pourtant, bientôt – presque aussitôt – l'échec militaire de la politique aveugle des colonialistes va occulter son propre échec politique : c'est Dien Bien Phu. En Mai 1954, ce camp retranché français tombe aux mains des nationalistes du Viet Minh. Des milliers de soldats français sont tués ou faits prisonniers par la faute du clan colonial qui a corrompu si longtemps la France. Alors, lâchement, en juin 1954, l'Assemblée va choisir Pierre Mendès France comme syndic de faillite de la République, pour faire – enfin – la Paix en Indochine... Il est Président du Conseil.

Echec encore, dira-t-on, pour Mendès France dont le gouvernement ne durera pas huit mois : dès février 1955, il est renversé par la droite au sujet de la Guerre d'Algérie qui vient de commencer, mais aussi à cause des courageuses politiques de décolonisation qu'il a entamées en Tunisie et au Maroc.

Echec de sa vaine tentative de modifier les institutions de la IVe République. Echec de « PMF », follement populaire dans la jeunesse, en 1955, pour rénover un Parti radical déchiré entre son aile progressiste et ses vieux notables.

Echec enfin de Mendès France, porte-drapeau du Front Républicain : il gagne les élections du 2 Janvier 1956, mais est immédiatement trahi par ses alliés « socialistes » de la SFIO agonisante dont le chef, Guy Mollet, accepte d'être nommé Président du Conseil par le Président de la République de droite, René Coty, et relance la guerre en Algérie. Or la France avait voté pour la Paix.

La trahison de la SFIO conduira Mendès France, qui avait d'abord accepté d'entrer dans ce gouvernement, à le quitter après peu de semaines, en refusant d'entériner une politique en Algérie qui allait multiplier les crimes de la guerre coloniale et bientôt enterrer la IVe République, en 1958.
Mendès France en réserve ?
Perdant alors son mandat de député, il en tira stoïquement les conséquences alors qu'il n'y était pas obligé, en démissionnant de ses mandats de maire et de président de Conseil général de l'Eure, geste politique devenu rare. Rejoignant les scissionnistes de la SFIO dans un Parti Socialiste Autonome (PSA) aux côtés d'Edouard Depreux et de Robert Verdier, qui donnera naissance plus tard à nouvelle formation de gauche, le Parti Socialiste Unifié (PSU) il demeura un simple adhérent sans jamais y prendre de responsabilités.

Opposant de la première heure à la Ve République, il prit aussi position en 1962 contre l'élection du Président de la République au suffrage universel, car pour lui, « un homme élu par trente millions d'électeurs est forcément très puissant ; or, volontairement, on n'a prévu aucun contrepoids, aucun partage, aucune institution de contrôle ». Aussi refusa-t-il d'être le candidat de la gauche en 1965, mais aussi en 1969 comme beaucoup le souhaitaient. Il apporta, en vain, son soutien à Gaston Deferre.

Pierre Mendès France était entré pour toujours dans l'opposition, mais il vécut assez longtemps pour participer à la campagne et assister à l'élection de Mitterrand en 1981. Décédé en 1982, PMF hante encore la mémoire de ceux qui l'ont connu et admiré. Pourquoi ?
Sans doute parce que derrière un visage avenant et une allure discrète, presque banale, se cachait une volonté inflexible et une fidélité absolue à ses convictions et ses engagements, la passion de la vérité et une éthique : celle de la République.
Mendès France : pourquoi ce prestige durable ?
Il a beaucoup entrepris. Il a souvent échoué. Mais il n'a jamais transigé sur les principes auxquels il tenait. Un exemple peu connu va illustrer ce trait de caractère, car cet enfant précoce, presque enfant prodige, fut aussi un très précoce contestataire au sein de la gauche. Qu'on en juge par l'affaire des Jeux olympiques de 1936, à Berlin.

Cette année-là, en Europe et en France, les démocrates hésitaient à participer à des Jeux organisés par Hitler, qui allaient donner une publicité au nazisme alors triomphant et déjà menaçant. La gauche française hésitait. Finalement, sur la participation française, un vote eut lieu à la Chambre des députés. Les députés socialistes et communistes choisirent de... s'abstenir, craignant de ne pas être compris par... les amis du sport.

Un seul député de gauche refusa cette lâcheté et vota contre. Un seul : Pierre Mendès France.

Avant, pendant, après la guerre, visionnaire et expert à la fois, il proposa à la France puis à la communauté internationale, à quelques années d'intervalle, des politiques économiques courageuses et justes, qui auraient pu prévenir les désastres annoncés. Chaque fois, hélas, pourtant sous Blum puis sous de Gaulle, chaque fois le conservatisme obtus l'a écarté de la vie publique.

Une « carrière politique », un cursus honorum à la romaine, un prestige durable d'homme d'Etat peut il reposer ainsi sur quelques trente semaines du gouvernement de 1954 ? Sur ces fameux « 7 mois et 17 jours » ? Quelle est la clef de ce mystère ?

Je crois la connaître, car il m'a été donné de côtoyer de près des hommes et des femmes qui le soutenaient – dont mon père et ses meilleurs amis – mais aussi ceux qui le combattirent et même ceux qui le trahirent – à gauche.

A cette époque, quand la France s'enfonçait dans la guerre coloniale au Vietnam, avant de s'engager dans celle d'Algérie, un sentiment diffus empoisonnait l'opinion. Une culpabilité indicible obscurcissait les esprits. Chez beaucoup d'adultes encore honteux des lâchetés de Munich, de la « drôle de guerre » et de la « collaboration » avec l'occupant nazi, il y avait une idée sourde et informulée : « On ne va pas encore se faire battre... »

Prétendant défendre « l'honneur de la France » et « l'honneur de l'Armée », comme pendant l'affaire Dreyfus, cette opinion a laissé, par veulerie, des soldats et des officiers se déshonorer dans une guerre injuste, criminelle et vaine. Obscurément, cette masse de l'opinion française savait la cause mauvaise et perdue. Profondément, elle n'osait ni envisager, ni assumer la fin de « notre Empire colonial ».
Quant à nous, les militants anticolonialistes, nous étions de « mauvais Français » ! « L'ennemi intérieur » ! « L'anti-France » même ! C'était le style de l'époque...

Mendès France a donc été adulé, adoré par la jeunesse, parce qu'il a fait ce qu'on attendait : la Paix. Il a dit ce qu'on voulait entendre : le droit à l'Indépendance... Nous avons cru qu'il était là pour longtemps... C'est évidemment Mendès France le décolonisateur qui est présent dans la mémoire de ses contemporains. Car là, on retrouve l'enfant prodige.
Le décolonisateur
A plusieurs reprises PMF avait en vain proposé aux Français de rompre avec leur passé colonial et d'appliquer aux pays asservis depuis un siècle, en Asie, en Afrique, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes que la Résistance avait fait triompher sur notre propre sol. Finalement, en six mois, il fera faire à la France la moitié du chemin de la décolonisation, presque seul... dans une République malade.

En 1953, sur l'Indochine, il a tout d'abord échoué, mais en 1954, l'échec militaire de la droite colonialiste l'amène au pouvoir. En quelques semaines, avec les accords de Genève, il sort la France de ce conflit qui allait encore durer des années - sous commandement américain - pour le malheur du peuple vietnamien.

Et aussitôt, sans désemparer, dix jours plus tard, Mendès France entreprend de régler le problème tunisien. Miracle : il réussit. Le célèbre Accord de Carthage, négocié avec le leader nationaliste Bourguiba, ouvre la voie à l'indépendance de la Tunisie. Sans guerre coloniale.
Dans la foulée, il enchaîne vers l'indépendance du Maroc qui adviendra aussi, grâce à lui, après son départ prématuré, sans guerre coloniale.

Dans le même élan, après avoir eu une position hésitante sur l'Algérie, il prend le virage qui aurait dû la mener à l'indépendance, sans guerre coloniale...

Trop tard : le 5 février 1955, il est renversé sur le statut de l'Algérie. Une guerre cruelle va y durer sept ans. Malgré les appels de PMF.
Ainsi, en novembre 1957, au congrès du Parti radical, il s'adresse encore au nouveau Président du Conseil, qui a succédé à Guy Mollet, en ces termes :

« Supposez que vous déclariez que, dès maintenant, vous allez tenir les promesses anciennes, rendre aux musulmans les droits dont ils sont dépouillés, sortir des camps de concentration où ils pourrissent, ces intellectuels, ces hommes qui doivent être vos interlocuteurs, supposez que vous leur donniez des libertés, la liberté de la presse, la liberté syndicale, qu'ils puissent désormais mener une vie d'hommes libres, égaux et respectés – supposez que vous supprimiez une fois pour toutes ces horribles ateliers de torture – je vous le demande, quelle majorité osera vous dire non et osera vous renverser ? »
En vain, hélas !... Le Résistant Mendès France est alors traité à son tour de traître par la droite colonialiste et raciste, mais aussi considéré comme tel par une partie de la « gauche » froussarde qui a rappelé le contingent pour envoyer les fils des résistants français faire la guerre aux patriotes algériens.

Comme au temps de l'affaire Dreyfus, le racisme envahit tout et infecte la vie politique. Mendès France est la cible des attaques racistes et antisémites les plus insolites et les plus vulgaires. En voici un exemple :

Dans une France où plusieurs régions - dont la sienne, la Normandie - étaient alors ravagées par l'alcoolisme, il prit des mesures brutales et efficaces contre les « bouilleurs de cru » et les trafics d'alcool de contrebande. Il fit distribuer du lait dans les écoles, mais aussi dans les casernes, où le « quart du soldat » était encore une vieille tradition d'alcoolisation juvénile, depuis les tranchées de 1914... au plus grand profit du lobby des colons « pinardiers » d'Algérie. On a honte de rappeler en quels termes un ami de Le Pen, Pierre Poujade, a pu interpeller PMF sans être poursuivi : « ... Si vous aviez une goutte de sang gaulois dans les veines, vous n'auriez jamais osé, vous, représentant notre France, producteur mondial de vin, vous faire servir un verre de lait dans une réception internationale ! C'est une gifle, monsieur Mendès, que tout Français a reçue ce jour-là ! ». Les poujadistes ainsi giflés refusaient de l'appeler « Mendès France ». Ces braves Gaulois le surnommèrent même « Mendès Lolo »...

Il est insulté en ces termes - à l'Assemblée Nationale - par ce Le Pen, déjà spécialiste de l'ignominie : « ... vous cristallisez sur votre personnage un certain nombre de répulsions patriotiques et presque physiques... »

Trente ans après le décès de Pierre Mendès France, un demi-siècle après la mort de la IVe République, on sait de quoi les Républiques peuvent être malades. A en mourir, quand elles bafouent les libertés et renient le droit.

Le souvenir de Mendès France est comme un fantôme qui hante notre histoire contemporaine. Le fantôme de la clairvoyance et du courage politique. Hélas, tous les fantômes ne sont pas des revenants.

Pierre Joxe

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