L’ambassadeur de Hongrie en France, Georges Károlyi, avait invité Mediapart en sa légation, pour faire valoir ses vues sur le régime Orbán. N’être d’accord sur rien peut nourrir le débat et nous lui avions proposé de s’exprimer dans nos colonnes, sur le ton qui lui plairait, tant nous sied la liberté. Il a saisi cette occasion pour nous expliquer pourquoi « La Hongrie, comme tous les pays d’Europe et du monde, pratique aujourd’hui une " diplomatie d’opportunité "».


 

Mediapart n’est pas tendre avec le gouvernement hongrois. C’est son droit. Toute action politique est faite pour être critiquée. Or, comme les nombreux articles parus sous la signature d’Antoine Perraud portent sur des sujets traités de manière récurrente par de nombreux autres médias, je souhaite revenir sur certains d’entre eux parce qu’il me semble qu’ils dénotent de graves illusions d’optique quant à la réalité de la situation hongroise.

 

Première illusion d’optique : l’ouverture vers l’Est, considérée comme tournant le dos à l’Europe


La Hongrie est un pays résolument européen, bien plus que beaucoup d’autres. Dans une récente intervention, le premier ministre Viktor Orbán a déclaré que la Hongrie ne pratiquera jamais « d’ouverture vers l’Ouest », pour la bonne raison que « nous sommes dedans ». L’on n’ouvre pas de porte ni de fenêtre vers une pièce dans laquelle on se trouve. L’ancrage européen de la Hongrie a été affirmé par deux référendums – celui sur l’adhésion à l’OTAN et celui sur l’adhésion à l’UE – qui ont chacun recueilli plus de 80 % des suffrages. Aujourd’hui encore, sur la base des très officiels sondages Eurobaromètre, 69 % des Hongrois se déclarent attachés à l’Europe, pourcentage très supérieur à la moyenne européenne (56 %). Autre chose évidemment est le jugement porté sur le fonctionnement de l’Union : la Hongrie n’est pas seule à penser que ce fonctionnement laisse à désirer, mais cette question y recueille tout de même 51 % d’opinions favorables, ici encore davantage que la moyenne européenne et que le chiffre français (45 %).

 

Aucun gouvernement ne peut se permettre de gouverner contre cette tendance de fond. Présenter l’ouverture vers l’Est et la relation avec la Russie comme le signe d’un « détachement des valeurs de l’Europe occidentale » est une caricature que rien ne justifie. C’est faire injure à l’ensemble de la nation hongroise que de la soupçonner, après 1848, après 1956, après 1989, de « préférer » l’est à l’ouest. La Hongrie, comme tous les pays d’Europe et du monde, pratique aujourd’hui une « diplomatie d’opportunité ». Aller chercher des marchés à l’Est, au Sud ou ailleurs doit pouvoir couler de source, surtout pour un petit pays comme la Hongrie dont le commerce se fait aujourd’hui à plus de 80 % avec le monde occidental et où plus de 80 % des investissements étrangers proviennent de ce même espace. Chercher à augmenter la dimension d’un gâteau n’a jamais consisté à vouloir jeter à la poubelle le gâteau existant. Et puis, pour répondre à certaines critiques moralisatrices : s’il fallait cesser de faire affaire avec les pays dont le régime politique ne correspond pas au nôtre, il ne resterait pas grand-chose du commerce mondial ni des flux d’investissement…

 

La relation avec la Russie est, de même, une relation pragmatique, comparable à celle qu’entretiennent, chacun à sa manière, pratiquement tous les pays d’Europe. La Hongrie est un pays enclavé, sans ressources naturelles. Elle est dépendante du gaz russe, suivant des circuits d’approvisionnement qui sont ce qu’ils sont pour des raisons géographiques et historiques. La Hongrie est la première à ne pas être satisfaite de cette excessive dépendance, dont elle est la victime, et qu’elle serait bien heureuse de pouvoir diversifier. Mais ce n’est pas facile. Nabucco et le South Stream ont été successivement enterrés, or les ménages hongrois ont toujours besoin de gaz pour se chauffer, et l’industrie hongroise a toujours besoin de sources d’énergie pour tourner. Comme la plupart des pays d’Europe, la Hongrie souhaite, pour elle-même mais aussi pour l’Europe tout entière, qu’un modus vivendi raisonnable à long terme puisse être trouvé avec la Russie. Ce ne sera pas facile, en raison notamment de l’hypothèque ukrainienne, mais cela doit rester l’objectif.

 

Seconde illusion d’optique : la vision du gouvernement hongrois comme pactisant avec l’extrême-droite


Le gouvernement de M. Orbán n’a aucune raison de se définir par rapport à l’extrême-droite, pour la bonne raison qu’il n’en a pas besoin. La majorité gouvernementale actuelle dispose de 131 sièges sur 199 au parlement hongrois, soit 66 %. Le parti d’extrême-droite Jobbik en a 24, soit 12 %. Les 44 sièges restants, soit 22 %, se répartissent entre un petit parti vert, le LMP, le parti socialiste, très diminué, et quelques divers gauche. Le principal parti de la gauche libérale, le SZDSZ, qui a longtemps gouverné en coalition avec les socialistes, a été laminé en 2010 et a aujourd’hui politiquement disparu. La majorité actuelle (le Fidesz, parti de M. Orbán, avec son allié chrétien-démocrate KDNP) a obtenu près de 45 % des voix aux élections législatives. Un tel score, avec le système électoral français ou a fortiori anglais, aurait produit une majorité de 95 %. Le système électoral hongrois comporte une importante partie proportionnelle (comme en Allemagne), ce qui fait que 45 % de voix ne produisent « que » 66 % des sièges. Ce n’est donc pas tant dans la majorité parlementaire – qui donne au gouvernement une stabilité politique particulièrement enviable par les temps qui courent – que dans l’assise populaire qu’il faut voir le poids de la majorité actuelle dans la vie politique hongroise. Cette formation, qui professe les valeurs classiques de la droite conservatrice, est clairement située au centre de l’échiquier politique. Elle trouve à sa droite une opposition particulièrement virulente avec le Jobbik, alors qu’à sa gauche ne se trouve qu’un assemblage de petits partis qui cherchent leur voie et ne sont pas, aujourd’hui, en position de proposer une alternative crédible. Cette situation (l’absence de dialogue avec l’extrême-droite et l’absence d’interlocuteur à gauche) fait qu’aujourd’hui le débat politique en Hongrie se déroule essentiellement au sein même du parti majoritaire. La France a connu des situations semblables à l’époque des « majorités introuvables », aussi bien de l’UDR que du PS.

 

Que le Jobbik cherche à se rendre « fréquentable » en essayant de se « rapprocher » de la droite modérée n’engage que lui. L’on observe exactement la même chose en France. En revanche, l’inverse n’est pas vrai. Le Fidesz n’a aucune intention de se rapprocher du Jobbik. Un Fidesz compact avec un programme politique dont les valeurs n’épousent en rien celles de l’extrême-droite est le meilleur rempart contre le Jobbik. N’oublions pas que l’apparition du Jobbik sur la scène politique hongroise aux élections législatives de 2010 a été le fait des circonscriptions qui étaient traditionnellement des bastions de la gauche. Le jeu de vases communicants a parfaitement joué, comme d’ailleurs en France quelques années plus tôt : l’extrême-droite s’est construite sur les décombres de l’extrême-gauche, « par-dessus la tête » des formations centristes et modérées. C’est pourquoi il n’y a aucune affinité ni aucun « passage », en Hongrie, entre l’électorat du Fidesz et celui de ses adversaires, qu’ils soient de droite ou de gauche. Les résultats des deux élections partielles récentes qui ont vu la défaite des candidats de la majorité et l’élection, respectivement, d’un candidat de gauche et d’un autre d’extrême-droite, n’ont pas été dus à un report de voix sur les formations d’opposition, mais à une abstention supérieure à la moyenne de l’électorat du Fidesz. Qu’il faille y voir une perplexité de cet électorat, c’est évident, mais c’est un phénomène qui peut être considéré comme normal à quart- ou à mi-mandat. La France n’y échappe pas non plus.

 

Troisième illusion d’optique : la Hongrie vue comme « nationaliste », « populiste » et « anti-européenne »

 

Considérer que le gouvernement hongrois fait preuve de « nationalisme » ou de « populisme », voire – horribile dictu – de « national-populisme » parce qu’il se permet de critiquer le fonctionnement de l’Union européenne relève d’une incompréhension totale de l’esprit européen.

 

Le populisme se définit comme l’appel aux « bas instincts » de la population. En tant que tel, il est l’attribut des extrêmes, de gauche comme de droite. Considérer que la moindre critique de l’Union est une attitude populiste revient à nier l’existence d’un des défis les plus graves et les plus actuels de notre époque et à étouffer dans l’œuf toute velléité de débat. Si l’on s’accorde à reconnaître que l’Europe traverse sa crise la plus profonde depuis sa création – crise de valeurs, crise d’identité, crise de stratégie, crise de moyens, qui est bien plus grave que la crise économique qui frappe ses membres et dont tôt ou tard chacun, à son rythme, sortira –, il faut au contraire accepter comme salutaire l’émergence du débat critique sur l’Union elle-même et l’exposition des problèmes, sans quoi il sera bien difficile de trouver les solutions. Affirmer que l’Europe serait mieux inspirée de définir une stratégie d’espoir à long terme plutôt que d’épuiser son énergie dans le « micro-management » tatillon des Etats-membres n’est pas un crime de lèse-majesté. C’est du reste un point de vue partagé par bien d’autres pays que la Hongrie, et qui fera sans aucun doute l’actualité brûlante des années à venir. Si certains s’arrogent le droit de décider de ce dont on a le droit de débattre ou non, que reste-t-il de la démocratie ? Nous ne voulons pas d’une Europe où règnerait le terrorisme intellectuel.

 

Le nationalisme se définit comme une attitude d’affirmation de soi excluant, rejetant ou agressant quelqu’un d’autre. Sauf à en trouver une autre définition, la Hongrie ne s’y reconnaît pas. Elle n’exclut ni ne rejette ni n’agresse personne. En revanche, elle n’hésite pas à s’affirmer fière d’elle-même et de son histoire, comme pratiquement tous les pays dignes de ce nom. Ce n’est pas à la France du Général de Gaulle et de la Marseillaise qu’il faut expliquer ce qu’est le patriotisme. Ce qu’on appelle en tonalité négative le « nationalisme hongrois » est au pire un nationalisme « de bon aloi », qui ne fait de mal à personne, mieux un patriotisme bien naturel auquel tout pays a droit et qui a été trop longtemps réprimé au-delà du rideau de fer. Il faut connaître et comprendre l’histoire de nos pays, avant de leur distribuer des bons ou des mauvais points en s’abritant derrière les lunettes confortables des sociétés qui n’ont pas connu les mêmes tourments.

 

L’on peut être bon Hongrois, bon Français, bon Britannique, bon Allemand, etc. tout en étant bon Européen. Vouloir opposer patriotisme national et européanisme est absurde, c’est méconnaître totalement l’esprit même de la construction européenne. La Hongrie n’est ni eurosceptique, ni antieuropéenne, elle est tout simplement euro-réaliste. Sa vision de l’Europe est une vision qui ne fait pas abstraction de l’identité nationale. Il n’y a pas de quoi être cloué au pilori pour cela.

 

Une autre illusion d’optique liée à l’ancrage européen de la Hongrie consiste à dire que ce pays, par son « attitude critique », ferait preuve d’une scandaleuse ingratitude vis-à-vis d’une Europe qui l’inonde de fonds structurels et à laquelle elle doit la quasi-totalité de ses investissements. Cette affirmation a de quoi laisser pantois. Premièrement, les fonds européens ne sont pas des aumônes, ils sont la contrepartie de l’ouverture des marchés entre pays au niveau de développement économique inégal. Deuxièmement, l’Union européenne n’est pas un maître chanteur qui « achèterait » le silence ou la complaisance de ses membres en leur versant de l’argent. Le prétendre ou le sous-entendre, loin de stigmatiser la Hongrie pour sa soi-disant ingratitude, est au contraire une grave injure à l’esprit européen.

 

Sur le respect des valeurs européennes et la peine de mort, l’on a encore intenté un mauvais procès à M. Orbán. Personne ne pouvait sérieusement croire qu’il avait l’intention de rétablir la peine de mort en Hongrie demain matin. C’est pourquoi je pense que la campagne d’une incroyable violence qui s’est déclenchée pour « l’arrêter à tout prix » était hors-sujet. Tout comme ce n’est pas « sous la pression » qu’il a « fait machine arrière », puisqu’il n’y avait pas d’où reculer. Je note au passage, avec tristesse, que personne n’a eu le moindre mot de compassion pour la jeune buraliste de 18 ans poignardée à mort dans son bureau de tabac, et dont le meurtre a été à l’origine de toute cette affaire, qui prend un éclairage dramatique avec l’annonce simultanée de la condamnation à la peine capitale dans la plus grande démocratie du monde, les Etats-Unis d’Amérique, de l’auteur de l’attentat de Boston d’il y a deux ans.

 

Je suis convaincu que le débat est la meilleure, la seule manière, dans un environnement démocratique, de faire avancer la réflexion. Le vrai débat est celui de savoir comment prévenir, comment réprimer les crimes les plus odieux, qui révulsent à juste titre les populations et mettent au défi leurs gouvernants. Affirmer, comme l’a fait un député européen, que le fait même d’évoquer le sujet était contraire aux « valeurs européennes » et méritait « des sanctions » a quelque chose de sidérant. Si un tel débat pouvait – paradoxalement – conduire à un accord sur l’abolition de la peine de mort y compris aux Etats-Unis d’Amérique, ceux qui l’ont lancé n’auront pas perdu leur temps. Alors, que reproche-t-on exactement à M. Orbán ?

 

Il en va de même pour le débat sur l’immigration. Nos démocraties européennes traversent une grave crise de valeurs, où tout s’entrechoque : l’immigration, la solidarité, la religion, la laïcité, la liberté d’expression, le terrorisme… Le moins que l’on puisse dire est que nous n’arrivons pas à nous y retrouver. Poser des questions, même si elles peuvent parfois choquer, est-il par définition sacrilège ? Elles sont à la dimension de l’enjeu. Avant de nous prononcer, ayons au moins le courage d’en débattre. Et pour le fameux questionnaire, attendons, pour porter nos jugements définitifs, de connaître les réponses, et surtout de voir ce qu’en fera le gouvernement. Une fois de plus, nous nous complaisons dans le procès d’intention.

 

Quatrième illusion d’optique : le jugement sur les personnes


Mediapart – avec d’autres – s’est longuement étendu sur la désignation de l’ancien ministre Tibor Navracsics au poste de commissaire européen, le qualifiant (sic) d’ « âme damnée d’Orbán », de « cadeau empoisonné envoyé à Bruxelles »… Outre le caractère outrancier de ces qualificatifs, c’est bien mal le connaître, et c’est bien mal connaître la Hongrie ! M. Navracsics est un homme particulièrement modéré, européen convaincu, et le traitement qui lui a été infligé à l’époque de sa désignation est une honte qui restera gravée à jamais dans les annales de « l’esprit européen » tel que certains le pratiquent : l’on se souvient de son audition par la commission spécialisée du Parlement européen où un député allemand lui a demandé (sic) « s’il avait l’intention d’imposer la lecture de Mein Kampf dans les écoles d’Europe » : étonnez-vous, après cela, de « l’euroscepticisme » des Hongrois…

 

Cinquième illusion d’optique : l’appréciation de la liberté de la presse

 

Au risque de décevoir les lecteurs habituels de Mediapart, j’ose affirmer que la liberté de la presse est totale en Hongrie, et qu’elle y est même débridée. L’on peut même dire qu’il n’existe pratiquement pas, aujourd’hui, en Hongrie, d’organe de presse dont on puisse dire qu’il soutient inconditionnellement le gouvernement. Bien au contraire, l’action du gouvernement s’exerce dans un vent contraire médiatique dont l’intensité est difficilement imaginable en France. Aussi bien dans la presse écrite qu’à la radio ou à la télévision, sans parler d’Internet, il existe autant d’organes de « gauche », sinon plus, que de « droite ». Les organes de droite eux-mêmes n’hésitent pas à se montrer particulièrement critiques, surtout depuis la période récente, et invitent constamment à s’exprimer des représentants de l’opposition. Je peux en témoigner, je l’ai vu tous les jours. Les médias hongrois sont très largement dominés par ce que l’on appelle la mouvance « libérale de gauche », et c’est très bien ainsi puisqu’elle est actuellement dans l’opposition, mais que l’on n’aille pas nous dire qu’elle n’a pas les moyens de s’exprimer ! Il suffit de se rendre sur place – excusez la lapalissade – pour s’en convaincre. J’ai personnellement assisté à trois campagnes électorales l’année dernière en Hongrie : les législatives, les européennes et les municipales. J’ai été le témoin des propos d’une incroyable violence qui étaient déversés publiquement jour après jour et sans aucune retenue sur l’action du gouvernement sortant. Qu’est-ce que cela aurait été, s’il n’y avait pas eu « la censure » !

 

Dans son dernier papier sur la Hongrie, Mediapart a publié une longue interview de l’écrivain György Konrád. Nul ne conteste la qualité de l’œuvre littéraire de M. Konrád, dont les opinions politiques sont également bien connues. En revanche, il a dû chausser des lunettes à très fort grossissement pour observer que « la censure peut même se lire sur les visages ». Et si on lit l’interview avec toute l’attention qu’elle mérite, l’on découvre avec amusement que M. Konrád et son fils passent leur temps à essayer de montrer que ce qu’ils veulent dénoncer avec indignation n’est au fond pas si grave que ça… Alors, où veut-on en venir ?

 

La fameuse loi sur les médias, que l’on évoque toujours et encore comme le symbole de cette « mise au pas », n’est pas non plus « celle que vous croyez ». Elle comportait effectivement des imperfections dans sa première version, en 2010-2011. Pour cette raison, elle a été de nombreuses fois amendée, à la fois à la demande de la Commission européenne et sous l’effet des décisions de la Cour constitutionnelle, qui a invalidé plusieurs de ses dispositions d’origine. Aujourd’hui, elle est parfaitement « euro-conforme » et soutient la comparaison avec les lois similaires de tous les autres pays d’Europe. Malgré cela, on ne cesse de la présenter comme une « menace ». Or une « menace » qui reste au stade de « menace » depuis bientôt cinq ans sans que jamais la « menace » se réalise est-elle encore une « menace » sérieuse ?

 

Et enfin, restons courtois : la manière dont Mediapart a dernièrement tourné en dérision les insignes historiques de la royauté hongroise n’est pas digne. Faire état de sa « libre pensée » n’autorise pas à blesser autrui. Ce qui amuse les uns peut être très mal pris par les autres. Tout comme le rire gras des uns est parfois un coup de poignard dans le cœur des autres. Gardons le respect pour nos valeurs respectives. Il n’y aura pas d’Europe si l’on considère comme une vertu le fait de pouvoir se moquer de son voisin. Viendrait-il à l’esprit d’un Hongrois de se payer la tête d’Hugues Capet, de Saint Louis ou de la Marseillaise ?

 

Il y aurait encore bien des sujets relatifs à la Hongrie sur lesquels je serais heureux d’apporter mon éclairage aux lecteurs de Mediapart, mais cela nous mènerait trop loin cette fois-ci. Gageons que l’actualité nous en redonnera l’occasion.

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