Le Quai d’Orsay en ébullition en raison de la fin annoncée de deux corps historiques
La fronde a commencé à monter courant octobre quand le sujet s’est précisé. La mesure concerne en effet deux corps au cœur des rouages de la diplomatie française : celui des conseillers des affaires étrangères et celui des ministres plénipotentiaires, « mis en extinction » à partir de 2023. Ces hauts fonctionnaires auront alors vocation à rejoindre un nouveau « corps des administrateurs de l’Etat », où seront rassemblés les cadres jusqu’ici formés par l’Ecole nationale d’administration (ENA), elle-même remplacée par l’Institut national de la fonction publique, à partir de janvier 2022.
Dans ce futur vivier de personnels, les diplomates côtoieront des préfets, des sous-préfets ou des inspecteurs généraux des finances. Au total, quelque 800 hauts fonctionnaires du ministère des affaires étrangères sont concernés, sur 1 800 cadres de catégorie A. Ces personnels sont, à ce jour, soit issus de l’ENA, soit, le plus souvent, recrutés par le biais du très sélectif concours d’Orient. Ils pourront rester dans leur ancien corps « en extinction », mais seront incités à basculer dans le nouvel ensemble interministériel, sans grande visibilité, craignent-ils dans les deux cas, sur la suite de leur carrière. Une évolution qui passe mal auprès des intéressés. Le Monde 28 octobre 2021
C'est une atteinte insupportable à la souveraineté du pays.
Le rapport ambigu de l'Elysée avec la Russie qu'a révélé l'affaire Benalla se heurtait vraisemblablement à des objections de diplomates, concernant les pressions que ce pays exerçait sur l'Europe et sur les pays européens.
Et Macron n'admet autour de lui que soumission.
Il ne reste que ce corps, chargé de connaître les réalités géopolitique et historiques des continents. Il est devenu insupportable pour un pouvoir autocratique dévoué à des intérêts privés.
La réduction de tout ce qui lui résiste est déjà fortement engagée.
Le Monde 31 mai 23022:
La grève au Quai d’Orsay, annoncée pour jeudi 2 juin, promet d’être très suivie. Depuis quelques jours, sous le hashtag #diplo2metier, les agents du ministère des affaires étrangères se transmettent sur Twitter la tribune rédigée par un collectif de jeunes fonctionnaires, et parue en avant-première sur le site du Monde le 25 mai. Sous le titre « Nous faisons face à un risque de disparition de notre diplomatie professionnelle », le texte dénonce la réforme voulue par Emmanuel Macron, qui prévoit la « mise en extinction » de deux corps historiques.