Christiane Taubira : victimes et résistants, filiations et héritages

En 2015, Christiane Taubira nous redisait ce qu'avait été le sens de son combat de 2001, et de la loi reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité. Elle nous invitait à distinguer dans cette histoire, la présence indéfectible d'une résistance à l'oppression. Elle nous disait aussi combien elle assumait tous les héritages, dans ce que Glissant nomme la Relation.

C'est encore vers la parole de grand sens portée par Christiane Taubira que je me retourne aujourd'hui, dans le flot des confusions auquel on assiste actuellement. Le 29 mai 2015, nous l'avions invitée, alors qu'elle était encore Gardes des Sceaux, à une rencontre avec des lycéens, à Paris, Maison de la Poésie. L'occasion pour celle grâce à qui la loi française reconnut l'esclavage comme crime contre l'humanité, de nous redire non seulement le sens de son combat d'alors, mais encore combien en replongeant dans cette histoire, elle avait retrouvé la trace de l'éminente dignité de femmes et d'hommes qui jamais n'acceptèrent la domination et l'oppression. Elle avait retrouvé les sujets agissants derrière les biens meubles, les résistants derrière les victimes. Ce jour-là, elle nous disait aussi qu'au-delà des recherches certainement utiles des filiations, elle portait en elle tous les héritages, et nous y avions vu le signe actif de ce que Glissant nomme la Relation. J'invite encore ici toutes et tous à réécouter Christiane Taubira : 

Christiane Taubira, 2015 © INSTITUT DU TOUT-MONDE

L'intégralité de la vidéo est consultable sur le MOOC "Connaître l'esclavage" produit par l'ITM. 

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