19. Gouvernance, qui écrase la politique.

Non, la gouvernance n’est pas l’art de gouverner ! Le néolibéralisme n’a pas enrichi Le Prince de Machiavel ! Gouvernance des pays ou gouvernance des lieux de travail, il s’agit de faire régner la formule de Thatcher : Il n’y a pas d’autre alternative.

Non, la gouvernance n’est pas l’art de gouverner ! Le néolibéralisme n’a pas enrichi Le Prince de Machiavel ! Gouvernance des pays ou gouvernance des lieux de travail, il s’agit de faire régner la formule de Thatcher : Il n’y a pas d’autre alternative.

1.      Tout régler par chiffrage, règles comptables et directives 

Exemple : le déficit public doit absolument être inférieur à 3 % du PIB.    Il n’y a pas d’autre choix

Et le déficit des ménages ? Leurs emprunts dopent la croissance disait Sarkozy… et ont jeté à la rue des centaines de milliers d’américains lors de la crise des subprimes !

Et le déficit des entreprises ? Le marché financier a remplacé les investisseurs qui faisaient confiance à long terme à l’entreprise. Or les fonds du marché sont opportunistes et fuyants, provoquent des milliers de faillites de façon totalement irresponsable.

Et le déficit des banques ? Il est supérieur à celui des Etats, pour alimenter de la spéculation sans frein et alimenter une bulle financière incontrôlée.

Alors, le déficit public, comment le calculer  ?  Faut-il y inclure les pertes dues à l’évasion fiscale, à la corruption, à la recapitalisation des banques… ?  Pourquoi 3%.  Pourquoi % du PIB, référence vicieuse, en effet,la Grècea fait les coupes sombres dans les mesures sociales pour obéir aux marchés. Mais comme son PIB s’est effondré, son déficit calculé en % du PIB a augmenté !

Pourquoi rembourser quand la banque prêteuse a titrisé la dette pour la revendre à des fonds vautours qui exigent soudain le paiement intégral sur des titres achetés à bas prix

 Cet exemple montre que les règles d’or sont faites pour réduire la marge de manœuvre politique des gouvernements Il n’y a pas d’autre choix

 Les directives européennes ont la même fonction. Sarkozy qui se posait en modernisateur génial, n’a fait qu’appliquer, le train de réformes commandées par l’UE (RGPP, LOLF, Universités, Hôpitaux…), selon le calendrier de Lisbonne. Train de réformes qui rencontrait au même moment la même contestation dans les autres pays d’Europe.

Hollande fait le contraire de ses discours électoraux :  Il n’y a pas d’autre choix

Le défilé des lobbies qui viennent fourguer, qui son éthylotest, qui son détecteur de fumées, son vaccin H1N1, sa caméra, son flash-ball, son superaéroport, ses ronds-points, son palais de justice, son super hôpital… Un fatras qui tient lieu de politique publique.

Les PPP ruineux ? Il n’y a pas d’autre choix

Le traité de libre échange avec les USA va balayer sous la menace de dédommagements financiers ruineux, les dispositions européennes qui protègent la santé publique. Il n’y aura  pas d’autre alternative

Sur les lieux de travail, dans les entreprises comme dans la fonction publique et services publics, la hiérarchie s’efface dans des organigrammes complexifiés au maximum, s’efface derrière des directives, instructions anonymes, tableaux de bord, calendriers impératifs que chaque salarié doit s’incorporer et organiser lui-même ses tâches et priorités. Non pas autogestion mais être lui-même son propre bourreau. Toujours en faute, mais dans la hiérarchie, l’irresponsabilité grandit avec le grade. Exemple : les traders, fusibles dorés, qui doivent être sanctionnés à la place de leur patron.  Exemple des directeurs empoisonneurs publics jamais condamnés.

Les lieux de production, les lieux de soins dans les hôpitaux, les Universités…ne sont plus dirigés par les opérationnels, mais, par la partie administrative, pléthorique, tout le monde englué dans un fonctionnement bureaucratique qui génère son lot de tâches écrasantes. Et les exécutants n’ont plus d’interlocuteurs, car en toutes choses,  il n’y a pas d’autre alternative.

Autisme généralisé des cadres devant les burn out et suicides au travail. Autisme généralisé des cadres devant la situation faite au public qui n’est  plus vus comme composé d’humains. Dans le secteur privé, autisme généralisé et impunité vis-à-vis des arnaques faites aux fournisseurs, aux clients, comme aux concurrents. Autisme généralisé et impunité quand aux malfaçons innombrables. Et la dépénalisation des entreprises et des employeurs est en marche !

Il n’y a pas d’autre choix, pour quel aboutissement ? Pour des licenciements boursiers, pour des privations d’emploi massives et des délocalisations vers des terres d’esclavage.

 La gouvernance néolibérale réalise un pilotage automatique à tous les niveaux, sous étroite surveillance au profit des intérêts financiers. Elle étouffe la politique, neutralise le rôle des partis politiques. Elle rend le débat public inopérant. Les citoyens sont niés.

 2.      Gouvernance, c’est aussi obtenir la participation active de chacun à sa destruction, comme exécutant ou comme cadre. Comment ?

Par le leurre du « développement personnel », du « dépassement de soi », la course à l’« excellence », la performance.

Bref la concurrence éperdue de chacun contre tous pour les objectifs toujours insuffisants du profit financier.

Un vocabulaire ésotérique sert à faire sortir chacun de ses valeurs de référence, pour en imposer de nouvelles. Ainsi, l’efficience n’est pas efficacité, mais gain de rentabilité. 

Cela réalise un formatage qui conduit à renoncer à sa vie personnelle, renoncer à sa vie familiale, renoncer à ses aspirations profondes. Certaines entreprises vont jusqu’à « l’intelligence émotionnelle »

Négation des personnes et manipulation des individus.                  Dans le droit fil des sectes.

3.      Gouvernance, c’est casser les collectifs de travail (casser l’intelligence collective) socle de la solidarité et de l’action collective.

4.      Gouvernance, c’est multiplier les formes d’embauche et les statuts d’emploi. Se multiplient les recrutement sur emplois publics hors concours réglementaires, essentiels pour le principe républicain du recrutement équitable des emplois publics.. De plus en plus par relationnel et constitution de clans. Accumuler consultants, sous-traitants, contractuels, emplois de droit privé, à côté du droit public. Et dégoûter les fonctionnaires qui restent attachés aux missions, aux règles du service public, aux règles des finances publiques.

L’exigence du profit financier se joue au détriment des missions de service public et dans les entreprises, au détriment de la fonction sociale de leur activité. Le service de la finance a remplacé le service public !

Cette gouvernance pourrie est enseignée dans les Ecoles, dans les instituts de formation des fonctions publiques et à l’école de journalisme. Elle est enseignée, avec en prime, le jargon, la langue de bois, de l’art de faire croire et non de faire. Les journalistes nouvelle école se repèrent tout de suit à la radio.                  .L’art du laïus déconnecté des réalités.

 

Gouvernance par mensonges inusables : 

Enquête INSEE 2017 auprès de patronat : le code du travail n'est pas l'obstacle à l'emploi.  

 

Le matraquage "Pas d'autre alternative" ne marchera que tant que massivement nous nous y soumettrons.

Partout, il est possible de s'unir justement pour créer des alternatives, là où chacun se trouve.

 

Lire aussi les fiches Management, Règles d’Or, du Service public au service de la finance

Et utilisez les commentaires pour apporter votre vécu sur ces sujets !

 

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