Pierre Michon, la plus belle écriture de France (pour moi)

On ne dit jamais le plus beau quand on est journaliste, on prend ses précautions, on dit l'un desplus beaux.Mais, j 'assume! Quelques autres écrivains français ont du style, de la patte, une écriture (au hasard, Quignard, Echenoz, Oster....) mais Michon me laisse la bouche ouverte prête à gober les mouches qui passent.

michon.gifOn ne dit jamais le plus beau quand on est journaliste, on prend ses précautions, on dit l'un desplus beaux.

Mais, j 'assume! Quelques autres écrivains français ont du style, de la patte, une écriture (au hasard, Quignard, Echenoz, Oster....) mais Michon me laisse la bouche ouverte prête à gober les mouches qui passent.

Les hasards de la vie font que je lis peu en français, j'aime voyager avec mes lectures et comme la plupart des livres que je lis sont sympathiques,sans être de grands livres, autant plonger en Europe, au Maghreb, en Afrique et bien sûr, on n'y échappe pas, dans les Amériques.

Mais Michon fait voyager dans le temps, dans l'imaginaire, entre contes et réalité rêvée, entre pays vrais et inventés, entre la vie et la mort, aussi. Quelques-uns de ses livres sont en poche (Folio) , les autres sont chez Verdier, dépassent rarement la centaine de pages et les dix euros.Il a donc sa place dans cette édition.

Par exemple, pour choisir, la météo me guide, Mythologies d'hiver (Verdier, 10,50 €, payé 11€ car l'étiquette chevauchait le prix indiqué sur la couverture) : on y passe de l'Irlande au causse de Méjean, du Moyen Age à la Révolution, et on se laisse guider par un conteur exceptionnel qui vous prend et ne vous lâche plus et on a envie de lire à voix haute, de mettre le ton, de s'installer au coin du feu et d'avoir un auditoire pour laisser rouler les mots jusqu'à leurs oreilles attentives. Faut-il citer? Citons. Faîtes silence et écoutez moi: " Barthélémy Prumières est sur le causse Méjean. Il y cherche des hommes morts, il a cette passion. Qu'il soit médecin à Marvejols a peu d'importance : aux corps souffrants de ses pratiques, il préfère les corps qui ne souffrent plus. Si Dieu ou diable à l'instant surgissait devant lui sur le causse et le sommait de justifier sa vie, il dirait : Je suis anthropologue ; membre de la Société d'Anthropologie de Lille, de la Société d'Anthropologie de Paris, de la Société d'Anthropologie de Bordeaux ; en août 1870, j'ai envoyé par dépêche ma démission à la Société d'Anthropologie de Berlin". A vous de continuer.

Regardez quand même ce qu'en dit François Bon avec ses archéologies fictives.

Les sujets qu'il aborde sont souvent des Vies minuscules (Folio), mais aussi des légendes qui passent à portée de plume. Hommes, femmes, Dieu et diable se croisent, se rejoignent. Il fait surgir crainte et plaisir, douceur et inquiétude, tendresse et crimes. Je n'en dirai pas plus, votre libraire vous attend.

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