Culturellement raciste: lorsque Les Grandes Gueules devraient se taire

Haidari Nassurdine, adjoint à la jeunesse et aux sports du premier secteur de Marseille, revient sur les propros «discriminatoires» et «racistes» tenus par Karim Zéribi, Claire O'petit et Gilbert Collard dans Les Grandes Gueules sur RMC, après l'expulsion des Roms de la Porte d'Aix.
Haidari Nassurdine, adjoint à la jeunesse et aux sports du premier secteur de Marseille, revient sur les propros «discriminatoires» et «racistes» tenus par Karim Zéribi, Claire O'petit et Gilbert Collard dans Les Grandes Gueules sur RMC, après l'expulsion des Roms de la Porte d'Aix.

 

 

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puceinvite.jpgLe 11 août dernier au micro des Grandes Gueules de RMC, une émission allait réveiller les velléités racialistes de Karim Zéribi, de Claire O'petit, de Gilbert Collard et rompre avec l'image très policée que ces personnalités considérées jusqu'alors comme les chantres de la tolérance et de l'antiracisme. Certes, les victimes expiatoires n'étaient autres que des Roms. Ces Roms qui selon la conviction de Monsieur Zeribi, élu marseillais récemment encarté à Europe Ecologie-Les Verts, n'ont pas la culture du travail, quand bien même ils pourraient accéder à l'emploi: «Si demain les Roms pouvaient travailler, je ne suis pas convaincu que culturellement parlant ils se jetteraient sur les offres d'emplois à Pôle Emploi.»

Hormis le caractère discriminatoire de ces propos sans fondement et nauséabonds venant d'un ancien pourfendeur des clichés en banlieue, l'émission a été ponctuée par une myriade de préjugés et de clichés racistes sur les conditions de vie déplorables des Roms, les assimilant à des fainéants sales, délinquants et agressifs.

Mais dans cet élan raciste, les animateurs ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont sciemment versé dans la caricature et ils se sont lancés dans la comparaison sordide entre certaines communautés. D'un coté les Turcs, travailleurs au noir qui accepteraient l'exploitation malgré eux, et de l'autre coté les Roms, petits mafieux de la mendicité qui naturellement on fait le choix de la mendicité selon Karim Zeribi ; allant jusqu'à proposer le retour dans leur pays d'origine avec tout de même des attentions plus que nécessaires: «En même temps, on peut renvoyer en Roumanie ces populations en les traitant correctement Paraphrasant notre célèbre ministre de l'intérieur Monsieur Claude Guéant qui a récemment reçu la carte d'honneur au Front National.

Oui! La stupidité discriminatoire de certains élus même issus de l'immigration post-coloniale est parfois sans borne et cette émission venait nous rappeler que des propos racialistes pouvaient structurer le mode de pensée d'hommes et de femmes se qualifiant de gauche mais somme toute proche sur certains points des analyses de Marine Le Pen.

Faudrait-il rappeler à Monsieur Zéribi que pendant la colonisation, certaines personnes racistes avançaient de tels propos pour disqualifier la culture de toute une population sur les mêmes critères que vous avez avancés et que certaines expressions devenues usuelles telles que «travail d'arabe» ou parler le «petit nègre» traduisent malheureusement encore ce mépris fondé sur des visions discriminantes et racialistes.

Il n'y a pas de culture du chômage ou de la glandouille qui serait affiliée à une population fût-elle noire, arabe ou rom.

Je suis outré par ce genre d'analyses dont Eric Zemmour conservait jalousement les secrets. Vous pourrez maintenant les partager à deux.

Quant à notre élu modem de Saint-Denis Madame O'petit, le constat était aussi sans appel: «Il y a certainement chez eux une culture qui n'est pas la nôtre» les condamnant ainsi à ne jamais rejoindre la communauté nationale, ni à s'intégrer, trop crasseux, trop grossiers, pour nous, Français.

Oui! La situation à la porte d'Aix était intenable pour les commerçants, pour les habitants du quartier et pour l'ensemble des Marseillais. Cependant pour trouver des solutions politiques viables il faut sortir des clichés racistes, des constats boiteux qui ne créent que du conflit et de la haine et appeler nos responsables politiques à la responsabilité qui reste en politique un principe fondamental.

Quant à Monsieur Gilbert Collard, il devrait apprendre à cultiver son jardin, au lieu de demander aux autres d'ouvrir les portes de leurs jardins pour accueillir des Roms, peut-être aurait-il plus de lucidité dans ses jugements et plus de compassion à l'égard d'une population qui sans possibilité de travailler, sans aides sociales, sans possibilité de se loger, de vivre décemment, interpelle la conscience de chacun d'entre nous et nous oblige à regarder ensemble le monde que nous léguons à nos enfants.

Haidari Nassurdine, adjoint à la jeunesse et aux sports du premier secteur de Marseille

 

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