Sida: la droite ne nous protège pas

«Faire du dépistage un élément normal du parcours de santé des jeunes», propose Thierry Marchal-Beck, président des Jeunes socialistes, qui rapelle que «les 15-20 ans constituent aujourd'hui la génération qui a le moins bénéficié des grandes campagnes de prévention publique».

«Faire du dépistage un élément normal du parcours de santé des jeunes», propose Thierry Marchal-Beck, président des Jeunes socialistes, qui rapelle que «les 15-20 ans constituent aujourd'hui la génération qui a le moins bénéficié des grandes campagnes de prévention publique».

 

------------

puceinvite.jpgAlors que tout ce que la France compte de militants progressistes sur les questions de santé et d'égalité sera mobilisé le 1er décembre pour la journée mondiale de lutte contre le sida, il serait tentant de penser que la lutte contre cette pandémie serait apartisane.

Comment un fléau qui touche aujourd'hui plus de douze millions de jeunes de 15 à 25 ans, dont 500.000 en Europe, pourrait-il ne pas rassembler toutes les forces politiques? Dans les années 1990, tous les gouvernements partageaient ce même objectif de lutte contre le sida.

Depuis 2007, la droite a mis fin à cette union nationale. Elle l'a attaquée par ses choix en matière de restrictions budgétaires et de détricotage de notre système de santé. Elle l'a étouffée sous le poids de l'ordre moral qu'elle souhaite à notre pays

Les 15-20 ans constituent aujourd'hui la génération qui a le moins bénéficié des grandes campagnes de prévention publique. La génération qui a le plus souffert de la baisse des moyens alloués aux associations, de la mise en péril financier des plannings familiaux, des suppressions de postes d'infirmières scolaires et de médecins scolaires. Une génération aujourd'hui terriblement inconsciente des dangers du sida et des infections sexuellement transmissibles, ainsi que des moyens de s'en protéger.

Dans le même temps, toute une partie de la droite s'est activée pour nous imposer un ordre moral profondément réactionnaire, stigmatisant l'homosexualité et n'abordant la sexualité que par le seul prisme de la reproduction. L'éducation aux sexualités est aujourd'hui limitée à deux heures dans une scolarité. Cette situation est extrêmement dangereuse. Plus la sexualité est cachée, plus le risque de rapports sans protection augmente. C'est en partie pour cela que le sida ne cesse de contaminer dans nos quartiers populaires, là où la sexualité demeure profondément taboue.

Le recul de tout message de prévention, dans nos établissements scolaires, nos villages, nos quartiers populaires nous inquiète. Comment ignorer que 71% des 15-25 ans n'ont jamais fait de test de dépistage? Pourquoi un tel chiffre? Pourquoi le dépistage n'est-il pas un réflexe, alors que les ravages du sida sont bien connus?

La première réponse concerne la santé des jeunes en général, dont il est démontré par de nombreuses études qu'elle est une variable d'ajustement de leur budget. Il est donc indispensable de faire du dépistage un élément normal du parcours de santé des jeunes, et non plus un événement exceptionnel après une prise de risque. C'est pour cela que nous proposons d'instaurer des bus de dépistage pour aller devant les lycées, les universités, les lieux festifs, dans nos quartiers et nos villages. Mais aussi de faire de chaque centre d'analyses médicales un lieu de dépistage gratuit et anonyme. Il est clair pour nous que la prévention et le dépistage systématisés coûteront toujours moins cher que le traitement.

La lutte contre le sida est aujourd'hui victime de la rigueur, du démantèlement du service public de santé et d'éducation, et de l'imposition par quelques-uns d'une vision moralisatrice des sexualités.

2012 est l'occasion de changer.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.