Chercheur à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) et spécialiste de l’Etat islamique (EI, anciennement Etat islamique en Irak et au Levant), Romain Caillet brosse le tableau d'une organisation en expansion dans la province de Homs, en Syrie, où sa popularité est croissante parmi les populations en rébellion, ses actions meurtrières, mais où elle se heurte à la domination de l'armée de Bachar Al-Assad.



Considéré aujourd’hui par de nombreux experts comme la principale menace terroriste, l’Etat islamique (EI), anciennement connu sous le nom d’Etat islamique en Irak et au Levant, a su établir sa domination sur de larges secteurs des territoires irakien et syrien. En Syrie, cette domination de l’EI s’exerce sur les régions de la vallée de l’Euphrate (Raqqa, Deir ez-Zor et Hassaka) et sur la campagne orientale d’Alep. Hormis ces zones, la province de Homs constitue un cas d’étude particulièrement intéressant, dans la mesure où l’EI s’y trouve en expansion, sans toutefois être parvenu à établir son autorité sur l’ensemble des forces de la rébellion. 

Le 17 juillet 2014, les combattants de l’Etat islamique (EI) annonçaient leur conquête du champ gazier de Sha‘ir, situé dans le désert du gouvernorat de Homs. La conquête de ce complexe gazier, repris par l’armée syrienne le 26 juillet, avait été suivie du massacre de la plupart des prisonniers : soldats de l’armée régulière, miliciens des « Forces de défense nationale », loyalistes au régime de Bachar al-Assad, et une partie du personnel civil travaillant sur le site. Au-delà de l’émotion suscitée par la violence de cette bataille, où certains médias allèrent jusqu’à évoquer le chiffre de 350 morts (lire sur RFI), jamais un groupe rebelle n’était parvenu en une seule journée à infliger une telle perte aux forces du régime syrien (fait signalé par Rami Abderahman, directeur de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, au cours d’un reportage de la chaîne Al Hadath TV). Outre le bilan humain et l’enjeu stratégique représenté par ce champ gazier, dont l’exploitation assure en partie la production de l’électricité en Syrie (1), la prise d’al-Sha‘ir a été l’occasion de mettre en évidence une réalité méconnue : l’expansion croissante de l’EI dans la province de Homs, en particulier dans son secteur oriental.

L’implantation de l’Etat islamique dans la province orientale de Homs

Renforcé par ses conquêtes en Irak et en Syrie, l’EI est parvenu à libérer des milliers de prisonniers dans les régions irakiennes tombées sous son contrôle mais aussi à recruter de nouveaux combattants syriens, fascinés par les victoires remportées sur le terrain par cette organisation. Bien que peu de données fiables circulent sur l’évaluation du nombre de ses combattants, les effectifs de l’EI s’élèveraient aujourd’hui de 25 000 à 30 000 hommes, dont une part importante d’étrangers dans le secteur syrien de l’Etat islamique (2). Toutefois ces combattants étrangers ne sont plus aujourd’hui majoritaires dans certaines régions, notamment à Damas (3) et sans doute dans les régions de Raqqa et Deir ez-Zor, où plusieurs commandants syriens ont commencé à émerger dans ces bastions de l’EI (4). Relativement modeste dans la périphérie de la cité de Homs, la présence de l’Etat islamique est en revanche sous-estimée par la plupart des observateurs dans la zone orientale du gouvernorat. C’est en effet dans cette zone tribale, située dans le désert syrien de la Badiya, que l’EI s’est le mieux implanté après près d’un an et demi de présence dans la région de Homs.

Particulièrement bien formés aux techniques de combats dans le désert, où ils ont survécu pendant plus de sept ans, après avoir été chassés des villes irakiennes à partir de 2007 par les milices de la Sahwa, supplétives de l’occupation américaine, les hommes de l’EI ont peu à peu étendu leur domination sur la majorité de la Badiya syrienne. Ainsi en juillet 2013, trois mois après la proclamation de l’extension de l’Etat islamique d’Irak au Levant, les premières opérations d’envergure furent menées dans la ville de Sukhna, située dans le secteur le plus oriental du gouvernorat de Homs, en collaboration avec Jabhat an-Nusra, la branche syrienne d’al-Qaïda.

Cette collaboration de l’Etat islamique avec les autres forces rebelles, qu’il s’agisse des jihadistes de Jabhat an-Nusra ou des islamistes modérés proches de l’Armée Syrienne Libre (ASL) se poursuivit pendant plusieurs mois. Le 7 novembre 2013, les combattants de l’Etat islamique participèrent ainsi, aux côtés des autres forces de la rébellion, à la prise du dépôt d’armes de Mahin, au Sud de la province entre Homs et Palmyre. Passée relativement inaperçu dans les médias, la prise de ce dépôt, l’un des plus importants de toute la Syrie, représenta sans doute, en raison de la quantité d’armes obtenues, la principale victoire stratégique remportée par l’opposition durant l’année 2013.

Hormis les actions spectaculaires, telles que les embuscades et les « opérations martyrs » contre le régime syrien, les combattants de l’Etat islamique ont également mené une politique pragmatique vis-à-vis des tribus de la Badiya dans le gouvernorat de Homs. En s’installant en bordure des villages, dans des camps dressés dans le désert (5), les jihadistes ménagèrent dans un premier temps ces tribus, qui en retour tolérèrent leur présence, permettant ainsi à l’EI d’établir progressivement sa domination sur la majorité de la zone désertique de la province de Homs.

Cette domination de l’Etat islamique sur la Badiya a pu se vérifier au début de la guerre inter-rebelle opposant les jihadistes de l’EI à une alliance hétéroclite, allant des brigades pro-occidentales jusqu’aux salafistes, soutenus par les régimes du Golfe, en passant par les islamistes modérés. Ainsi le 13 janvier 2014, près de 50 combattants d’Ahrar ash-Sham, une faction salafiste, tombèrent dans une embuscade tendue par l’EI dans la Badiya, entre les secteurs de Raqqa et Hassaka. Trois semaines plus tard, le 1 février, Abu Hussayn ad-Dayk, commandant de la brigade rebelle des Suqur ash-Sham dans la Badiya de Homs, tomba lui aussi dans une embuscade tendue par les jihadistes de l’EI à l’intérieur de la zone d’al-Sha‘ir. Acculés dans le désert par les combattants de l’EI, les responsables de Suqur ash-Sham acceptèrent trois jours plus tard de négocier un accord, qui permettait à leurs hommes de se retirer d’al-Sha‘ir sous la protection l’EI], contre leur promesse en retour de ne plus combattre les jihadistes.

Conscients de l’importance stratégique de la Badiya et désireux de susciter des vocations locales, en particulier au sein des tribus, les responsables de l’EI proclamèrent alors une « Province de la Badiya » (Wilayat al-Badiyya), s’étendant sur la majorité du gouvernorat de Homs, une partie de celui de Hama, Deir ez-Zor, Hassaka, Raqqa et sur une portion limitée du Sud-Est d’Alep, essentiellement autour la ville d’al-Maskana. Ce redécoupage administratif a affecté toutes les provinces syriennes, l’Etat islamique allant même jusqu’à rebaptiser certaines provinces. Ainsi, les gouvernorats de Deir ez-Zor et Hassaka devinrent respectivement les provinces d’al-Khayr (le bien) et d’al-Baraka (la bénédiction), tandis que le gouvernorat de Lattaquié, dont l’EI s’est aujourd’hui retiré, avait été baptisé « Province de la côte » (Wilayat as-Sahil).

L’appellation « Province de la Badiya » finit toutefois par être abandonnée par l’EI, qui commença véritablement à recevoir les allégeances des tribus de la zone orientale du gouvernorat de Homs à partir de janvier 2014, au tout début la guerre inter-rebelles. Parmi les tribus dont l’Etat islamique revendique le soutien dans la zone orientale de la « Province de Homs » (Wilayat Hims), on compte d’abord celle d’al-‘Umur, basée près des villes de Sukhna et Palmyre, dont l’allégeance de la plupart des clans nous a été confirmée par une source anti-EI. En revanche, cette source met en doute les allégeances des tribus d’al-Mawlawi et d’al-Khalidi (Bani Khalid), contestant formellement l’allégeance de cette dernière pourtant revendiquée par l’EI (7). Cette dynamique d’allégeance à l’Etat islamique ne se limite pas aux tribus ni à la zone orientale: même dans la ville de Homs et dans sa périphérie, on trouve désormais des sympathisants de l’EI, y compris parmi les premiers activistes de la révolution syrienne.

Une popularité croissante au sein de la population sunnite de Homs

Il est impossible de mentionner toutes les « opérations martyres » effectuées par des jihadistes de l’EI dans la région de Homs, d’autant que pendant très longtemps l’organisation a combattu en Syrie sous la couverture de Jabhat an-Nusra. Nous mentionnerons cependant celle du Français converti Nicolas Bons (Abu ‘Abd ar-Rahman al-Firansi), qui mourut dans une attaque kamikaze lancée le 22 décembre 2013 contre la position d’une milice syrienne dans la localité chiite de Um ‘Amad, à proximité du village de Deir al-Ful, devenu aujourd’hui un bastion de l’Etat islamique au Nord de Homs. Deux mois plus tard, en février 2014, Abu al-Qa‘qâ’ at-Tunisi, commandant de l’Etat islamique, était tué par le Front Révolutionnaire syrien, dans la ville de Rastan à l’Ouest des positions de l’EI. A l’instar des autres régions, les jihadistes ont donc combattu les rebelles, toutefois l’écrasante domination du régime syrien à Homs a limité l’ampleur de ces affrontements au sein de la rébellion. L’ennemi principal demeurant les forces du régime, tant pour les jihadistes que pour tous les activistes locaux de la révolution syrienne.

Avant son départ du centre-ville de Homs assiégé par l’armée syrienne, Abdel Basset Sarout, gardien du but de l’équipe nationale de football, surnommé « l’icône de la révolution » par les activistes syriens, avait appelé Jabhat an-Nusra et l’Etat islamique à venir les soutenir. Quelques jours plus tard, malgré la chute de Homs, Abdel Basset Sarout élevait l’étendard de l’Etat islamique, qui se distingue de ceux des autres groupes jihadistes, lors d’une visite dans un camp de l’organisation. S’il ne faut pas sur-interpréter cette anecdote, cela traduit néanmoins une radicalisation d’une partie des révolutionnaires syriens, se sentant abandonnés à la fois par les démocraties occidentales, les monarchies du Golfe et les brigades rebelles modérées. Ainsi pour ceux qui ont subi la défaite de Baba Amr, puis le siège de Homs et la chute de la ville aux mains du régime, vient alors la tentation de rejoindre ceux qui semblent incarner la force montante de l’insurrection syrienne, en dépit du radicalisme affiché par l’EI.

Proche d’Abel Basset Sarout, le militant Badawi al-Mugharbil, plus connu sous le nom d’Abu Ja‘far, est lui aussi l’une des principales figures de la révolution dans la ville de Homs. Très critique envers la plupart des brigades rebelles, il considère aujourd’hui que l’Etat islamique est la seule force armée cohérente, capable de mener des offensives d’envergure, que ce soit en Irak ou en Syrie: « Je ne suis pas membre de l’Etat islamique, ni n’ait fait allégeance au Califat, mais il faut reconnaître la vérité, l’EI est la force la mieux organisée, doté d’un vrai commandement unifié, contrairement à tous les autres groupes y compris Jabhat an-Nusra », nous affirme-t-il le 3 juillet 2014, interrogé par Skype. 

Selon Abu Ja’far, l’EI aurait aujourd’hui une certaine popularité auprès des sunnites de Homs, qui s’expliquerait par ses victoires en Syrie et en Irak mais aussi par la sévérité dont fait preuve cette organisation envers ses combattants, lorsque ceux-ci transgressent la loi islamique. « Récemment l’EI a exécuté [crucifié] un de ses membres pour avoir opprimé des civils à Raqqa, est-ce que tu connais une autre brigade qui applique la justice ainsi sur ses propres hommes ? Non et bien dis-toi que les Syriens font attention à ce genre de choses », expliquait-il aussi. 

Cette réputation d’intégrité de l’EI est confirmée par d’autres sources, notamment un humanitaire travaillant pour ONG européenne se rendant régulièrement dans la région d’Idlib, où l’Etat islamique s’est retiré depuis plusieurs mois (8). Si les habitants rencontrés sont très hostiles à l’EI, ces derniers reconnaissaient toutefois que ses tribunaux islamiques furent sans doute le seul point positif de la présence de l’EI dans leur région. Ce qui avait été apprécié, en tout cas dans un premier temps, dans le fonctionnement des tribunaux de l’EI était justement son caractère implacable, n’hésitant pas à condamner les membres des grandes familles de la région, ce que ne faisait jamais les tribunaux des autres groupes, qu’ils soient islamiques ou pas.

Autre figure de la révolution, l’activiste Abu Bilal al-Homsi, membre du Conseil de la révolution syrienne à Homs, qui intervenait encore régulièrement l’année dernière sur Al-Jazeera, Al-Arabiya et d’autres médias, a prêté allégeance début juillet au Califat de l’EI, en compagnie d’une dizaine de militants (9). Interrogé sur le logiciel Skype, le 3 juillet 2014, sur les motivations de son allégeance, Abu Bilal al-Homsi nous affirme être depuis longtemps un sympathisant de l’Etat islamique, auquel il voulait faire allégeance depuis plusieurs mois. « Ça fait un moment que je voulais faire allégeance à l’Etat islamique mais c’était impossible lorsque j’étais à l’intérieur de Homs, entouré de sahawat (rebelles pro-occidentaux financés par les pays du Golfe), qui exécutaient tous les membres de l’EI » (10).

Ce positionnement radical d’Abu Bilal al-Homsi n’est pas récent: dès le mois de décembre 2013, il avait déclaré que depuis ses début la révolution n’avait pour but que l’application de la loi islamique (ash-Shari‘a) en Syrie. Aussi incontestable soit l’engagement d’Abu Bilal al-Homsi dans la révolution syrienne, son idéologie jihadste reste toutefois minoritaire parmi les activistes de Homs, bien qu’il existe parmi eux un sentiment de sympathie pour l’Etat islamique. Pour Abu Mu‘adh, membre d’une brigade de l’ASL de Homs opposée aux jihadistes radicaux, qui œuvre pour convaincre ses proches, dont trois de ses cousins, de se désolidariser de l’EI, leur popularité auprès d’une grande partie des jeunes de Homs est une réalité (11). Selon lui, cette popularité s’expliquerait avant tout par le fait que ces jeunes n’ont pas connu les méthodes autoritaires de l’EI, celui-ci n’ayant jamais gouverné de zone importante dans la périphérie de Homs. Ce serait donc par naïveté, voire par ignorance que ces jeunes de Homs soutiendraient l’EI, plutôt que par un sectarisme anti-alaouite exacerbé par l’engagement aux côtés du régime de la plupart des membres de la communauté alaouite, estimée à un tiers des habitants de la ville.

Ce sectarisme anti-alaouite est cependant une réalité de terrain, expliquant la radicalisation de nombreux jeunes de la révolution. A leurs yeux, il est justifié par les massacres qui auraient été perpétrés par des milices alaouites contre des populations sunnites de Homs. Paradoxalement, certains jihadistes considèrent même que l’EI n’est pas assez engagé dans la « lutte contre les alaouites », à l’instar d’Abu Hudhayfa al-Ansari, ancien responsable médiatique du groupe jihadiste Jund ash-Sham, opérant dans le secteur du Krak des chevaliers, à l’ouest de la ville de Homs (12). « L’Etat islamique est de plus en plus populaire auprès des gens mais certains se demandent pourquoi ses combattants n’attaquent pas davantage les villages alaouites. Au lieu de ça, ils se concentrent sur les puits de pétrole, les gisements de gaz et les combattants de l’armée libre, bien que ces derniers aient commis beaucoup d’erreurs… » (entretien le 23 juillet sur Skype).

Désireux d’établir un Etat viable, ayant la capacité de vivre en autarcie, l’Etat islamique s’est concentré sur la conquête de territoires utiles, qu’il s’agisse du nord-est d’Alep, considéré comme le grenier à blé de la Syrie, ou des champs de pétrole de la zone orientale, notamment ceux situés dans la province de Deir ez-Zor. Dans la région de Homs, ce sont les champs gaziers qui représentent la principale richesse naturelle, en particulier ceux d’al-Sha‘ir et d’Elba (13), situés dans la zone d’influence de l’EI. Outre la zone orientale, il existe d’autres champs gaziers plus près de la ville de Homs que ceux de la Badia, notamment à Furqlus, théâtre de récents combats entre l’armée syrienne et l’EI, qui manifestement souhaite s’y implanter.

Outre la domination militaire de l’armée syrienne sur la province de Homs, le principal obstacle à une expansion de l’Etat islamique demeure la présence récente d’une importante minorité alaouite, qui a été incitée à s’implanter dans cette région par Hafez al-Assad, soucieux de voir les alaouites, considérés comme fidèles au régime, s’établir sur tout le territoire. Du côté des populations sunnites, majoritairement acquises à la rébellion, bien que certains milieux modérés soient effrayés par le radicalisme des jihadistes, c’est d’abord l’accusation de collusion avec le régime Assad qui constitue la principale accusation portée contre l’EI. Ce narratif du complot, que l’on a tendance à sous-estimer en Occident, a toutefois de moins en moins de crédibilité depuis la prise de Mossoul et les avancées de l’EI en Irak, qui ont été suivies en Syrie par les prises des Bases de la 17e division et de la brigade 93 à Raqqa mais aussi du 121e régiment d’artillerie à Hassaka*. Ainsi la conquête du champ gazier d’ash-Sha‘ir, même si celui-ci a été repris, après avoir été fortement endommagé, par le régime, s’inscrit dans une dynamique d’expansion de l’EI sur le territoire syrien. Le désert de la Badiya pouvant à terme devenir une porte d’entrée vers Homs et Hama pour l’Etat islamique, désireux d’étendre sa domination sur ces villes aux populations réputées conservatrices.

 

* Mise à jour : le 24 août 2014, les combattants de l’EI ont pris le contrôle de l’aéroport militaire de Tabqa, dernier bastion du régime syrien dans la région de Raqqa. Le même jour, l’EI évacuait ses positions au nord de Homs, se repliant vers la zone orientale, s’apprêtant à établir une continuité territoriale allant du Nord de Raqqa jusqu’au secteur oriental de la province de Homs, en passant par celui du gouvernorat de Hama.

 


 

[Boîte noire]. Dans un premier temps, cette étude a été menée en s’appuyant sur des données disponibles sur Internet, qu’il s’agisse de sites Web, des réseaux sociaux (Facebook et Twitter) ou encore de plateformes de partage de vidéos en ligne. Par la suite, les informations obtenues ont été enrichies par des entretiens avec des universitaires, des humanitaires européens et des acteurs de terrain, y compris des sympathisants et même parfois des membres assumés de l’EI. La version originale (télécharger en pdf) a été publiée le 22 août 2014 par la fondation norvégienne Noref, qui a accepté qu’une version française de ce rapport puisse être diffusée.         

 

(1) Z. HAYDAR et A. SULAYMAN ALI, « Madha ta‘ni saytara Da‘ish ‘ala haql ash-Sha‘ir lil-ghaz » (« Que signifie la prise de contrôle des gisements de gaz d’al-Sha‘ir par l’EI »), Al-Safir, 19/07/2014.

(2) En Irak, la présence des jihadistes étrangers étaient quasiment inexistante depuis plus de cinq ans, les récents combats ont marqué leur retour sur la scène irakienne. A. Y. ZELIN, « The Return of Sunni Foreign Fighters in Iraq », The Washington Institute, 12 juin 2014

(3) Selon le journaliste syrien Musa al-‘Umar, les combattants de l’Etat islamique dans la région de Damas seraient majoritairement d’origine syrienne.

(4) Dans la région de Deir ez-Zor on peut notamment mentionner Abu Dujana az-Zur (Khamis Mar‘i), Emir de la région, Amir ar-Rafdan, membre de la tribu des ‘Ugaydat et Saddam Jamal, ancien commandant de l’Armée Syrienne Libre (ASL).

(5) Entretiens effectués sur le logiciel Skype, les 27, 28 et 30 juillet 2014, avec un humanitaire d’une ONG européenne se rendant régulièrement en Syrie.

(6)  Le compte Twitter officiel de la « Province de Homs » a été suspendu.

(7) Echanges de mails le 30 juillet 2014, via l’intermédiaire d’un humanitaire européen, avec un membre de l’ASL originaire de la région de Palmyre.

(8) Entretiens effectués sur le logiciel Skype, les 27, 28 et 30 juillet 2014, avec un humanitaire d’une ONG européenne se rendant régulièrement en Syrie.

(9) Abu Bilal al-Homsi apparaît au centre de cette vidéo à partir de 1min45.

(10) A l’origine, le terme « sahwa » désigne des milices anti-jihadistes formées par les forces américaines à partir de 2007 en Irak. Sur la pertinence de la comparaison entre les sahwas irakienne et syrienne, lire R. CAILLET, « Échec de l’offensive de l’Armée syrienne libre contre l’État islamique en Irak et au Levant », Orient XXI, février 2014.

(11) Entretien effectué avec Abu Mu‘adh par Email, le 3 juillet 2014

(12) Dirigé par des Libanais de Tripoli, le groupe syro-libanais Jund ash-Sham, à ne pas confondre avec l’organisation palestinienne du même nom basée dans le camp de réfugiés de ‘Ayn al-Halwé, ne semble plus avoir d’activité depuis la mort de son Emir, Abu Sulayman ad-Dandashi, tué par les forces syriennes lors de la prise du Krak des chevaliers le 20 mars 2014.

(13) The Syria Report, «Elba Petroleum Spuds Well in Ash-Shaer Fields », 26/06/2011. 

 

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Très bon article de mon point de vue; On apprend des choses plus qu'interessante.