Honneur à Félix Desplan, sénateur de la République

Honneur à Félix Desplan, sénateur de la Guadeloupe qui a osé s'opposer à la surenchère victimaire et à la manipulation législative autour de la mémoire de l'esclavage. Nous défendons le sénateur Desplan contre les attaques honteuses dont il fait l'objet.

Mercredi 11 janvier 2017, le sénateur Félix Desplan a déposé auprès de la Commision des lois du Sénat un amendement de suppression de l'article 20A du projet de loi Égalité réelle outre mer. L'amendement a été voté, et l'article visé, supprimé. Cet article prévoyait ni plus ni moins le saccage de l'équilibre législatif qui avait été trouvé autour de la mémoire de l'esclavage en 2001 avec la Loi Taubira et les dispositions prises en 2006, instaurant le 10 mai comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Cet article prévoyait en particulier de scinder la commémoration entre le 10 mai et le 23 mai, prévu comme journée des "victimes de l'esclavage colonial". Cette scission particulièrement pernicieuse revenait à instaurer au sein de la République une logique victimaire et communautariste à l'endroit de la commémoration d'une histoire et d'une mémoire qui sont celles de tous. Une vision racialiste et obscurantiste qui du reste reviendra sur le tapis législatif dès la semaine prochaine, puisque des sénateurs ont pris la décision de réintroduire cet article dans l'examen de la loi, et d'en appuyer le vote.

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Depuis sa courageuse prise de responsabilité, le sénateur Félix Desplan est l'objet sur Twitter d'attaques honteuses mais marginales, de la part des affidés du CM98 qui ont lancé le Hashtag "HontesurDesplan", pour soutenir la grève de la faim déclenchée vendredi 13 janvier par leur président M. Serge Romana. Nous n'accepterons pas cette mise en cause d'un sénateur de la République qui, seul, a décidé de s'opposer à cet article révisionniste, raciste et obscurantiste. Que tous les Antillais le sachent, que tout le monde le sache : le sénateur Desplan représente pour nous aujourd'hui un peu de l'honneur de la conscence républicaine qui refuse que ne s'impose à tous insidieusement les rhétoriques communautariste et victimaire par lesquels on voudrait aujourd'hui enfermer la mémoire de l'esclavage dans un nouveau carcan, celui du repli identitaire. Nous n'accepeterons pas que l'honneur de Félix Desplan ni sa probité d'élu de la République soit mis en cause par un groupuscule extrémiste qui tente de prendre en otage le Parlement.

 

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