ADN et vertige généalogique: quand Édouard Glissant nous mettait en garde

Dans le contexte actuel de la réintroduction de l'article 20A du projet de loi Égalité réelle outre mer, il est plus qu'urgent de réécouter Édouard Glissant quant il nous mettait en garde contre les illusions de la quête des origines qui est le complément direct de la victimisation.

Dans le contexte actuel, il pourra être particulièrement salvateur de réécouter ce que disait Édouard Glissant en 2009, au moment où il publiait Philosophie de la Relation. C'est encore la force visionnaire des paroles de Glissant qui frappe, car il mettait en garde contre le prodigieux recul que constituait déjà quand il s'exprimait, le recours au vertige des généalogies reconstruites, et des investigations fondées sur l'ADN, utilisée notamment dans la reconstitution des lignées d'ancêtres des populations descendantes de l'esclavage. Pour tous ceux qui pourraient croire que Glissant aurait pu se montrer complaisant dans ce domaine, lui qui avait toujours conçu ce vertige (ce que Chamoiseau nomme "le trouble des origines") comme l'une des faces d'une névrose identitaire, la vivacité des mots prononcés ici par l'écrivain pourra remettre les choses en pespective. C'était en 2009, devant le Mémorial Cap 117 à l'Anse Caffard au Diamant, Martinique, et devant la caméra de Manthia Diawara, pour son documentaire Édouard Glissant, un monde en relation.

ADN (Répertoire vidéo E. Glissant) © INSTITUT DU TOUT-MONDE

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