6. Prix, et concurrence libre et sans entrave.

Calculer le prix de vente, si le prix de revient est 100F et le bénéfice de 5 %.C’est avec des exercices de calcul de ce type, que les pourcentages ont été inculqués dès l’enfance à de nombreuses générations, … et du même coup, le mécanisme des prix, la répartition du bénéfice entre les salaires, les investissements, l’Etat et la rétribution du capital. Et la concurrence de proximité.

 Avec le « néolibéralisme », cette logique a radicalement changé.

 1. Qu’est ce que le prix àla SNCF, qui augmente le tarif sur une même ligne aux moments d’affluence, au lieu d’adapter le service aux besoins du public.

 2. Que signifie Prix, pour des pièces détachées automobile dont le tarif a été multiplié par 10 en moins de 10 ans ?  (clientèle captive)

 3. Que signifie le prix actuel d’un appareil conçu pour devenir irréparable dès la fin de la garantie (ou de l’emprunt d’achat). Alors qu’il y a peu, il pouvait servir 10 ans ?

Comment comprendre que les petits prix du quotidien valent depuis 2011/2012, en euros le même montant qu’en francs avant le passage à l’euro ??? (le petit café, le journal, le pain, le plat garni…)

 3. A la saison des fruits, des wagons de fraises, de pêches … arrivent sans prix marqué. Le prix est fixé sur place évidemment bien en dessous des prix locaux.  Cela condamne les agriculteurs à disparaître, lorsque leur seule alternative est de fournir à perte la grande distribution, qui ne se gênera pas pour vendre au public à prix triplé ou quadruplé.

 4. La sous-traitance en cascade par exemple dans les Travaux Publics, dans le Bâtiment, ou la confection. Au départ, des entreprises A, bien placées, raflent les chantiers privés et les chantiers décidés par les pouvoirs publics. A soustraite à B, qui soustraite à C…jusqu’aux petites entreprises N qui feront le travail. Chaque niveau de « sous-traitance » prend son pourcentage sans faire une seule heure de travail, et en fin de chaîne, N devra faire, dans un délai impossible à tenir, avec des équipements, des matériaux, des fournitures de mauvaise qualité, pour un prix bien plus faible que ce que paye le maître d’ouvrage (public ou privé). Conditions de travail déplorables, profusion de malfaçons dont personne n’est responsable. Et des morts que personne ne reconnait.

Chaînes de « sous-traitance » stables et maffieuses.

 5. Que signifie « prix » de marchés publics dont le montant final est devenu le triple du prix évalué par les candidats porteurs de projets et leur maîtres d’œuvre, lors de la prise de décision ? Et il faut y ajouter les remboursements d’emprunts sur trente ans ! Aubaine pour les banques. Génial pour gonfler la dette publique !

 6.   63 000 fermetures en 2013 !Fermetures et délocalisations d’entreprises en masse ont supprimé les productions industrielles proches des consommateurs.

Symbole : La Redoute a été condamnée par le système, car elle diffusait jusqu’au plus petit village vers une clientèle fidèle, des habits de bonne coupe et de bonne qualité, fabriqués dans le pays, permettant de nombreuses petites entreprises de vivre avec de nombreux emplois locaux.  Insupportable !  La vente par correspondance et les boutiques-relais ont été rendus impraticables. On délocalisa la fabrication vers les bagnes d’Extrême-Orient, pour vendre des produits de qualité et de coupe médiocres, vite usés, et qui peut-être, vous donnent des maladies de peau.. La clientèle a fui et ne sait plus où s’habiller, ne trouvant que des boutiques de marques beaucoup plus chères, pour une qualité décevante. Ou du pas cher et médiocre, qu’il faut renouveler fréquemment.

La vente (ou la fermeture) de La Redouteest devenue inéluctable. Comment comprendre ce sabotage organisé ?

La finance délocalise versla Chine, ou l’Inde. Les ouvrières et ouvriers d'Europe perdent leur emploi, salaire, logement...

Les ouvrières et ouvriers de Chine se soulèvent contre des salaires minables et des conditions de travail pourries imposées par les multinationales; Ils se font tabasser. Et les multinationales délocalisent de Chine vers le Bangladesh ou vers le Cambodge.

Les ouvrières et ouvriers du Bangladesh et du Cambodge se soulèvent contre les salaires dérisoires et les conditions de travail pourries imposées par les multinationales. On leur tire dessus.

Les productions délocalisées sont fabriquées en grosse quantité, avec des matériaux de basse qualité à une vitesse délirante, incompatible avec la qualité. (entendre ce que disent les patrons sous-traitants locaux!) Elles sont vendues 10 fois ou plus leur coût de fabrication et de transport, à peine moins cher que le prix de la qualité antérieure.

- La clientèle à faibles revenus ne peut acheter que cette basse qualité, usure garantie en quelques mois, et qu'il faudra racheter plusieurs fois pour la durée d'utilisation de la qualité antérieure.

Donc dépense et profit financier multipliés d'autant.

- La clientèle friquée achète le haut de gamme. Le nombre vendu est plus faible, mais le ratio prix/coût de fabrication est 20 ou 30, ou plus. Coefficient "justifié" par le merveilleux "design",  la « griffe » (prix du snobisme)

Au total, les prix n'ont plus aucun rapport avec les coûts de fabrication. Ils sont fixés selon la richesse de la clientèle visée et le gain escompté.

 7. Inversement, des centaines de milliers de poulets de batterie bourrés d’antibiotiques fabriqués par l’industrie agroalimentaire en Europe, subventionnée par l’UE, sont envoyés sur les marchés alimentaires d’Afrique, Sénégal notamment. Ils y sont mis en vente à un prix beaucoup plus bas que les poulets élevés par les petits producteurs locaux qui ne parviennent plus à en vivre.

 8. Déplacement massif des travailleurs des pays de l’Est de l’Europe. Aubaine, à leur sortie de régimes de capitalisme d’Etat, commandés par des partis abusivement autoproclamés « communistes », ces pays fonctionnent à basse énergie, bas niveau de vie, bas salaires. L’Allemagne a fait vertu de ne pas fixer de salaire minimum. Elle a fondé une partie de sa relative « prospérité » sur l’exploitation dans son agriculture et dans ses usines, chantiers sur l’immigration de ces travailleurs et sur des immigrés turcs, payés 3 euros de l’heure. Emigration qui prive ces pays de leurs forces vives. Il en va de même désormais pour la jeunesse de Grèce, d’Espagne et du Portugal, vers les USA ou vers le Canada.

 Dans notre pays, c’est par exemple le bâtiment qui a fait appel à des « sous-traitants » venus de l’Est. Négriers qui livrent la main d’œuvre, et parfois, disparaissent en oubliant de payer les salaires, pourtant prévus au petit tarif du pays d’origine.

Mentionnons évidemment l’utilisation non déclarée  de main d’œuvre immigrée d’Afrique, d’Asie…Mais c’est une pratique ancienne que le néolibéralisme utilise, mais n’a pas créée.

 9. Que signifie prix, lorsqu’il s’agit de jeux boursiers qui spéculent sur les matières premières et aliments de base sur lesquels reposent l’économie et la survie de populations qui ne comptent pour rien.

 10.  Que signifie le prix d’un produit dont une des matières premières a été saisie directement, par rapine. Le caoutchouc d’Indochine pendant la période coloniale, pour les pneus. La « libre circulation des capitaux » permet de s’approprier les richesses du sous-sol n’importe où et de ne laisser que les dévastations.

 Quand on voit la coupe drastique imposée aux salaires en Grèce, il n’est plus possible de dire qu’il y ait partage entre salaire (direct et différé), contribution à la dépense publique et rémunération du capital. Tous les moyens de chantage sont mis en œuvre pour que la quasi-totalité aille grossir le capital.

Seul le profit financier est pris en compte ; les activités humaines ne sont que des supports jetables.

A part les rétro-commissions, le différentiel considérable entre prix payé global et coût réel part sur des comptes dans les paradis financiers.

 Concurrence libre et non faussée n’est qu’un slogan pour imposer l’intrusion de la finance dans tous les systèmes économiques existants et les détruire tous.

 Comme du temps de Marx, seul le travail humain est source de richesse. Le marché financier néolibéral n’est que piratage et parasitisme.

 

Fabriqués en Thaîlande ou au Vietnam coût : 3 euros. Achetés à Paris copie 85€ ; authentic 140 €  https://blogs.mediapart.fr/vilmauve/blog/230718/les-maillot-des-bleus-sont-produit-en-thailande-pour-moins-de-3-euros

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.