SOS Tunisie: les libertés menacées

Une trentaine d'universitaires, chercheurs, acteurs de la société civile, tous «Tunisienne(s) et Tunisien(s) de l'étranger», s'inquiètent «de la dégradation des libertés acquises par la Révolution tunisienne». Ils lancent un appel, demandant «aux autorités publiques de mettre tout en œuvre pour rechercher les auteurs (des) violences, de les traduire devant les tribunaux et d'assurer sans délai la sécurité des personnes menacées».

Une trentaine d'universitaires, chercheurs, acteurs de la société civile, tous «Tunisienne(s) et Tunisien(s) de l'étranger», s'inquiètent «de la dégradation des libertés acquises par la Révolution tunisienne». Ils lancent un appel, demandant «aux autorités publiques de mettre tout en œuvre pour rechercher les auteurs (des) violences, de les traduire devant les tribunaux et d'assurer sans délai la sécurité des personnes menacées».

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L’état des libertés publiques en Tunisie appelle à la vigilance et à la mobilisation.

Nous apprenons au quotidien des violations et des atteintes répétées aux libertés fondamentales: à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté d’information, à la liberté de création et à la liberté de pensée.

Nous, Tunisiennes et Tunisiens de l’étranger, signataires de cet appel, sommes inquiets de la dégradation des libertés acquises par la Révolution tunisienne dont la revendication essentielle était la liberté, le travail et la dignité.

Nous sommes inquiets parce que chaque jour apporte son lot d’atteinte et de violation des libertés publiques et en particulier, celle de la liberté de la presse..

Ce lundi 23 janvier se tenait un procès, celui d’une chaîne de télévision, procès qui n’aurait pas dû exister et qui nous rappelle les sombres moments de la dictature de l’ancien régime.

Quels que soient les reproches «légitimes» d’une partie de l’opinion exprimés lors de la projection d’un film ou d’une création artistique, ceux-ci ne justifient ni la violence ni les menaces.Ces reproches ne justifient pas non plus la poursuite judiciaire d’une chaîne de télévision dans l’exercice de son travail.

Les médias, quelle que soit leur nature, publics ou privés, doivent jouir de la pleine liberté de diffusion et d’expression dans un pays libre et démocratique.

Lors de ce procès, messieurs Abdelhalim Messaoudi, Hamadi Redissi, Zyed Krichen,Salah Zeghidi, Saïda Garrach et Youssef Seddik (journalistes, universitaire et militant des droits de l’homme ), présents aux abordsdu palais de Justice, ont subi des agressions et des humiliations de la part d’un groupe de personnes dites «salafistes».

Les libertés fondamentales, avec l’indépendance de la Justice, sont les piliers et les garants d’une société réellement démocratique.

Il est inadmissible qu’une société démocratique ne soit pas capable d’assurer l’ordre public et son maintien, de surcroît lors d’un procès qui semble mobiliser le ban et l’arrière-ban de la partie qui l’a provoqué.

Est-ce normal que la sécurité des citoyen(ne)s ne soit pas assurée et que la police reste inerte dans un tel contexte?

Nous ne pouvons rester silencieux devant cette violence et nous nousjoignons à toutes les voix qui,en Tunisie, se sont élevées contre ses méthodes qui nous rappellent de tristes souvenirs.

Nous exprimons notre soutienet notre solidarité aux victimes de ces agressions et déplorons l’absence de sécurité dans ce contexte qui exigeait un minimum de prévention!

Nous, signataires de cet appel, demandons aux autorités publiques d’assumer leur responsabilité de garant du maintien de l’ordre public et de la sécurité des citoyen(ne)s.

Nous regrettons que la police attende des ordres qui ne viennent pas!

Après les incidents subis par la faculté de La Manouba et le tâtonnement dans le traitement du problème par les autorités compétentes, nous voilà à nouveau, aujourd’hui, en présence d’une inertie des autorités en matière de maintien de l’ordre public.

Nous demandons aux autorités publiques de mettre tout en œuvre pour rechercher les auteurs de ces violences, de les traduire devant les tribunauxet d’assurer sans délai la sécurité des personnes menacées.

Nous rappelons que la démocratie ne peut se construire dans un climat d’intolérance et de violence et en l’absence du respect des libertés fondamentales (libertés publiques et individuelles).

Premiers signataires:

Hichem ABDESSSAMAD, chercheur
Khaled ABICHOU, ancien syndicaliste
Najoua AGREBI, juriste
Noureddine BAABOURA, militant associatif, FTCR
Houcine BARDI , porte parole Parti tunisien du Travail
Souhayr BELHASSEN, présidente de la FIDH
Almi BEN AMEUR, militant associatif
Tarek BEN HIBA, président de la Fédération Tunisienne des Citoyens des deux Rives,(FTCR)
Alia Ben Saïd, Collectif des Femmes Tunisiennes en France
Féthi BENSLAMA, Professeur, Doyen de l’UFR d’Etudes psychanalytiques, Université Paris Diderot, IPAD
Adnane BEN YOUSSEF, membre du bureau politique du PDP

Sophie BESSIS, journaliste et universitaire
Fatma BOUVET de la MAISONNEUVE, psychiatre, essayiste, élue municipale Montrouge
Hédi CHENCHABI (militant associatif) et au nom de AIDDA

Mohieddine CHERBIB, président du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie, (CRLDHT)
Nadia EL FANI, cinéaste
Mohamed-Lakhdar ELLALA, président de l’Association des Tunisiens en France (ATF)
Chedly ELLOUMI, militant associatif, Grenoble
Mohamed-Chérif FERJANI, universitaire, islamologue à Lyon 2
Mohamed Mrad Ghadoumi, PTT France
Gérard HADDAD, psychiatre, psychanalyste, écrivain

Samia HATHROUBI, enseignante, Militante associative
Abderrazak HORCHANI BOUAZIZI, Président de l'ADTF- Association Démocratique des Tunisiens en France
Jamel JANI, Association des droits de la personne au Maghreb-Canada
Nacer Jalloul, PTT
Hédi Jilani, PTT
Jalel MATRI Union des Tunisiens de Suisse

Ali MEZGHANI, universitaire, Paris 1
Nidhal MIZOUNI, militante Droits de l’Homme en Tunisie, Grèce
Najet MIZOUNI, universitaire, Paris 8
Tarek TOUKABRI, ancien candidat PDP à la Constituante
Chadli Zaïdi, coordinateur général du Mouvement des Patriotes Démocrates en France (MOPAD), ancien candidat à la Constituante

Pour signer l’appel, envoyer votre signature à Najet Mizouni : najlin@voila.fr ou Mohieddine Cherbib: cherbib@gmail.com

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