Concerto pour piano No 5, L’Intifada !

Pour les étudiants palestiniens qui manifestent devant le poste de contrôle de Bet-El, à l’entrée de Ramallah, l'écrivain britannique John Berger propose de renommer le concerto pour piano No 5 de Beethoven, L'Intifada. « Eux aussi sont guidés par une vision du bonheur qu’ils ne peuvent connaître dans leur vie. Je leur envoie le concerto comme une arme à diriger contre les Israéliens qui occupent et colonisent leur terre. »

Pour les étudiants palestiniens qui manifestent devant le poste de contrôle de Bet-El, à l’entrée de Ramallah, l'écrivain britannique John Berger propose de renommer le concerto pour piano No 5 de Beethoven, L'Intifada. « Eux aussi sont guidés par une vision du bonheur qu’ils ne peuvent connaître dans leur vie. Je leur envoie le concerto comme une arme à diriger contre les Israéliens qui occupent et colonisent leur terre. »


 

 

Le concerto pour piano No 5 de Beethoven invoque un bonheur qui semble sans limite. Précisément pour cette raison, ni Beethoven, ni nous-mêmes ne l’éprouverons jamais. Ce concerto se fait appeler L’Empereur. Il nous porte vers un horizon de bonheur, un horizon infranchissable.

Je l’envoie aujourd’hui aux étudiants palestiniens qui manifestent devant le poste de contrôle de Bet-El, à l’entrée de Ramallah. Eux aussi sont guidés par une vision du bonheur qu’ils ne peuvent connaître dans leur vie. Je leur envoie le concerto comme une arme à diriger contre les Israéliens qui occupent et colonisent leur terre. Beethoven leur donne raison. Il se soucie profondément de politique. Sa symphonie No 3, Héroïque, lui fut inspirée par le Bonaparte qui combattait pour la liberté, pas le Napoléon tyran qui lui a succédé. Renommons l’Empereur le temps d’un jour : Concerto pour piano No 5, L’Intifada.

  

John Berger

18 octobre 2015

(traduction: Katya Berger Andreadakis)

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