127. "Etre entrepreneur de sa propre vie", "empowerment". NON : Emancipation !

Dans la foulée de mai-juin 68, les années 1970 on vu éclore des mouvements populaires autonomes, ou autogérés. Que "la gauche" s'est efforcé de récupérer. Mais la vigueur de ces mouvements a nécessité qu'ils s'en préservent. . Le néolibéralisme y voit un ressort d'exploitation de soi-même, au sein des Marchés. "empowerment". NON !  EMANCIPATION ! dure bataille politique et idéologique.

Dans la foulée de mai-juin 68, les années 1970 on vu éclore des mouvements populaires autonomes, ou autogérés. Que "la gauche" s'est efforcé de récupérer.

Mais la vigueur de ces mouvements a nécessité qu'ils s'en préservent. 

La mutation néolibérale de la finance a consisté non pas supprimer l'Etat, Mais de mettre l’État au service du marché et à le gérer selon les valeurs entrepreneuriales. Sa nouvelle rationalité s’impose dans la « gouvernance"et dans les subjectivités, imprégnant à la fois les politiques conservatrices et celles de la gauche qualifiée de « moderne ».

La notion d’empowerment y est mobilisée dans une logique de gestion de la pauvreté et des inégalités, pour permettre aux individus d’exercer leurs capacités individuelles et de prendre des décisions « rationnelles » dans le contexte de l’économie de marché, pour le dynamiser.

Empowerment (=Avoir accès au pouvoir) signifie dans l'acception néolibérale être intégré au monde du travail et de la consommation, trouver sa place dans l’économie de marché, y être « entrepreneur de sa propre vie ». "conduire rationnellement son existence", faire des choix, saisir les opportunités. Sans s'inquiéter de valeurs telles que la justice sociale, sans remise en cause des inégalités sociales. Ni considérer un "intérêt général".

Ressort d'exploitation de soi-même, au sein des Marchés. "Empowerment" ?

NON !  EMANCIPATION !

L'émancipation n'est pas une démarche intellectuelle en soi.

Elle ne se conquiert qu'au long cours de luttes collectives mobilisées sur des enjeux concrets de société, (enjeux de création artistique, enjeux de travail, de santé, de préservation de la vie, de dignité, de valeurs, de gestion des communs, etc )  mettant à l'épreuve des faits le discours gouvernemental.

La conduite collective de ces luttes mettent à l'épreuve les conceptions du monde que l'on porte, amène à philosopher sur l'action, à interroger le passé. Complexe bataille politique et idéologique.

La récente polémique autour de la gifle appliquée au Président pose concrètement un double problème

- le respect d'institutions qui font notre société malgré leur dégradation organisée.

- l'agression violente comme modalité d'action et son organisation pour conquérir le pouvoir  finissent toujours par installer un nouveau pouvoir dictatorial.

Sans se réduire en troupeau allant pacifiquement à l'abattoir.  Car la puissance dominante n'a jamais hésité à massacrer, ni même aller au génocide : l'actualité le prouve encore sur tous les continents.  

Le terrain favori des pouvoirs est celui de la violence militaire. Même s'il ne se prive pas de tromperies et manœuvres d'emprise mentale.

Le terrain des luttes populaires est politique et idéologiques solidement planté sur ses valeurs de solidarité et protection de la vie.

Pourquoi l'émancipation ?  Parce que chacun de nous est imprégné des modes de penser de la société qui l'a formé.  En France : quatre siècles d'esclavagisme, de colonialisme et d'exploitation capitaliste.  Comme le dit très bien Aimé Césaire

"Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à dé-civiliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral…"  Discours sur le colonialisme.

Je propose comme textes de référence 

* un article de Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener relayé par Cairn Info revue universitaire, Ici 

* le billet du 28 février 2021 d'Agathe Martin   https://blogs.mediapart.fr/agathe-martin/blog/280221/lempowerment-une-si-belle-recup

* La série de 4 billets OPA, Outils pour Penser son Action, par Sylkfeaar  Mots piégés du néolibéralisme, mars, avril 2020

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